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Selon l'ADEME

Le résultat d’économie de consommation d’électricité évaluée, toutes choses égales par ailleurs, a été en 1995 de 1,2 Milliards de kWh (1,2 TWh, soit 4% de la consommation totale d'éclairage), ce qui représente 267 000 Tep en énergie primaire. L’estimation des économies réalisées portant sur l’année 1996 a été quant à elle de 293 000 Tep, le retour à l’heure d’hiver se produisant cette année là pour la première fois fin octobre (un mois supplémentaire à l’heure d’été). La progression de la consommation d’électricité depuis ces 5 dernières années s’effectuant assez faiblement sur le poste éclairage, le chiffre de 1,3 TWh (soit environ 290 000 tep en équivalence énergie primaire) en 2003 peut être retenu.

D’autres effets que ceux liés à l’éclairage ont été étudiés, en particulier les éventuelles augmentations de chauffage le matin en début de printemps. Un rapport de l’Ecole des Mines de 1992 conclut à un effet difficilement décelable, et en tous cas faible (inférieur à 0,1 TWh).

Dans le domaine de l’environnement, il a été envisagé que le changement d'heure puisse influer sur la qualité de l'air. Dans les zones urbaines, le passage à l'heure d'été aboutit à renforcer l'éclairage naturel à l'heure des encombrements de fin de journée, et serait donc susceptible d'accentuer formation d’ozone troposphérique. Une étude conduite par l’Université de Lille à la demande de l’ADEME (AQA) en 1986 a conduit à estimer, à partir d’un modèle, l’impact que pourrait avoir le changement d’heure sur la formation d’ozone à partir des émissions de NOx des véhicules automobiles. Le modèle montre que la variation du niveau des pointes pourrait être de l’ordre de quelques pour-cent, écart trop faible pour être décelé sur les stations de mesure (les concentrations, lors des pointes de pollution, sont en effet multipliées par 2 ou 3). Par ailleurs l’impact de l’heure d’été peut jouer dans un sens positif ou négatif sur ces pointes selon les délais des réactions qui conduisent à la formation d’ozone à partir des précurseurs. L’heure d’été n’a pas aujourd’hui d’impact décelable sur la formation d’ozone.

Le changement d’heure présente également des répercussions tant sur la santé publique que sur l’économie (tourisme, restauration, …) et l’emploi. Ces répercussions peuvent être négatives (ou ressenties comme telles) : troubles du sommeil des jeunes enfants après les changements d’heure, décalages des travaux d'élevage du bétail, …. Elles peuvent également être positives : une étude de 1996 de la Commission des Communautés européennes montrait que les activités sportives et physiques qu’autorise l’allongement des soirées d’été ont des effets bénéfiques sur la santé publique. Elle mettait en outre en évidence l’augmentation de l’activité des industries du tourisme.

Enfin, il apparaît que l’opinion publique française est très partagée sur le système de l'heure d'été, un tiers seulement s'y déclarant tout à fait favorable. Les différentes enquêtes d’opinion réalisées montrent toutefois que ce sont plutôt les changements répétitifs d’heure qu’il implique deux fois par an que le choix de l’heure qui entraînent une gêne pour une certaine partie de la population. Ainsi, une étude menée annuellement pour l’ADEME par la Sofres et concernant 10 000 ménages a montré,de façon stable depuis plusieurs années, que la majorité de nos concitoyens (environ 60%) se déclare en faveur de la fixation de l’heure légale à UTC + 2 (heure d’été), plutôt qu'à UTC+1 (heure d’hiver), en cas de suppression du régime du changement d’heure. Au regard de ces différents résultats, il semble difficile de tirer une conclusion tranchée sur l'opinion des Français quant au choix de l'heure légale à UTC ou UTC+1, et donc de l'heure d'été à UTC+1 ou UTC+2.

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L'ACHED

demande expressément au gouvernement français de réduire tout de suite l'avancement exceptionnel de l'heure légale du pays, en adoptant de préférence l'heure fixe GMT + 1.

Une seule heure d'avance en « été » est largement suffisante. Du point de vue des loisirs, un avancement d'une heure pendant toute l'année serait préférable à un avancement limité à la période « estivale ». La meilleure solution pour toute l'Europe serait d'abandonner les changements d'heure — ce qui n'empêcherait pas les pays qui le voudraient d'avancer leur heure de manière permanente, hiver comme été (heures fixes avancées), à l'exemple de la France d'avant 1976. Les changements d'heure sont impossibles à harmoniser à l'échelle mondiale, car le printemps de l'hémisphère Nord coïncide avec l'automne de l'hémisphère Sud.

BILAN DE L'HEURE D'ÉTÉ PAR SECTEURS (source : ACHED)

Météorologie
Avec l'avancement de l'heure, les prévisions météo sont plus difficiles… donc moins fiables.

L'heure avancée modifie notre rapport à l'environnement : les matinées sont plus obscures, plus froides et plus brumeuses, les débuts d'après-midis trop chauds, les soirées plus claires et chaudes… L'équilibre de notre repos et de nos activités vis-à-vis de l'environnement est rompu dans la mesure où l'avancement de l'heure déplace les horaires traditionnels qui étaient naturellement établis et à peu près optimaux.

Environnement
Les pics d'ozone et d'autres photooxydants sont plus élevés avec l'heure d'été. On dépense souvent plus d'eau pour arroser.

Les pics d'ozone sont dus à la circulation et à l'activité industrielle qui commencent plus tôt : les polluants réagissent plus longtemps sous la lumière du soleil pour former des photooxydants. Compte tenu des alertes fréquentes à la pollution atmosphérique en situation de canicule, la réduction de l'avancement exceptionnel de l'heure française devient une priorité indiscutable. La chaleur est plus forte tout l'après-midi, l'évaporation plus importante… ce qui explique pourquoi on dépense souvent plus d'eau pour arroser, si on le fait pendant la journée de travail normale.

Énergie
On économise un peu d'énergie d'éclairage le soir… mais il y a des surconsommations du même ordre de grandeur : le matin pour le chauffage et le soir pour le trafic.

De plus, au fur et à mesure de la diffusion des lampes économes (fluocompactes), les économies liées à l'heure d'été diminuent, puisque ces lampes consomment moins d'électricité à l'heure (pour un éclairage identique). En France, les consommations d'énergie ont dérapé. __ Loisirs et tourisme__
Pendant les vacances, les jours de congé et les weekends, où l'emploi du temps est libre, l'heure d'été n'augmente pas le temps de lumière disponible pour les loisirs de plein air — au contraire.

La fermeture précoce des lieux de loisir et les éventuelles dettes de sommeil diminuent ce temps, surtout dans le cas d'une « heure d'été double » !

Et encore…

LE SOMMEIL
C'est le grand perdant de l'heure avancée. Les familles savent que le soir il sera plus difficile de s'endormir… La mélatonine, hormone naturelle du sommeil est sécrétée pendant l'obscurité. Il faut 2 h de lumière atténuée pour que la mélatonine atteigne le niveau nécessaire pour déclencher le sommeil dans l'organisme.

LE TRAVAIL
Physique et intellectuel, il est très perturbé par l'heure avancée : les élèves sont fatigués, moins attentifs en classe. Des adultes aussi, surtout s'ils prennent des somnifères pour retrouver le sommeil. Les travailleurs du matin et en plein air sont les plus pénalisés. Les secteurs de l'agriculture, du bâtiment, de l'hôtellerie et de la restauration souhaitent le retour au système GMT + 1 toute l'année.

LES TRANSPORTS ET LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE
Le changement d'heure est là aussi très néfaste, car il entraine une augmentation de la fatigue et une détérioration des conditions atmosphériques le matin aux heures de grande circulation. En France, il y eut une augmentation importante du nombre des tués en été 76 (première année de l'heure d'été) : 661 tués de plus qu'en été 75. En Allemagne, plusieurs études ont montré une augmentation du nombre d'accidents liée à l'heure d'été.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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Pour plus d'informations :

Ademe

ACHED