Hier je réagissais à chaud à l'actualité largement commentée des tractations entre le PS et EELV en vue des élections de 2012.

Sans renier mes propos, il me parait nécessaire de ne pas uniquement voir le côté obscur des intentions des écologistes politiques.
Je croyais mon opinion forgée et stable et concluais avec une apparente certitude. Apparente seulement avec un peu de recul…

Tout d'abord je veux affirmer ma conviction que l'écologie politique est nécessaire.
Pas suffisante, mais nécessaire.

L'écologie associative est de son côté indispensable aussi, mais pas suffisante.
Le mouvement associatif renferme de grandes compétences et est capable d'obtenir des résultats concrets pour faire progresser l'écologie et faire en sorte que les activités humaines soient plus respectueuses de l'environnement. C'est indéniable.

Reste que sans une politique, sans des mécanismes sociétaux, sans des lois, sans cet ensemble adapté à une conversion écologique de notre société, l'objectif d'un monde soutenable et durable ne pourra pas être atteint.

Il est évident que cela ne sera pas mis en œuvre, en tout cas pas de manière suffisante, par les partis "traditionnels" de droite comme de gauche.
Les deux ne remettent pas en cause le modèle de société pour la rendre durable.

L'écologie politique, elle est plus à même de proposer et de mettre en œuvre les changements de société nécessaires au traitement des crises actuelles.
Elle a pour cela besoin de représentants élus.
Clairement, en France, les élections se faisant au scrutin majoritaire obligent les écologistes politiques à des alliances pour avoir des élus.
C'est en ce sens qu'une alliance pour les législatives de 2012 se justifie.
Il est évident aussi que seule une alliance avec un parti de gauche est envisageable pour les écologistes. C'est bien sûr avec le PS que cela devait se faire.

Après, je ne peux que revenir sur le questionnement de mon précédent billet qui peut se résumer à savoir jusqu'où l'on peut faire des concessions au PS qui, de manière spontanée ne va pas programmer les mesures nécessaires à un monde durable.

De quel côté voit-on pencher la balance si l'on y met notamment :
- d'un côté une trentaine de députés potentiels qui pourront infléchir la loi et la politique française en faveur de l'écologie ainsi que (finalement) une reconversion de la filière du retraitement et du MOX...
- et de l'autre côté l'absence de décision de sortie du nucléaire, la conservation du programme EPR, l'aéroport…

De quel côté ?

J'apprécie trop certains élus de l'écologie politique EELV, en vrac et de manière non exhaustive, Y.Cochet, J.Bové, F.Veillerette, M.Rivasi, M.C.Blandin, etc… pour négliger la nécessité d'avoir des élus écologistes dans les institutions locales, régionales, nationales et européennes.

Lorsque je vois la conviction et l'implication de membres de la société civile qui veulent peser et participer concrètement à la vie politique, comme c'est le cas d'Aurore par exemple, je me dis qu'il serait regrettable de ne pas les soutenir.

Une autre composante de la réflexion est le rapport de force institué par l'opinion publique qui serait provoqué par un bon score écologiste aux élections.
Évidemment un bon score écologiste pourrait, je dis bien pourrait, influer sur le programme et la politique du PS en cas de victoire.

Voila quelques aspects positifs des négociations PS-EELV qu'il fallait pour être plus juste aborder ici.

Alors, choisir le côté obscur ou pas ?
Une affaire de conviction, de sensibilité…