Les média s'en donnent à cœur joie. Il y a de quoi.
Je n'en doutais pas et cela étant bien loin d'être expert en politique, le PS et EELV sont parvenus à "s'entendre" en vue des élections de 2012.
S'entendre est-il bien le mot adéquat ? Peut être pas tant l'audition semble défaillante du côté PS…
Plutôt une question de rapport de forces sans doute…
Les deux formations politiques sont donc parvenues à un "accord".
Les guillemets encadrent ici le mot accord pourtant employé à la fois par Cécile Duflot et Martine Aubry, pour ne citer qu'elles parmi les dirigeants des deux partis.
Ces guillemet représentent tout le questionnement qui accompagne nécessairement les négociations qui ont été menées et qui semblent avoir abouti.
Abouti à quoi ?
A quelque chose qui attribue 65 circonscriptions aux écologistes politiques pour les législatives, représentant un potentiel d'une trentaine de députés en cas de victoire de la gauche.
A quelque chose de bien moins positif pour EELV sur deux sujets phares des discussion, il s'agit bien évidemment du nucléaire et du projet d'aéroport Notre Dame des Landes à Nantes.
Là, fiasco quasi général.
"L'accord" prévoit la fermeture programmée de 24 réacteurs nucléaires, dont celui de Fesseneim, le doyen des réacteurs français, situé dans une zone sismique. C'est bien le moins que l'on pouvait attendre.
Les points il n'y a pas si longtemps encore annoncés par EELV comme des incontournables à tout accord politique avec le PS, ces points sont absent de "l'accord".
Vous l'avez probablement lu et entendu, point de décision de sortie du nucléaire, point d'abandon du chantier EPR de Flamanville et de cette technologie, point d'arrêt de la filière menant au combustible MOX, point d'annulation de la décision de réaliser un nouvel aéroport à Nantes.
Des sujets sur lesquels F.Hollande a pris des positions claires et fermement opposées aux demandes des écologistes.
Les esprits moins chagrins que le mien mettront en avant qu'outre une évolution du PS sur la question des OGM, la fermeture de 24 réacteurs, "l'accord" prévoit la réduction de la part de l'électricité d'origine nucléaire qui passerait d'environ 80% actuellement à 50% en 2050.
Que sait-on de ce dernier point ?
Cette réduction de proportion sera-telle obtenue à production nucléaire constante par une baisse de consommation résultant d'une nécessaire sobriété de d'efficacité énergétique où la production d'électricité nucléaire baissera-t-elle en quantité ? En tout cas, 50% restera suffisant pour grever le développement des énergiques renouvelables et laisser un risque énorme d'accident majeur dans notre pays. En tout cas nous sommes bien loin de la voie indispensable à aller vers un monde soutenable et durable !

On m'a déjà écrit que de se positionner contre toute forme d'accord n'adressant pas les demandes "incontournables " des écologistes constitue un détournement de l'écologie politique.
Hé bien cette écologie politique là, je vous la laisse !
Puisque un accord était annoncé impossible sans décision de sortie du nucléaire, abandon de l'EPR etc… il ne s'agirait donc pas d'un accord ?
Est-il positif d'espérer avoir une trentaine de députés mais de sacrifier ses revendications entre autres sur le nucléaire, l'aéroport ?
Les députés écologistes infléchiront-ils l'orientation nucléocrate de M Hollande ?
Encore faudrait-il qu'on leur confie ce sujet, ce qui risque fort de n'être pas le cas.
Évidemment, le nucléaire n'est pas tout et les élus écologistes montrent très souvent leurs compétences, leur utilité, leurs résultats. j'en conviens.

Mais donc, s'il ne s'agit pas d'un accord, est-ce un compromis ? Une compromission ? Une trahison envers les écologistes ? Oserais-je dire "les vrais" ?
Aréva, EDF sont-ils intervenus pour faire reculer F.Hollande ?
Cécile Dufflot sera-t-elle vraiment parachutée à Paris pour les législatives ?
J.V. Placé veut-il se p… ositionner ?
Que pense réellement E.Joly de tout cela ?
Je n'ai ici nulle prétention ni envie d'influer sur votre opinion.
J'en sors quant à moi plus dégouté encore de la politique, tout en étant convaincu que des décisions politiques fortes sont indispensables pour traiter les crises actuelles.
Avec ce qui se profile pour la France de 2012, je ne doute même pas. Nous ne les aurons pas venant du sommet de l'État.
Quant à mon vote, plus d'indécision…