Le Nouveau Monde
Regard sur la disparition des banquises et sur le sens des choses
Emmanuel Hussenet
Editions : Les cavaliers de l'orage
ISBN : 9791091235020

Guide d'expéditions en Antarctique, Emmanuel Hussenet connait bien ce monde inhospitalier.
De sa plume acérée et poétique, il nous fait partager son amour pour ce milieu aux conditions de vie si difficiles pour l'homme.
Un amour teinté de désespoir face à cette glace qui fond et à l'inaction de l'homme pourtant responsable de la mort de la banquise, conséquence du réchauffement climatique.

Fataliste, réaliste, l'auteur nous propose une approche du réchauffement climatique aux antipodes des écrits habituels.
Rien de didactique ici, peu de chiffres, mais des mots qui, à chaque page font mouche et nous touchent profondément.

Nous sommes coupables et nous le savons. Emmanuel Hussenet éclaire ce triste tableau et en montre tout le paradoxe.
L'homme a le sentiment d'une perte irrémédiable que constitue la fonte des glaces.

Alternant récits de voyages et d'expéditions polaires, alarmant constat d'une glace qui disparaît et tableau lucide d'une humanité coupable et sans âme, l'auteur nous met face à l'évidence : nous ne sortirons du système infernal que nous avons créé, seulement lorsque nous l'aurons épuisé.
Nous ne faisons rien, pas même nous préparer à survivre. La banquise polaire disparaîtra et l'humanité lui emboîtera le pas.

Sans doute est-il vain de chercher à caractériser ce récit. Est-il pessimiste ? Fataliste ? Clairvoyant ?
Laissons sa fluidité le laisser couler en nous et sa spiritualité réveiller la notre.
La juste des propos et des mots devient alors une évidence. Une évidence qui dérange, qui met mal à l'aise. Une évidence qui ramène à notre conscience ce dont trop souvent nous l'en chassons. Notre responsabilité, notre immobilisme

Au fond de nous, nous le savons.
"Le réchauffement global est la conséquence d'actes qui rendent la vie personnelle plus facile."
"Ce n'est pas tant le progrès qui a écorché la Terre que le peu d'esprit avec lequel nous l'avons dirigé".
"Mais la nature est blessée très gravement cette fois. La perte des glaces, c'est la perte du sang".

Comment agir concrètement ?
L'auteur ne répond même plus à cette question lors de ses conférences, considérant qu'aucune action ciblant le grand public n'a de sens et d'impact sur des problèmes qui auraient dû être saisis à bras le corps.
"L'homme reste impuissant face au fossé qui s'est creusé entre le matériel et l'immatériel."

Dès lors, reste-t-il un espoir ?
Le Nouveau monde, titre de l'ouvrage apparaît dans les 10 dernières pages d'un ouvrage où l'issue de l'humanité ne laisse aucun doute.
Paradoxalement ce nouveau monde serait en marche. "Il est tout ce que nous souhaitons et qui n'existe pas encore."
"Ses éclaireurs animent des associations, dénoncent la corruption, respectent les sols, prennent la défense des arbres et de requins, soignent les éléphants..."
Emmanuel Hussenet appelle à un alarmisme écologique terriblement justifié tant est proche l'effondrement irréversible des grands écosystèmes.
Il espère une mobilisation générale, une rupture.
Nous n'avons qu'une minute pour agir.
Une minute à l'échelle de la Terre. Deux génération à l'échelle de l'homme.
"Nous devons visualiser le tunnel sombre et nous y engager en oubliant d'où nous venons, ce que nous quittons, s'avancer avec passion, enthousiasme et insistance, alors nous traverserons le tunnel et le verrons poindre, enfin, ce nouveau monde".

Des deux affirmation de Emmanuel Hussenet, nous allons disparaître et le nouveau monde est en marche, laquelle est ma conviction intime de l'auteur ?
Laquelle se concrétisera ?
A chacun de se faire sa propre idée. Peut être le sombre propos de l'auteur n'est-il là que pour mieux nous orienter vers son nouveau monde...


Nous n'avons plus le temps. Plus le temps de ne regarder que soi, de nous complaire dans les mêmes impasses, d'employer des mots qui n'engagent personne. Beaucoup s'accordent à dire que nous sommes "au bord du gouffre" et qu'il faut impérativement "changer". Vous en pensez quoi, vous ? Le changement, le voyez-vous venir ? Et pour mettre quoi ?

Le temps n'est plus au doute sur la question des responsabilités humaines dans les changements climatiques. Bien sûr que nous avons de lourdes responsabilités, inutile de faire l'autruche. Et cessons de nous opposer les uns aux autres pour des motifs futiles. Gardons notre énergie pour ce qui est important, rompons avec nos systèmes et prenons de la distance. Tout ce que nous avons à perdre, c'est une vie tiède, éloignée des réalités et des véritables émotions. Nous disposons de tous les outils pour construire le monde que nous désirons. Il nous manque le souffle. Voici un peu du mien.

Emmanuel HUSSENET

La voix des glaces
Court-métrage : la glace polaire prend la parole et nous livre ses sentiments sur l'homme et son destin.
Voix : Priscilla Telmon.
Photos et texte : Emmanuel Hussenet.
Montage : Michel Candoni.

Pour plus d’information

Visitez le site de cet éditeur que j'ai découvert à l'occasion de ce bel ouvrage : http://www.lescavaliersdelorage.fr/lescavaliersdelorage.html

Lisez quelques extraits du livre : http://www.lescavaliersdelorage.fr/nouveaumonde.html