En septembre 2008, l’académie de pharmacie rendait public le rapport « Médicaments et Environnement ».

En octobre, le ministère chargé de la santé organisait un colloque sur le sujet.

Les informations qui suivent sont issues de ses deux sources.
Je vous laisse le soin de les prendre en tant que telles avec les éventuelles réserves de mise quant aux affirmations d’absence d’effets etc…

La présence de plus en plus importante de résidus de médicaments dans l’eau est l’objet de préoccupations elles aussi en augmentation depuis la mise au jour des premiers résidus de médicaments dans les effluents de stations d’épuration dans les années 70

Les faits sont de nature à inquiéter: des traces de médicaments ou de leurs dérivés ont été mesurées dans tous les milieux et sur tous les continents. Leur présence est avérée dans les eaux de surface, les eaux souterraines et résiduaires, les boues des stations d’épuration -utilisées en épandage agricole- et même dans l’eau potable. Les concentrations sont faibles, cependant: de quelques nanogrammes par litre (ng/l) à quelques centaines de microgrammes par litre (µg/l).

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Les substances indésirables
Aspirine, paracétamol, anti-épileptique, substances perturbatrices du système endocrinien -incluant les contraceptifs oraux- des antibiotiques, des psychotropes (anxiolytiques, antidépresseurs …), des médicaments du système cardiovasculaire mais aussi anti-cancéreux et produits radioactifs.

Un cocktail est inquiétant, non ?

D’où viennent ces produits que l’on retrouve dans l’eau ?
Principalement des rejets naturels (excréments et urines) humains et animaux suite à la consommation de médicaments, ou de ceux non utilisés et non recyclés, qui se retrouvent dans les effluents des stations d’épuration. En effet ces stations n’ont pas été conçues pour traiter les médicaments et les éliminent à des taux variant entre 30 et plus de 90% selon les substances. Or, la consommation de médicaments n’a cessé de croître depuis plusieurs décennies dans les pays industrialisés. En France, 4e consommateur mondial, 3.300 molécules sont commercialisées.

Les rejets par les établissements de soin sont particulièrement préoccupants car ils contiennent des anti-cancéreux et des produits radioactifs, des molécules toxiques, peu dégradées et persistantes dans l’environnement. Avec le développement des soins de chimiothérapie à domicile, l’enjeu des anti-cancéreux est énorme.

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Notre eau potable contaminée
Une étude conduite dans le cadre du plan national Santé-environnement (PNSE I) a démontré la présence d’une vingtaine de substances médicamenteuses dans les eaux potables sur 141 sites en France, confirmant les résultats d’études internationales.

Il parait selon le colloque qu’en ce qui concerne les eaux destinées à la consommation humaine, les filières de potabilisation "multibarrière" (succession de traitements comprenant notamment du charbon actif) éliminent la plupart de ces molécules.

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Quelles conséquences ?
«Les doses retrouvées (de l’ordre du ng/l) étant largement inférieures à celles utilisées dans le cadre thérapeutique (de l’ordre du mg/l), le risque de toxicité aiguë s’avère nul.
En revanche, des incertitudes demeurent quant à l’impact à long terme d’une exposition chronique à de faibles doses»
De fait, à faibles doses, des substances perturbatrices du système endocrinien -incluant les contraceptifs oraux- peuvent altérer la reproduction et le développement de certains poissons et invertébrés, mais n’auraient pas d’impact direct chez l’homme. «Cependant, un effet significatif dû à l’exposition combinée avec d’autres perturbateurs endocriniens (bisphénol A, phtalates, PCB, pesticides) agissant en synergie, n’est pas à exclure», souligne Eric Vindignan, directeur du Cemagref de Montpellier et ancien responsable du programme national Pnetox . «Il ne faut pas isoler la problématique des médicaments de celle des autres polluants», renchérit Hélène Fenet du CNRS de Montpellier. L’impact des antibiotiques sur la prolifération de bactéries résistantes est également suspecté.

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Pour plus d’information

Lire le rapport de l’Académie de pharmacie
Voir le résumé du colloque « Les résidus de médicaments dans l’eau ».
Et aussi le communiqué du ministère de la santé.

Lire L’or bleu, l’eau le grand enjeu du XXIème siècle de Maude Barlow et Tony Clarke
Edition Hachette Pluriel Référence, juin 2007 (je ne l’ai pas lu…)

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Mon avis

L’impact à long terme des faibles doses n’est probablement pas anodin.
Un jour peut être découvrira-t-on qu’il est même élevé.
On connait de bien tristes affaires de ce genre…

Lorsque l’on intègre ce problème en plus des questions liées au transport, à l’impact des plastiques sur l’environnement, il devient très difficile de choisir une solution pour la consommation d’eau alimentaire.
L’eau du robinet : contient des substances chimiques (pesticides, métaux lourds…) et médicamenteuses.
L’eau en bouteille pose le problème environnemental du plastique et aussi des substances que ce dernier libère dans l’eau (phtalates).
Elle revient cher.
Les cartouches filtrantes (Brita etc…) n’éliminent pas tout et en tout cas pas les médicaments.

Alors, on élimine quand les problèmes à leur source (c’est le cas de le dire) ?