Le Syndicat mixte "Espaces Naturels Régionaux (ENRx)", Fédération des Parcs
naturels régionaux du Nord - Pas de Calais a publié un guide très intéressant
sur les zones humides et les oiseaux. Les informations qui suivent en sont
extraites.
LES PAYSAGES DE ZONES HUMIDES, HAUTS LIEUX DE LA BIODIVERSITÉ
RÉGIONALE
De manière générale, une zone humide est caractérisée par la présence
permanente ou temporaire d’eau. Celle-ci contrôle l’évolution des
caractéristiques du milieu et le développement de la faune et de la flore. Ces
espaces ont une définition scientifique (espèces caractéristiques) mais
également juridique qui a évolué au fil du temps.
Les zones humides offrent de nombreux services aux sociétés :
régulation du débit des cours d’eau et atténuation des crues, épuration des
eaux, accueil d’une biodiversité rare et menacée. Elles ont une importance
capitale pour la sauvegarde de la ressource en eau (quantité et qualité). Leur
disparition n’est pas une particularité régionale puisqu’elles sont menacées à
l’échelle mondiale, à l’instar des espèces qui s’y développent, mais le nord de
la France, densément peuplé, représente un espace où la gestion de l’eau est
particulièrement préoccupante. La sauvegarde de zones humides de qualité est
une nécessité pour la survie de l’homme et le développement de ses activités
car les enjeux autour de leur conservation sont très nombreux.
Les zones humides possèdent une flore et une faune remarquables. Il est
nécessaire de disposer d'outils pour le suivi de ces zones si importantes pour
l'environnement. Le bio-indicateur oiseau développé dans le cadre du programme
de suivi et d’évaluation de la qualité des zones humides s’inscrit donc dans
cette réflexion en contribuant à :
- localiser les espaces présentant un enjeu écologique fort ;
- évaluer les actions engagées sur le terrain (gestion, réhabilitation, etc.)
;
- caractériser l’état de santé des zones humides régionales au travers d’un
panel représentatif de zones humides suivies selon la même méthode (avec
possibilité de comparaison entre années et/ou entre sites).
LES OISEAUX, HABITANTS DES ZONES HUMIDES, INDICATEURS DE
QUALITÉ
Les oiseaux occupent l’ensemble des types de milieux humides de la région,
certains y sont strictement inféodés et présentent des adaptations
orphologiques (au niveau du bec et des pattes, par exemple). Les oiseaux des
zones humides se distinguent des autres oiseaux par leur dépendance plus ou
moins marquée aux surfaces aquatiques. Le Nord-Pas de Calais accueille plus de
70 espèces d’oiseaux nicheuses directement liées aux zones humides. Elles
représentent une part importante de la diversité ornithologique régionale et se
répartissent en deux groupes selon les grands types de milieux qu’ils occupent
:
- les espèces directement liées à la présence d’eau libre plus ou moins
profonde (oiseaux d’eau au sens strict) : ces oiseaux recherchent des
plans d’eau entourés de ceintures de végétation plus ou moins denses et
étendues et des fossés. Exemples : Canards, Grèbes, Sarcelles, etc.
;
- les espèces indirectement liées à l’eau (oiseaux d’eau au sens large) et
utilisant des formations végétales sur sols hydromorphes : roselières,
mégaphorbiaies, prairies hygrophiles, boisements humides, etc. Exemples :
Rousserolles, Locustelles, Blongios nain...
LE SUIVI DES ZONES HUMIDES PAR LES OISEAUX
Les oiseaux constituent de bons bio-indicateurs : leur biologie est bien
connue et leur identification reste aisée par rapport à d’autres taxons*. Leur
observation est facile car elle ne nécessite pas de moyens techniques coûteux
et complexes. Sensibles aux changements progressifs ou brutaux de leur
environnement, ils occupent de vastes territoires et donnent des informations
sur la qualité de nombreux milieux (forêts, zones humides, cours d’eau, etc.).
Par sa présence ou son absence, chaque oiseau donne des indications sur l’état
des habitats (structure de la végétation, niveau de dégradation, abondance de
proies, dérangement, etc.). En général, seul un petit groupe d’espèces dont les
exigences sont strictes et bien connues donne des informations fiables et
pertinentes.

LE PROGRAMME DE SUIVI ET D’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES ZONES
HUMIDES (PSEQZH)
En 1999, Espace naturel régional, en partenariat avec les principaux acteurs de
l’environnement, s’est engagé dans le développement d’un outil de suivi destiné
à évaluer les actions menées sur les territoires. Le programme de suivi et
d’évaluation de la qualité des zones humides (PSEQZH) est le fruit d’une
volonté de fédérer les compétences des différents acteurs régionaux et de
suivre les milieux naturels à l’échelle régionale selon une méthode commune
définie en 2000 avec pour objectifs principaux de :
- compléter les connaissances scientifiques sur les zones humides (évaluation
des cœurs nature) ;
- suivre l’évolution pluriannuelle des habitats et des peuplements d’oiseaux
des zones humides grâce à des indicateurs ;
- proposer un outil d’évaluation de l’intérêt patrimonial des zones humides et
des effets des mesures de gestion fondé sur les oiseaux et leur caractère
bio-indicateur, selon un indice biologique ;
- mettre en place un réseau d’acteurs et de sites suivis selon un même
protocole.

Des principes de gestion des zones humides ont étés définis
:
- le faucardage et la fauche exportatrice qui maintiennent le caractère ouvert
en reproduisant l’action des grands herbivores. L’exportation des végétaux
fauchés limite l’enrichissement du milieu en éléments minéraux (eutrophisation)
;
- le pâturage extensif qui maintient le caractère ouvert et ralentit
l’atterrissement en limitant le développement des roseaux (piétinement des
rhizomes par les bovins ou les équins) ;
- la gestion des écoulements par l’entretien des fossés, la mise en place
d’ouvrages de gestion des niveaux d’eau (casiers hydrauliques, palplanches, par
exemple) permettant un contrôle précis du niveau d’eau au sein des marais tout
au long de l’année ;
- le débroussaillage, les coupes et les abattages, réalisés de manière manuelle
ou mécanique, permettent de maintenir ou de favoriser des milieux herbacés
hygrophiles (prairies, roselières, mégaphorbiaies, etc.) en limitant le
développement des ligneux ;
- l’étrépage qui consiste à retirer la couche superficielle du sol sur quelques
dizaines de centimètres pour favoriser l’apparition d’espèces pionnières. Cette
technique est souvent pratiquée dans les milieux tourbeux ;
- la création de hauts fonds, d’îlots ou de vasières dans les étangs ou sur
leurs bordures qui favorise le développement de roseaux accueillant de
nombreuses espèces d’oiseaux rares.
Ces principes ont été intégrés dans les plans de gestions mis en œuvre sur
des sites régionaux. Le documents nous en donne plusieurs exemples.
Pour plus d'information
Lire le guide :

Consulter le site
ENRx
Mon avis
Ce guide, très intéressant, est assez technique mais il comporte quand même
des informations accessibles au public non spécialiste. Il s’adresse
principalement aux techniciens des milieux naturels, aux bureaux d’études, aux
élus, aux étudiants, aux associations de protection de la nature et aux
naturalistes amateurs.