Auteur : Vandana Shiva
Editeur : Rue de l’échiquier
ISBN : 2374251799

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, notre avenir en tant qu’espèce n’est plus assuré.
En cinq cents ans seulement de colonisation dont 200 ans de règne des combustibles fossiles et 20 ans de mondialisation de l’économie, l’espèce humaine a fait assez de mal à la terre pour garantir son extinction. L’aveuglement de 1% de la population à l’égard du potentiel de la vie a fait que nous sommes au bord du gouffre.
Les mots et le constat de Vandana Shiva sont implacables. Mais quel est ce 1% de la population qui mène la terre et l’humanité à leur perte ? C’est cette si faible partie des humains, 1%, les plus riches de la planète, qui possède autant que 3,6 milliards d’individus, c’est-à-dire la moitié de l’humanité.
1% de la population mondiale pilote la machine argent, le système économique qu’il a agencé, et porte comme vertu l’accumulation effrénée ainsi que la création d’outils servant à faire de l’argent qui fabrique de l’argent. 1% qui exprime une volonté d’exclure et d’exterminer. L’écocide et le génocide en sont les inévitables conséquences.

Vandana Shiva étage son propos en se basant sur de nombreux rapports, études et chiffres pour nous montrer comment 1% de la population gagne de l’argent grâce à l’argent tout en contrôlant notre univers réel et nos vies. Ils jouent au grand casino mondial et s’approprient les richesses des individus et les ressources de la planète. Elle accuse les « barons pilleurs » et le « cartel toxique » d’avoir empoisonné notre pain quotidien et la planète. Extinction des espèces, changements climatiques, maladie d’Alzheimer et de Parkinson, cancers, intoxications aux pesticides en résultent, constituant un véritable génocide et un écocide qui tuent l’homme et la nature. Le cartel toxique d’hier est à nouveau en place aujourd’hui : sociétés productrices de pesticides, de semences et d’OGM.
Excellent spécialiste et militante dans le domaine de l’agriculture, Vandana Shiva développe largement ce sujet avec une attention toute particulière à son pays, l’Inde. Pays où l’association qu’elle a fondé, Navdanya, offre des semences non OGM aux paysans dont beaucoup se sont endettés vis-à-vis de Monsanto et se suicident en grand nombre.
Bill Gates, Mark Zuckenberg et quelques autres sont bien plus qu’égratignés par la plume de Vandana qui a tracé là des mots forts et accusateurs. Ces pirates des semences, ces vendeurs de données qui étendent toujours davantage leur empire et détruisent sociétés, nature et humains par leurs technologies nocives. Leur crédo : 1 seule agriculture, 1 seule science, 1 seul monopole.

Le tableau dressé par Vandana Shiva fait froid dans le dos.
Heureusement, elle ne se contente pas de nous peindre cette terrible situation dans laquelle 1% de la population a mis l’humanité et la planète. Son quatrième et dernier chapitre est mon préféré, il nous place à la croisée des chemins où nous avons le choix, soit de suivre la voix de l’extinction où nous emmène 1% de la population, ou bien de semer les graines de l’avenir et de faire ressurgir l’authenticité, condition sine qua non de notre survie et de notre évolution.
Cette voix de salut, Vandana Shiva nous la trace en s’inspirant des 3 grands principes de Gandhi : • Le swaraj ou l’auto-organisation, l’autonomie et la liberté. • Le swadeshi ou l’autosuffisance et la création d’autonomies locales. • Le satyagraha ou la force de vérité et de la désobéissance civile.

Une voix salutaire qui représente pour Vandana la toute dernière phase d’un épique combat. Un combat entre pouvoir de domination, de destruction, de supériorité et de possession d’un côté et celui non violent de coopération et de coévolution. Semence après semence il nous faut semer les graines d’une autre voie basée sur l’intelligence, la science, la responsabilité et la conscience.
Les dernière phrases de l’ouvrage nous affirment la possibilité d’une planète plus saine ou un plus grand nombre d’espèces s’épanouissent, ou la nourriture est abondante et la biodiversité en état de meilleure régénération. Puisse ce livre contribuer à l’indispensable prise de conscience et à la mise en œuvre des urgentes actions indispensables pour enrayer le déclin.