Le Val d’Yerres dans l’Essonne est soumis aux nuisances aériennes dues au décollage vers l’Est des avions au départ d’Orly :

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Le secteur des communes du Val d’Yerres, entre autres Yerres, Crosne, Brunoy, Montgeron, Vigneux, Epinay Sous Sénart, Boussy Saint Antoine, Quincy Sous Sénart, Draveil est impacté à double titre par les avions qui décollent face à l’Est de Paris Orly :
- au premier passage sur la trajectoire rectiligne du décollage
- et pour certains vols, au second passage après qu’ils aient négocié leur virage pour prendre une trajectoire allant vers le sud

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Avec un nombre maximal annuel de 250 000 créneaux annuels de décollage (soit possibilités maximales) de décollage, concrétisé actuellement par 240 000 mouvements (c'est-à-dire décollages effectifs), aux heures de pointe le bruit est quasi continu car il décolle un avions toutes les 1 mn 40 sec ! On a pu compter le 17 Novembre 2008 (journée commune) 213 décollages avec une période de 7 h continues qui comportaient 25 décollages par heure.

Orly est l’aéroport le plus enclavé (au milieu des habitations) d’Europe ! C’est dire la quantité de gens pénalisée par le bruit et la pollution !

Le samedi 25 Novembre 2008, les associations organisaient une rencontre débat à Yerres.
L’AVEVY (Association Vigilance-Environnement du val d’Yerres), qui fait partie du collectif d'associations Alerte Nuisances Aériennes (ANA) a fait salle comble ce samedi, en présence : - de Mme Kosciusko-Morizet, secrétaire d’état chargée de l’écologie
- des élus locaux : Nicolas Dupont Aignant (Maire de Yerres) et Laurent Béteille (Maire de Brunoy)
- des représentants des autorités de tutelle ADP, DGAC, ACNUSA
- des présidents des associations du collectif ANA

L’objet de la réunion était de présenter un bilan des connaissances et des actions entreprises :
- dans la lutte contre le bruit avec une présentation du système de contrôle des trajectoires
- dans la lutte contre la pollution atmosphérique sur la base de différentes études et synthèses

En synthèse, voici quelques informations notés au cours de la réunion:

Selon les autorités de tutelle, le bruit moyen est inchangé depuis plusieurs années car les progrès techniques des avions pour réduire le bruit a été contrebalancé par l’augmentation du nombre de décollages (passé de 200 000 à 240 000 mouvements).

Mais pour les habitants du val d’Yerres, les nuisances se sont accrues, paradoxalement, si l’on en croit ce qui nous a été dit par les associations par le fait du meilleur respect des trajectoires de décollage !

Ces dernières années le bruit de crête a diminué (car les avions sont moins bruyants) mais le temps d’exposition au bruit des populations a augmenté du fait de l’augmentation du nombre de décollages.

Concernant les nuisances atmosphériques, le transport aérien serait responsable de 6% des émissions de CO2, sans qu’il soit possible de discriminer leurs polluants ce ceux des automobiles.

Que faire pour réduire les nuisances dans le Val d’Yerres ?

Les associations et les élus locaux militent pour que le virage des avions allant vers le sud après décollage à l’Est s’effectue plus loin.
Ainsi les avions seraient à une hauteur plus importante lors de leur second passage, limitant ainsi le bruit.

La carte ci-dessous illustre cette proposition de changement de trajectoire :

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Une bonne partie du débat a traité cette Proposition.

Nathalie Kosciusko-Morizet a indiqué que le reculement du point de virage des avions est établi comme techniquement possible et qu’il est approuvé au niveau du ministère et des administrations.
Le point bloquant actuellement est le refus d’un élu de Seine et Marne, député de Combs la Ville.
La ministre dit espérer pouvoir aboutir à un accord dans le cadre d’une concertation à l’occasion d’une réunion, début 2009, de la Commission Consultative de l'Environnement de l'aéroport de Paris-Orly.
Madame Kosciusko-Morizet estime erronées les prévisions d’un doublement du trafic d’ici à 2020 car l’augmentation du prix du pétrole limitera l’expansion du transport aérien.

Nicolas Dupont Aignant soutient lui aussi ce projet de modification du virage et a appelé les habitants à participer à tout rassemblement qui pourrait être organisé par les associations pour faire pression dans ce sens.
Il ne partage pas l’analyse de la ministre sur l’évolution du trafic et du prix des produits pétroliers mais considère qu’il faut lutter contre la pollution atmosphérique qui, selon lui, sera dans le futur une cause prouvée de maladies comme le cancer.
Dans un premier temps, Nicolas Dupont Aignant demande un reculement du virage à 7,5 miles nautiques et ensuite un passage à 9 miles nautiques.

Selon un responsable de la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) un reculement du virage à 9 miles nautiques poserait un problème de sécurité vis-à-vis des trajectoires de Roissy.
La gestion séparée du contrôle aérien des deux aéroports est un frein à une telle mesure.

Laurent Béteille s’est peu exprimé et a quitté la salle avant le terme de la réunion.

Certains habitants du quartier de Gros Bois (très exposé aux nuisances aériennes) à Yerres sont intervenus de manière tumultueuse.
Une dame, en particulier, a invectivé plusieurs fois le responsable associatif et les politiques, disant que rien n’est fait pour limiter les nuisances, et pour finir, demander à ce que les dépenses de double vitrage soient mieux remboursées.

Mon avis

Une manifestation bien peu enrichissante dont le début fut chaotique entre l’exposé un peu long du responsable associatif Gérard BOUTHIER, qui fut interrompu pour donner la parole à Nathalie Kosciusko-Morizet très, très pressée de rejoindre sa ville de Longjumeau pour une inauguration comme elle nous l'a fait clairement comprendre.

Devant le constat très clair sur Brunoy de l’augmentation des nuisances ces dernières années au second passage des avions après virage, je reste dubitatif quant à l’ampleur de l’impact d’un reculement du virage à 7,5 miles nautiques. Reste aux élus de réussir à se mettre d’accord, ce qui devrait être possible au sein de la même tendance politique…

En ce qui concerne l’avenir des transports aériens dans le contexte actuel où le pic pétrolier est atteinte ou en passe de l’être, je pense effectivement logique qu’il régresse ainsi que la société productiviste actuelle essentiellement basée sur la consommation d’énergies fossiles.
Ce n’est pas demain que l’on verra voler des avions électriques…

Ce qu'il nous faut c'est réduire le nombre de vols et maintenir absolument le couvre feu à Orly (interdiction de mouvement après 23h30).

Pour plus d’information

Voyez le site de l’AVEVY Lisez le Rapport sur la Pollution atmosphérique générée par le trafic aérien, élaboré par le Centre de Recherche sur l’Espace, le Transport, l’Environnement et les Institutions Locales.

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