La manipulation nucléaire
Par Gilles Héluin le mardi 14 février 2012, 06:34 - Nucléaire - Lien permanent
Le gouvernement est en passe de décider la prolongation de la vie des
centrales nucléaires au delà de 40 ans.
L'association Global Chance s'insurge contre une tentative de manipulation
irresponsable de l’opinion, qui s’appuie sur les conclusions d’un rapport
médiocre partial et bâclé.
Voici son communiqué.
Communiqué de l’association Global Chance 13 février 2012
La manipulation nucléaire
Trois jours avant la présentation officielle du rapport de la Commission
Energies 2050 mise en place le 11 octobre 2011 par le ministre de l’industrie
Eric Besson, la publication par ses services d’un petit document de 7 pages
intitulé « Enseignements
préliminaires du rapport « Energies 2050 »1 met en évidence la
tentative de manipulation grossière de l’opinion mise en place par le
Gouvernement avec l’aide (volontaire ou non) de la Commission Energies
2050.
Ce petit document, joliment illustré d’arbres verts, réussit dans les 7
pages qui le composent à éviter les mots clés du débat énergétique engagé à
l’occasion des présidentielles :
- Le mot de sûreté du parc nucléaire n’y apparaît jamais, alors que c’est
évidemment un point majeur du débat. Manifestement, la catastrophe de Fukushima
ne s’est jamais produite...
- Le mot d’économie d’électricité n’y figure pas non plus alors qu’il est une
composante majeure des stratégies alternatives présentées par l’opposition à la
stratégie de poursuite du nucléaire.
- Le mot de facture électrique pour l’usager n’y figure pas non plus,
permettant ainsi de réduire le débat à la comparaison des coûts de production
d’électricité (le coût du kWh) et « d’oublier » que la facture
électrique est le produit d’un coût au kWh par une quantité
d’électricité.
Ces éléments de « non langage » permettent à Eric Besson de
réduire pratiquement la question de la transition énergétique à celle de la
production d’électricité, au sein de laquelle il ne s’intéresse qu’au
nucléaire, et de justifier le choix d’une prolongation de la durée de vie du
parc actuel au nom de considérations économiques tronquées et au mépris total
de considérations de sûreté et de sécurité nucléaires.
Global Chance avait dénoncé dès le 27 janvier dernier dans une analyse critique du rapport
préliminaire de la Commission2 les prémisses d’une telle dérive en
déclarant :
« Ce document est un exercice de médiocre qualité, biaisé par des
erreurs factuelles, des non dits, des hypothèses implicites et des omissions
majeures, sans aucune analyse de cohérence, ni aucun recul par rapport aux
études analysées. Il distille ça et là des affirmations non étayées qui
relèvent plus de partis pris ou d’opinions subjectives que de jugements
objectifs. Cette complaisance et cette médiocrité méthodologique nuisent
gravement aux conclusions qui sont ainsi suggérées, sinon proposées aux
pouvoirs publics pour une politique énergétique à long terme de la France.
»
Global Chance dénonce cette tentative de manipulation irresponsable de
l’opinion, qui s’appuie sur les conclusions d’un rapport médiocre partial et
bâclé.
Nos concitoyens sont en droit d’attendre un débat argumenté sur les questions
énergétiques et non pas une « communication gouvernementale »
partisane, gommant délibérément les préoccupations légitimes de sûreté
nucléaire et de sécurité qu’ils expriment et les questions principales de la
transition énergétique.
Benjamin Dessus
Bernard Laponche


