Le président de la FNSEA (principal syndicat agricole français), Jean-Michel Lemétayer, a reconnu ouvertement que la préservation de l’environnement n’est à ses yeux qu’une charge superflue, dont le respect ne devrait être qu’un effet d’annonce facultatif.

M. Lemétayer a en effet déclaré vendredi 14 mai sur France-Info : « Lorsqu'on parle d'allègement de charges en agriculture ce n'est pas forcément des efforts budgétaires de la part de l'Etat. (…) La pause environnementale (est une) des mesures qui ne coûtent pas forcément d'argent ». Plus précisément, le président de la FNSEA a suggéré d’exonérer les agriculteurs d'obligations en matière environnementale en cas de baisse des revenus.

Une telle proposition s’inscrit dans la droite ligne de l’amendement scandaleusement voté la semaine dernière dans le cadre de la loi « Grenelle II », et proposant de conditionner le retrait des pesticides les plus dangereux à une étude préalable des conséquences économiques de leur interdiction – comme si les cancers se préoccupaient du portefeuille de leurs victimes…

Par sa dernière déclaration, le leader syndical productiviste réaffirme que pour lui l’environnement n’est qu’un effet d’affichage démagogique que l’on invoque lorsqu’il faut justifier le maintien d’un soutien public à l’agriculture… mais que l’on écarte d’un revers de main dès lors que le gain médiatique ou économique devient inférieur à l’effort réalisé. En suggérant que seuls quelques agriculteurs devraient respecter les normes environnementales européennes élémentaires, M. Lemétayer affirme clairement son mépris de cette préoccupation fondamentale et son cynisme politique. Le masque tombe.

Pourtant, n’en déplaise à certains responsables syndicaux irresponsables, la préservation de l’environnement est une nécessité vitale pour l’agriculture comme pour toutes les autres activités humaines. Les prétendues « contraintes » environnementales n’en sont que pour les agriculteurs piégés dans un schéma agro-industriel étouffant, où les dettes et les rendements passent avant la préservation des facteurs de production.

Agir Pour l’Environnement dénonce cette désinvolture criminelle, et encourage les agriculteurs à ne pas se tromper d’adversaire : le libéralisme économique et les politiques d’agrandissement et d’industrialisation initiées et co-gérées par la FNSEA depuis 40 ans sont les seuls responsables des baisses de revenu. L’environnement est un bien mauvais bouc émissaire : sa dégradation est ce qui peut arriver de pire à l’agriculture pour les décennies à venir.

Source : Communiqué Agir pour l'Environnement

Mon avis

Une prise de position qui ne m'étonne pas le moins du monde.
La FNSEA sciera la planche sur laquelle elle se tient.
Stupide et affligeant.