Vu de l’espace, tout à l’air beau sur notre planète. Il faut se rapprocher pour se rndre compte de la réalité. Des monceaux de déchets en un tas gigantesque de plusieurs dizaines de mètres de haut ont remplacé les baigneurs sur la plage.
Les premières images du film « Trashed » présentent les déchets Libyens qui se déversent dans la mer. Une séquence choc qui me rappelle quasiment les mêmes dans un documentaires datant lui aussi d’il y a quelques années, tourné sur les côtes espagnoles.

« Trashed » nous montre la situation catastrophique et les dangers que les déchets de notre civilisation consumériste fait peser sur notre santé et plus largement celle du monde vivant. Déplaçant sa caméra un peu partout de par le monde, Candida Brady nous montre des images terribles de pays où il n’existe aucune gestion publique des ordures, où en certains endroits les habitants vivent sur leurs déchets, se lavent et boivent une eau qu’ils ont eux-mêmes polluée.
Le documentaire aborde uniquement la question des déchets ménagers, ceux que nous produisons au quotidien, peut être pour mieux nous sensibiliser. Nos pays occidentaux figurent en bonne place dans le film qui traite longuement des incinérateurs et des nombreux toxiques qu’ils relâchent, avec en particulier les bien connues dioxines. Dioxines qui, comme d’autres produits chimiques (dont certains furent volontairement répandus, comme l’agent orange…), sont responsables de malformations dont soufrent de nombreux enfants. Les images en sont difficilement supportables.

La terrible et généralisée pollution des océans pas nos plastiques est abordée en détail. J’y suis particulièrement sensible et les images m’en sont familières comme celles du ramassage-nettoyage des plages, activité incontournable de nos balades familiales sur le sable de notre littoral atlantique. Là bas, les plages regorgent d’un plastique qui échappe à l’attention de la grande majorité des occupants, enduits de crème solaire, allongés sur leur serviette… Oiseaux et animaux marins en pâtissent directement par ingestion ou étouffement mais aussi, de manière plus insidieuse, à cause des polluants chimiques relâchés et, pire encore, par ceux qui sont attirés par l’énorme quantité de plastique contenue dans l’eau. Certaines parties de l’océan, là où les courants sont circulaires, voient se créer un 8ème continent de plastique. Ces eaux contiennent davantage de plastique que de plancton. L’océan se meurt. Nous en sommes responsables.

D’une approche classique pour ce genre de documentaire qui se veut sensibiliser, aux images choc succèdent d’autres qui se veulent porteuses d’espoir. Elles nous montrent des solutions mises en place localement, comme cette boutique qui vend des produits en vrac ou à faible emballage et qui ne produit qu’un petit sac de déchets non recyclables chaque année.
Il est clair que des solutions existent pour réduire notre production de déchets de manière plus ou moins importante et pour développer le recyclage.
Candida Brady occulte malheureusement la voie qui devrait être privilégiée, celle de la nécessaire décroissance de la production matérielle et donc de la consommation. Mieux consommer est nécessaire, moins consommer est indispensable. Ce n’est sans doute pas l’idée avec laquelle le spectateur sort de la salle de projection. Je ne doute cependant pas des qualités éducatives de ce film britannique, nécessaire et fort bien fait, aux images choc et à la musique composée par Vangélis. Il aura quand même fallu attendre 4 ans pour le voir diffusé dans nos salles françaises.

Pour plus d’information

http://www.trashedfilm.com/