Passant quelques jours en Charente Maritime il y a quelques semaines, il était impensable de ne pas me rendre à Echillais où une ZAD tenta de s’opposer à la construction d’un méga incinérateur.

C’est en effet cette petite ville de 3300 habitants que les élus ont décidé de faire devenir la poubelle de leurs 200 000 voisins. Alors que certains arrivent à ne générer que 80 Kg d’ordures ménagères par habitant et par an, ici l’on construit un incinérateur pour en bruler 356 kg/hab/an, en remplacement de l’incinérateur actuel capable de bruler 190 kg/hab/an. Cherchez l’erreur ! Facile, c’est Vinci qui construit ! Les élus suivent. Je vous laisse imaginer par quels jeux d’influence, de pouvoir, d’argent…

L’opposition à ce projet d’un autre temps débutait en 2013, une ZAD s’y créait en janvier 2015 pour être évacuée par la force en mai. Le site est maintenant sous haute surveillance, les barbelés abondent, cette zone maintenant qualifiée « militaire ». Les quelques peu nombreux restes de la ZAD me laissent imaginer l’espoir et la fraternité qui vécurent en ces lieux pendant quelques mois.

Les opposants ne désarment pas comme le montre l’excellent article du site « The dissident ». En témoigne la rencontre que, visitant l’extérieur des lieux à distance des vigiles, nous fîmes d’un joggeur anti-incinérateur. Il court régulièrement autour du site pour surveiller l’avancement des travaux. Terrible paradoxe que de pratiquer un sport pour conserver sa santé, là où l’on nous la détruit… Belle rencontre avec un militant convaincu et engagé qui nous fit part de l’espoir des associations encore mobilisées autour de la question sismique. Le projet est-il en défaut sur ce point alors qu’Echillais serait en zone sismique de niveau III ? Les opposants ont-ils trouve la « faille » ? L’avenir nous le dira peut être. J’espère que la raison l’emportera. Comme chante HK (et les saltimbanques), « Il s'rait p't-être temps qu'on s'réveille Qu'on foute enfin leur foutu monde à la poubelle » ! Oui mais pas pour le brûler ! Pour le recycler…









Le site vu du pont sur la Charente