Roundup : le mensonge publicitaire de Monsanto confirmé par la cour d’appel de Lyon
Par Gilles Héluin le samedi 1 novembre 2008, 07:13 - Les produits dangereux - Lien permanent
Les magistrats de la 7ème chambre correctionnelle de la cour d’appel de Lyon ont confirmé dans l’arrêt prononcé le 29 octobre 2008, la culpabilité des dirigeants et de la société Monsanto à propos de la publicité du pesticide Roundup. La publicité incriminée présentait le Roundup comme étant biodégradable et protégeant l’environnement
Selon les magistrats, le mensonge publicitaire résulte pour les emballages
d’une « présentation qui élude le danger potentiel du
produit par l’utilisation de mots rassurants et induit le
consommateur en erreur en diminuant le souci de précaution et de
prévention qui devraient normalement l’inciter à une consommation prudente
».
Sur l’utilisation du terme « biodégradable », le caractère trompeur est
également assuré car « il est établi que le roundup est constitué de
glyphosate et d’un tensio actif et qu’il se dégrade plus lentement que le
glyphosate seul. De surcroit, un sous produit de dégradation du glyphosate,
l’AMPA, se dégrade lui-même plus lentement ».
Enfin, en ce qui concerne le spot télévisé, celui-ci estime la cour
« n’est accompagné d’aucun avertissement sur les précautions d’emploi à
respecter et se termine sur des notions d’amour et d’intelligence qui ont pour
effet de rassurer le consommateur sur l’innocuité du produit. Il en résulte là
aussi que le roundup est présenté sous un jour trompeur d’un produit totalement
inoffensif, ce qui ne peut être le cas d’un désherbant même s’il est moins
nocif que d’autres pesticides ».
La cour a maintenu les peines d’amendes (2 fois 15000 €) et la publication du
jugement dans la presse prononcées en première instance par le tribunal
correctionnel de Lyon le 26 janvier 2007.
Eau & Rivières de
Bretagne se félicite de la condamnation prononcée par la cour d’appel de
Lyon à l’encontre de la société Monsanto et de son dirigeant : les
magistrats les ont reconnu coupables d’avoir menti aux consommateurs en
prétendant que le roundup était « biodégradable » et
« respectait l’environnement ».
Pour l’association dont la plainte en 2000 est à l’origine de ce procès, cette
condamnation d’un mensonge publicitaire grossier permet d’ouvrir les yeux des
consommateurs sur la dangerosité environnementale et sanitaire du Roundup.
L’association relève d’ailleurs que le 7 octobre dernier, une des spécialités
commerciales de la gamme Roundup, le « Roundup Allées et Terrasses »
a été retiré du marché par décision du Ministre de l’Agriculture (http://e-phy.agriculture.gouv.fr/spe/9800037-17887.htm)
Au-delà de cette condamnation symbolique, Eau & Rivières de Bretagne insiste sur les deux mesures urgentes à mettre en œuvre : limiter la vente des pesticides destinés aux jardiniers amateurs aux seuls magasins spécialisés offrant un conseil aux consommateurs, et interdire leur publicité . Jean-François PIQUOT, porte parole de l’association estime que « l’engagement du Grenelle de réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 2015 ne sera tenu que si le consommateur est dissuadé d’employer ces poisons et encouragé à désherber autrement ».
Mon avis
Roundup : même pas à mettre aux orties !
Surtout : à proscrire !
Pour plus d’informations






Commentaires
Merci pour votre site que je trouve particulièrement bien renseigné et perspicace (dont l'origine étymologique signifie "voir à travers")
Anneclaire
c'est revoltant ! c'est un complot