Mais tout d’abord pourquoi radioactives ?

C’est à cause de certains produits phosphorescents pour voir les aiguilles dans l’obscurité. Jadis on utilisait du radium 226 qui a été délaissé à cause des risques. Actuellement le prométhéum 147 et surtout le tritium sont toujours utilisés.

Qu’en est-il en France ?

En France il est interdit d’ajouter des substances radioactives dans les biens de consommation et de construction (article R.1333-2 du code de la santé publique). Il n’est donc plus possible de commercialiser en France, sauf… en cas de dérogation délivrée par le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France. Une telle dérogation devant être publiée au Journal Officiel, il est possible et nécessaire de surveiller cela et la CRIIRAD s’y emploie.

A l’étranger

L’interdiction mentionnée ci-dessus ne concerne que les produits fabriqués et vendus en France. Il est dès lors possible d’acheter des produits radioactifs à l’étranger (en Suisse notamment) et par Internet.

Quelles sont les montres concernées ?

En général il s’agit de montres professionnelles destinées, par exemple, aux pilotes, plongeurs, militaires… Mais certaines montres grand public radioactives ont été identifiées…
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Vous pouvez aussi avoir des montres anciennes. Le radium 226 jadis utilisé a une période radioactive de 1600 ans ! C'est-à-dire qu’au bout de 1600 ans sa radioactivité a diminué de moitié ! La période du tritium utilisé dans les montres plus récentes est de 12 ans, il faut donc de très, très nombreuses années pour que sa radioactivité devienne faible.

Comment les reconnaitre ?

La signalisation de la présence de matières radioactives est facultative set peu explicite ! En Suisse, la signalisation n’est obligatoire que pour les montres qui présentent une radioactivité dépassant un certain seuil. Certaines montrent indiquent les signes suivants sur le cadran : « T », « Pm147 », « H3 », « L » qui indiquent la présence de matières radioactives. indication1.jpg
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Un test peu vous permettre de savoir la phosphorescence de vos aiguilles est liée à la présence de radioéléments ou non. Il faut placer la montre dans l’obscurité et contrôler que toute luminescence a disparu au bout de 24h. S’il n’y a pas de tritium, la luminosité va disparaitre en 24h ou moins. Si au bout de 24h la luminosité est toujours présente, c’est qu’il y a du tritium.

Certains réveils de la maque Bayard peuvent aussi contenir du tritium sans aucune indication. Reveil.jpg

Quelles sont les conséquences possibles sur la santé et l’environnement ? Une irradiation externe est possible ainsi qu’une contamination de l’environnement, même si le verre n’est pas abimé. Les affirmations des constructeurs et vendeurs comme quoi « le rayonnement est parfaitement confiné dans le boitier » sont mensongères.

Les tests réalisés par la CRIIRAD prouvent que le tritium migre hors du boitier, même si celui si et le verre sont en bon état. Si l’on place la montre au dessus d’un verre d’eau, au bout de 1 à 2 jours l’eau est devenue radioactive ! Le tritium s’est diffusé dans l’atmosphère et a été dissout dans l’eau ! Portée, la montre vous diffuse du tritium sur la peau. Une grande partie est rapidement éliminée par les urines, mais une partie se fixe pour longtemps au cœur des cellules, notamment dans la molécule d’ADN, provoquant de multiples lésions à chaque désintégration d’un atome de tritium. Il existe encore beaucoup d’inconnues sur les effets et le risque semble assez faible mais le risque est totalement injustifié car il existe des alternatives non toxiques permettant de lire l’heure dans l’obscurité.

Que faire avec une montre radioactive ?

Il vous appartient de décider de porter ou non la montre. Il n’y a pas de risque immédiat car nous sommes dans le domaine des faibles doses. Le risque (notamment de cancer) se manifestera à l’échelle de plusieurs années, voire dizaines d’années. Le risque n’est pas nul…

Si vous ne voulez pas conserver l’objet, ne le jetez pas. Prenez contact avec l’ANDRA (Agence officielle chargée de la gestion des déchets radioactifs). La prise en charge devrait être gratuite mais il vaut mieux se renseigner. Si l’ANDRA refuse la prise en charge, adressez-vous au fabriquant.

N’hésitez pas à informer la CRIIRAD de vos problèmes : http://www.criirad.org/

Ce billet a été réalisé sur les informations contenues dans le bulletin « Trait d’union » n°39 de Février 2008 édité par la CRIIRAD.