C'était donc hier le grand jour pour les milliers de personnes qui refusent le projet d'aéroport à Notre Dame des Landes, village situé à 30 km de Nantes.
Après les expulsions opérées avec violence par les forces du désordre, il y a trois semaines (voir ici) la manifestation de ce samedi 17 visait à ré-occuper les lieux et à y reconstruire des maisons pour les résistants.
Quelques jours avant, les radios annonçaient attendre 10 000 manifestants.
De fait, il y eut entre 13 500 et 40 000 participants selon les estimations policières et celle des organisateurs.


A plusieurs kilomètres du village, à 10h30 lors de mon arrivée, la longue file de voitures augurait une forte mobilisation.


Le village était submergé par la foule. Difficile de ne pas pousser..


Les clowns sont toujours de la partie.


La mairie, opposée au projet. C'est clair, non ?%%

((http://img4.imageshack.us/img4/1981/dsc01633xz.jpg))
Il a fallu du temps, mais c'est parti !





Certains ont fait une très longue route...


On ne va pas se laisser abattre... Un petit au jambon de... porc ?




« La Vache rit » l'un des quartiers généraux des opposants sur le site.




On arrive quand ?


Le site de réoccupation. Aussitôt arrivés, aussitôt repartis pour ne pas subir les prises de paroles de certains politiques qui n'avaient que peu à faire ici...



La mobilisation paysanne était impressionnante. Ici le champs de stationnement des tracteurs.



Sur le chemin du retour, la file de tracteurs est interminable.




Mémoire courte. Très courte !

Alors que les média annonçaient la veille de la manifestation la venue d’environ 10 000 personnes, l’ampleur de la mobilisation (nous étions probablement de l’ordre de 30 000) en aura certainement surpris plus d’un, que ce soit parmi les manifestants eux-mêmes, que les organisateurs et les politiques.

Bon nombre d’entre nous, paysans ou non, venaient de loin : Bretagne, Ile de France, Isère et tant d’autres régions. Au-delà de la simple défense de son cadre de vie, légitime préoccupation des locaux, le refus de cette fuite en avant, droit dans le mur comme le scandaient certains slogans, est à l’évidence un des moteurs de cette forte mobilisation. A l’heure où la misère n’en finit pas de se répandre dans notre pays comme dans toute l’Europe, à l’heure où les crises s’aggravent et où l’on devrait se préoccuper de préparer la société au renchérissement précédent l’épuisement des matières premières, minières comme énergétiques, nous ne pouvons accepter que se perpétue indéfiniment cette même politique espérant vainement de retour de la croissance et mettant continuellement le système financier et industriel sous perfusion des finances publiques.

Autrefois de droite bling-bling et méprisant du peuple, maintenant de gauche si peu différent, les gouvernements successifs nous écœurent chaque jour un peu plus.
La cohérence des slogans affichés lors de la manifestation fut remarquable. Tous se focalisaient sur le refus de l’aéroport. Quelques uns appelaient néanmoins au refus de voter, illustrant le dégoût toujours grandissant envers le monde politique incapable d’apporter de vraies solutions et de mettre en œuvre une politique différente répondant aux vrais besoins des femmes et des hommes.

Cette journée de solidarité et de mobilisation marquera une étape importante et restera dans les mémoires aux côté des images des expulsions violentes de ces dernières semaines dont on voit encore localement les traces par le bitume noirci à l’endroit des barricades en feu. Nous savons que la partie, qui a commencé il y a 40 ans pour NDDL, est loin d’être finie.