Non aux forages d’hydrocarbures en Méditerranée
Par Gilles Héluin le vendredi 24 février 2012, 06:39 - Océans - Lien permanent
Non aux forages d’hydrocarbures en Méditerranée
Oui à un moratoire pendant la refonte du Code minier

Les associations et fondations signataires de ce communiqué de presse
demandent au gouvernement un moratoire sur les permis de prospection
d’hydrocarbures afin d’élaborer un projet d’avenir durable et cohérent pour la
Méditerranée notamment.
Elles demandent à l’État de ne pas renouveler le Permis Rhône Maritime et
d’effectuer un geste fort en faveur de la cohérence de son action pour la
protection de la Méditerranée depuis 50 ans.
La Méditerranée, mer fragile et protégée
La Méditerranée est menacée. Mer fragile, semi-fermée, elle est d’une très
grande richesse en termes de biodiversité et abrite un très grand nombre
d’espèces endémiques. Ces raisons ont conduit l'État, depuis plus de cinquante
ans, à multiplier les zones de protection (Parc national de Port-Cros, Parc
national des Calanques, réserve de Scandola en Corse, Parc naturel marin du
Golfe du Lion créé en octobre dernier, sanctuaire international Pelagos de
protection des cétacés, zones Natura 2000 en mer…). Une Zone de Protection
Écologique (ZPE) a même été créée en 2003 pour interdire les dégazages des
navires au large de ces zones protégées.
La recherche offshore ultraprofond d’hydrocarbures : le Permis
Rhône Maritime
Depuis 2000 un Permis exclusif de recherches d'hydrocarbures liquides ou gazeux
P569 dit de Rhône Maritime a été accordé sur une zone de plusieurs milliers de
km2 à quelques kilomètres seulement au large des côtes provençales, en plein
milieu de la ZPE. Après plusieurs changements de titulaires et une campagne
sismique menée en 2010 et entachée d’irrégularités le renouvellement de ce
permis est actuellement à l'instruction pour sa 3e et dernière période
(19/11/2010-19/11/2015) auprès d'Éric Besson ministre de l’Industrie, chargé
des Mines.
Des projets de forages à quelques km des côtes, 1000m plus profond
que BP dans le golfe du Mexique
Si ce renouvellement est accordé, le nouveau titulaire principal du Permis,
Noble Energie France SAS, réalisera une campagne d'acquisition de données
sismiques 3D dont les ondes sonores très puissantes sont extrêmement novices
pour les cétacés. Mais surtout il entreprendra dès 2013 trois forages tests en
offshore ultraprofond (-2600m) du type du tristement célèbre Deepwater Horizon
à quelques kilomètres seulement des côtes françaises. Outre Deepwater Horizon
(BP) dans le golfe du Mexique, une plateforme de la Shell (gisement Bonga) a
causé une marée noire de grande ampleur le 17 décembre dernier dans le golfe de
Guinée par - 2500m.
Un sous-sol instable : des tremblements de terre dans la zone
du Permis
Ce principe d'industrialisation de la Méditerranée française n’est pas
acceptable en raison de l'extrême fragilité de cette mer, de la richesse et de
l'endémisme de sa biodiversité. Le report des coordonnées géographiques des
épicentres des séismes enregistrés par le Réseau national de surveillance
sismique depuis 2004, fait apparaître deux épicentres en plein milieu de la
zone du Permis. Un séisme de magnitude 5.2 s’est produit le 7 juillet 2011 dont
l’épicentre était à proximité de la zone. Nul ne peut prétendre maîtriser quoi
ce soit par de telles profondeurs dans une zone instable.
Risques environnementaux et économiques majeurs
Les risques de dommages irréversibles à l’environnement sont fondés dès lors
qu’il s’agit d’hydrocarbures et quelle que soit leur nature liquide ou gazeuse.
Un accident dans cette zone constituerait une catastrophe majeure pour
l’économie touristique des trois régions méditerranéennes françaises.
Les associations et fondations signataires restent vigilantes et se
réservent le droit d’engager tout moyen juridique pour obtenir l’annulation du
renouvellement du Permis Rhône Maritime en se fondant notamment sur les
irrégularités qui entachent ce dossier.
WWF France
Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme
Surfrider Foundation

