L'échelle INES des incidents nucléaires
Par Gilles Héluin le mardi 12 août 2008, 07:00 - Nucléaire - Lien permanent
Quelque 900 incidents et accidents sont déclarés chaque année en France dans
le nucléaire, toutes installations confondues, et classés selon leur gravité de
0 à 7 selon l'échelle Ines (International Nuclear Event Scale) par l'Autorité
de sûreté du nucléaire (ASN).
Ainsi, en 2007, 928 incidents ont été recensés (932 en 2006), dont 842 de
niveau zéro (817 en 2006) et 86 de niveau 1. Ce niveau correspond à une
"anomalie", du type des incidents survenus jeudi dernier à Romans-sur-Isère
(Drôme) et le 7 juillet au Tricastin (Vaucluse). Aucun incident de niveau 2 n'a
été répertorié en 2007 (1 en 2006).
Conçue par l'Agence internationale pour l'Energie Atomique (AIEA), l'échelle
Ines "s'appuie à la fois sur des critères objectifs et des critères
subjectifs", selon l'ASN. "Elle ne constitue pas un outil d'évaluation" et est
seulement destinée "à faciliter la perception par les médias et le public de
l'importance des incidents et des accidents nucléaires".
Trois critères entrent en jeu pour les installations nucléaires : les
conséquences à l'extérieur du site (rejets radioactifs pouvant toucher le
public et l'environnement) et à l'intérieur du site, et la dégradation des
"lignes de défense" (systèmes de sûreté, procédures, contrôles
techniques...).
Voici la description de la classification en 8 niveaux :

Niveau 0 : écarts par rapport au fonctionnement normal,
n'ayant aucune importance en termes de sûreté. Plusieurs centaines d'événements
chaque année (842 incidents en 2007, 817 en 2006).
Niveau 1 : anomalie en raison d'une défaillance de
matériel, d'une erreur humaine ou d'une insuffisance dans l'application des
procédures. 86 incidents en 2007, 114 en 2006.
Niveau 2 : contamination humaine à l'intérieur du site
et "défaillances importantes des dispositions de sécurité". Un événement
recensé, en 2004, en 2005 et en 2006.
Niveau 3 : "Très faible" rejet avec exposition du
public en deçà des limites prescrites, contamination grave sur la santé d'un
travailleur. "Accident évité de peu", avec un défaut des barrières de sécurité.
En France, deux cas répertoriés, en 1981 et en 2002.
Niveau 4 : Rejet "mineur", avec exposition du public
de l'ordre des limites prescrites. A l'intérieur du site, endommagement
important du coeur du réacteur et des barrières radiologiques, exposition
mortelle d'un travailleur. Un seul cas enregistré en France: l'endommagement en
1980 du réacteur A1 de la centrale de Saint-Laurent.
Niveau 5 : Rejet limité, mais endommagement grave du
réacteur, des barrières radiologiques. Aucun cas en France. Aux Etats-Unis en
1979: fusion partielle du réacteur à Three Mile Island.
Niveau 6 : Rejets importants. Aucun cas en France. Un
accident en URSS en 1957.
Niveau 7 : Rejets majeurs avec effets étendus sur la
santé et l'environnement. Aucun cas en France. A l'étranger: l'explosion du
réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine en 1986.
Pour en savoir plus:
Une fiche sur l’échelle INES sur le site de l'ASN.



