Il y a 23 ans, l'usine Aprochim s'installait à Grez-en-Bouère en Mayenne.
Spécialisée dans la décontamination des transformateurs souillés aux polychlorobiphenyles (PCB), la société n'était pas la bienvenue, la population s'y étant déclarée opposée à 52% lors d'un référendum. La crainte : les risques pour la santé bien sûr. Les PCB sont reconnus comme polluants organiques persistants, cancérigènes et perturbateurs endocriniens, ils peuvent modifier le fonctionnement hormonal. Ingérés, le corps les stocke définitivement dans les graisses et les distille dans le sang, atteignant ainsi tous les organes.


En janvier2011, des analyses révélaient des taux anormalement élevés de PCB, de six à sept fois supérieurs à la norme dans l'herbe des pâturages, mais aussi dans la viande d'animaux d'élevage.
Depuis plusieurs troupeaux ont été abattus et début 2012, 29 habitants volontaires ont subi un prélèvement sanguin. Parmi eux, la détresse d'un homme atteint d'un cancer est particulièrement touchante. Son interrogation : sa maladie est elle liées aux PCB ?

L'immuno-pathologiste interviewé dans l'émission de France Inter indique que le risque pour la population concerne les gens qui consomment des produits locaux. Les femmes enceintes et leur futur enfant sont particulièrement exposés. Concernant les travailleurs, le spécialiste affirme un risque de cancer accru d'un facteur trois ainsi qu'une mortalité élevée de maladies cardio-vasculaires. Certains travailleurs sont mobilisés contre leur entreprise. L'un d'entre eux témoigne avoir subi des pressions pour se taire et quitter l'entreprise, après avoir fait l'objet de propositions financières pour partir. Un autre lutte de l'intérieur, il est encore salarié d'Aprochim mais est "mis au placard". L'activité de l'entreprise est actuellement tr-s faible. «Pendant des années, on a travaillé les bras nus, sans lunettes, sans autre protection qu'une combinaison de papier, raconte un salarié qui a porté plainte avec plusieurs collègues contre son employeur pour mise en danger d'autrui.

Certains accusent l'état d'avoir laissé l'usine s'auto-contrôler pendnat de très nombreuses années.
Une information judiciaire a été ouverte et le Conseil Régional s'est porté partie civile. Un procès aura lieu en mai à Paris, pour éviter les pressions locales. Récemment de nouveaux filtres ont bété installés. Il semble qu'ils soient efficaces. Mais la terre des environs est maintenant contaminée sur une profondeur de plusieurs centimètres et cela pour plusieurs dizaines à centaines d'années.
Les habitants, soutenus par l'association locale Terre et Vie d'Anjou n'ont pas devant eux un avenir radieux.

Le 15 février, la préfecture levait la mise en demeure de la société Aprochim :



Pour plus d’information

Lisez les articles :
http://www.actualites-news-environnement.com/27835-Grez-en-Bouere-village-empoisonne-PCB.html
http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/pollution-aux-pcb-la-mayenne-rale-08-02-2012-1593734.php
http://pays-de-la-loire.france3.fr/info/pcb-a-grez-en-bouere--operation-solidarite-72185931.html

Ecoutez l'émission Interception de France Inter :