L'association Cyber@cteurs nous propose une nouvelle action.


La Banque européenne d’investissement (BEI) est la Banque publique de l’Union européenne. Dotée d’un mandat de développement et d’éducation, elle a pourtant accordé depuis 2003 près de 900 millions d’euros de prêts aux grands barrages dans les pays du Sud. Or les grands barrages ne constituent pas une énergie propre et durable : leurs conséquences sont désastreuses pour l’environnement et pour les populations locales. Il est temps que la Banque de l’Union européenne arrête de soutenir ces projets néfastes et oriente ses financements vers la petite hydroélectricité et les autres énergies réellement renouvelables ! Pour faire pression sur la BEI, signez notre cyberaction !

Les Amis de la Terre et une vingtaine d’organisations françaises et internationales demandent à la Banque publique de l’Union européenne de mettre un terme au financement des grands barrages et de soutenir la petite hydroélectricité et les autres énergies réellement renouvelables !

Sous couvert de financer une énergie propre et durable, la Banque européenne d’investissement a accordé depuis 2003 près de 900 millions d’euros de prêts aux grands barrages dans les pays du Sud. En Afrique, la BEI a ainsi financé 8 barrages mais n’a pas investi un euro pour l’éducation et la santé ! Pourtant ces mega-projets ne profitent pas aux populations locales et sont désastreux pour l’environnement.

1) Les grands barrages ne sont pas « verts ».
Leur construction crée des réservoirs qui libèrent de grandes quantités de gaz à effet de serre par décomposition des matières organiques issues des forêts et terres inondées. On estime ainsi qu’au moins 4% des émissions de gaz à effet de serre mondiales sont dues aux barrages : un impact plus important que celui du secteur aérien.

2) Ils bouleversent le fonctionnement des écosystèmes et des cours d’eau
60 % des rivières sont gravement altérées par les grands barrages. Déforestation, diminution des terres fertiles, baisse des stocks de poisson et de la qualité de l’eau ont d’énormes impacts sur les conditions de vie des communautés locales. De plus, les retenues d’eau constituent un terrain propice à l’apparition de maladies telles que la dengue et le paludisme.

3) Les grands barrages ne permettent pas, en milieu rural notamment, un accès à l'énergie pour tous.
Les coûts de construction et d'entretien se répercutent sur le prix de vente, hors de portée pour les populations pauvres. En réalité, l’énergie produite par les grands barrages alimente surtout les besoins des grosses industries. Ainsi au Cameroun, la BEI s'apprête à financer la construction du barrage de Lom Pangar, pour permettre l’expansion d’une usine de fonte d’aluminium alors que la moitié de la population n’a pas accès à l’électricité.

Dans de telles conditions, pourquoi, la Banque européenne d’investissement, qui doit contribuer dans les pays du Sud aux objectifs de l’UE, à savoir l’éradication de la pauvreté et le développement durable, s’implique-t-elle dans les grands barrages ?

En réalité, il semble que la BEI juge principalement les projets sur leur rentabilité. De plus, la BEI souffre d’un manque alarmant de règles sociales et environnementales et se contente des études d’impacts fournies par les promoteurs pour approuver les projets qu’elle finance. Ces lacunes ont conduit droit dans le mur quelques uns de ses projets : le tunnel du barrage de Gilgel Gibe 2 en Ethiopie s’est effondré début 2010 quelques jours seulement après son inauguration ; le projet hydroélectrique de Dos Mares (détenu à 100 % par le groupe français GDF Suez) a provoqué en août 2010 l’inondation d’un village suite à l’ouverture d’une écluse…

Face aux égarements de la Banque européenne d’investissement, nous vous invitons à interpeller son président et d’exiger de la BEI :

  • une réorientation prioritaire de ses financements vers la petite hydroélectricité et les autres énergies réellement renouvelables de sorte à garantir l’accès à l’énergie pour tous de façon soutenable ;
  • l’adoption d’un moratoire sur le financement des grands barrages tant que la BEI ne s’est pas dotée concrètement des meilleurs normes environnementales et sociales internationales en vigueur ;
  • le lancement d’une évaluation multipartite de sa politique de prêts à l’énergie pour déterminer comment les prêts de la BEI peuvent assurer le développement d’énergies réellement propres, bénéficiant aux plus pauvres et répondant aux objectifs de développement de l’UE, et mettre en oeuvre une politique cohérente en la matière.

Pour plus d’informations vous pouvez télécharger notre document de campagne ici et vous rendre sur le site : http://www.amisdelaterre.org/grandsbarrages

Campagne lancée par les Amis de la Terre France en partenariat avec : AITEC (Association internationale de techniciens, experts et chercheurs), ATTAC, Both Ends, CADTM Belgique, CADTM France, Campagna per la Riforma della Banca Mondial, CCFD-Terre Solidaire, CEE Bankwatch, Coordination SUD, CounterBalance, CRID, Ecologistas en Acción, France Libertés, Friends of the Earth Slovakia-CEPA, Ingénieurs sans Frontières, International Rivers, Réseau Foi et Justice Afrique-Europe, Réseau Une Seule Planète, Ritimo, Sherpa, Urgewald,http://www.amisdelaterre.org/grandsbarrages

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