Hugues Aufray signe un bref article dans Libération du 9 octobre.
Chanteur, décoré du mérite agricole, il nous livre une bien triste ritournelle.

Le Monsieur possède la solution.
La solution pour sortir la France de son mauvais état.
Nos voisins cherchent des remèdes mais lui il a trouvé.
Ho, il annonce la couleur. Sans doute la couleur qu'il imagine monter aux joues des lecteurs qui n'ont pas dû manquer de s'étonner.
De s'étonner et se questionner sur ce qui arrive au pousseur de ritournelle.
"Quel est ce nouveau refrain qu'il nous chante ?"
Telle est la question qu'il prête au lecteur...
Juste qu'il aime son pays, répond-t-il à l'hypothétique question.
Et notre chantonneur de répondre à l'appel à l'indignation de Stéphane Hessel par un méprisant "Avec tout le respect que je dois au vénérable philosophe, j'ose dire que nous sommes nombreux à ne pas l'avoir attendu pour nous indigner".
Monsieur Hessel appréciera sans doute.
J'en viens à l'idée de génie du chanteur.
La mauvaise circulation met en danger notre santé.
Il "veut parler du problème des carburants nécessaires à la circulation de l'énergie à travers le pays."
Serai-ce à propos des camions qui transportent le carburant.
Point de cela il s'agit.
Monsieur Aufray de place en défenseur, promoteur dirais-je, de l'éthanol !
La France produit-elle du pétrole ?
Non répond-il.
Sa solution magique ?
"Paysans de France, vous pouvez produire vous mêmes, et sur vos terre les plus pauvres, un carburant de haute qualité, à bas prix, et qui ne polue pas : l'éthanol."
Il "veut parler de l'éthanol que l'on peut extraire du topinambour, cette plante aux propriétés magiques"...
Je vous passe les quelques arguments qui suivent, mais je ne résiste pas à vous livrer l'information révélée par le chanteur : il espère pouvoir bientôt publier son manifeste "Energisez-vous !" avec tous les détails techniques pour que les paysans fassent du topinambour énergétique.
La note finale du papier est un appel aux "chercheurs du CNRS à venir an aide à nos agriculteurs, cessons d'être esclaves du pétrole. Produisons notre éthanol !"
Jeu de mots pour finir : "Contre l'Etat nul, l'éthanol !"


Monsieur Aufray, peut être lirez-vous ces lignes quoique j'en doute, Libération ne me publie pas... Est-il utile déjà de vous détromper sur l'absence de production pétrolière française ? Si la production française de pétrole brut est toutefois modeste, en 2010, elle atteint près de 20 000 barils par jour, ce qui permet de satisfaire uniquement près de 1% de la consommation nationale.
Mais avec un autre miracle, pas des topinambours, celui des gaz de schistes, la situation changera peut être si des gens de votre acabit gagnent cette autre bataille... Seriez-vous dans leur camp ? Dans celui de l'Etat pas nul ? Lequel-est-ce d'ailleurs ?

L'important dans votre article est ailleurs, bien sûr.
Si votre action en faveur des chevaux du Lévezou vous valu d'être décoré Officier du Mérite agricole, la promotion que vous faites des agrocarburants devrait vous propulser grand officier du démérite paysan.

Bien évidemment votre prose m'agace d'autant que certains vous qualifient d'écolo avant l'heure.
Là vous être largement après l'heure.
38 millions de véhicules circulent et polluent l’atmosphère ?
Réduisons-en donc le nombre !
Réduisons le nombre de camions qui transportent nos aliments sur de longues distances ! Apportons humus et fertilisation naturelles à nos terres pauvres et utilisons les plutôt pour produire une alimentation locale, de qualité et de saison.
Faisons-y pousser de l'herbe, bien meilleure alimentation pour notre bétail que le maïs qui pompe notre eau et qui devient OGM un peu partout dans le monde. Bien meilleure alimentation pour notre bétail que tout ce soja OGM lui aussi que l'on importe par bateau et transporte par camion, encore.
Redonnons donc leur honneur à nos quelques paysans qui restent en leur permettant de bien nous nourrir, sans polluer, sans stériliser les terres et en nous fournissant des aliments sains au plus grand bénéfice de notre santé.

Laissez tomber l’éthanol topinambour et retournez à vos tambours et guitares. Là vous faites une bien vilaine fausse note.

L'article de Hugues Aufray est en ligne : http://www.liberation.fr/terre/2012/10/08/energisez-vous_851766