Je vous ai déjà parlé de l'archipel des sept iles, situé au large de Perros Guirec dans les côtes d'Armor en Bretagne.


Les sept iles sur la carte

A l'époque, un voyage en septembre avait été l'occasion d'observer la seule colonie française de fous de bassan ainsi que quelques phoques gris.

Ces iles étant aussi le seul site français de nidification d'une espèce parmi les plus rares d'Europe, le macareux moine, la tentation était forte d'y retourner à la saison appropriée à son observation.

C'est donc début juin qui fut choisi cette année, alors que fous et macareux sont en train de couver, peu avant l'éclosion de leur unique œuf.

Seul le bateau permet d'approcher les oiseux, iles obligent !
Les vedettes au départ de la plage du Testraou à Perros Guirec sont le moyen le plus classique pour qui n'a pas de bateau. Un choix à ne pas proscrire malgré son caractère éminemment touristique. Saluons les accompagnateurs sympathiques et compétents qui nous y donnent des informations bien rodées sur les animaux observés. Un conseil, préférer le départ du matin pour éviter certains groupes dont la compagnie n'est pas des plus agréables...

Autre possibilité plus difficile d'accès, le voilier. J'ai eu le plaisir de passer une journée à bord du Sant C'hireg, réplique d'un voilier traditionnel de 15 m de long et pouvant accueillir jusqu'à 23 personnes. Il faut réserver bien à l'avance et avoir la chance qu'une sortie soit programmée pour les particuliers, à une date où la météo s'avère finalement favorable le jour dit.
J'ai eu cette chance, et s'en est vraiment une car l'équipage est sympathique, compétent et accueillant.
Denis, skipper et initiateur du projet de création du voilier il y a plus de 20 ans, encadre la sortie avec gentillesse tout en nous faisant partager sa passion simple des choses du pays et de la mer.
Valérie, très compétente sur les oiseaux, nous donne les premiers rudiments de navigation et de terminologie.
Tangi, tout jeune capitaine de la marine marchande, nous raconte son expérience de la si particulière pèche à la coquille Saint Jacques.
Tous mènent le bateau avec compétence et gentillesse, nous invitant à participer aux manœuvres.


Un beau bateau, non ? - Photo © Gilles Héluin


De gauche à droite : Denis, Tangi, Valérie - Photo © Gilles Héluin


Tangi raconte son expérience de pêche - Photo © Gilles Héluin

L'embarquement a lieu au port de Perros Guirec et nous mettons le cap vers l'ile Rousic, celle située le plus à l'est de l'archipel, mais aussi celle qui accueille le plus d'oiseaux. On y trouve les fous de bassan mais aussi des macareux et pingouins torda, espèces inscrites à la liste rouge de l'UICN. Elles sont menacées par les hydrocarbures et la raréfaction de leurs ressources alimentaire résultant du réchauffement climatique.

Avec environ 170 couples de macareux nichant aux sept iles, l'effectif y serait en très légère augmentation. Quel espoir reste-t-il de voir ces magnifiques oiseaux continuer à fréquenter nos côtes (rappelons que cette colonie est unique en France), alors que l'on dénombrait 10 000 à 15 000 couples dans les années 1900 où leur nombre chuta de manière dramatique par la faute d'une chasse intensive, les assassins vêtus de kaki débarquant à cette époque de Paris par le train. Le site est heureusement maintenant protégé, géré par la LPO, association bientôt centenaire fondée ici même en 1912 en réaction au massacre des macareux. Cet oiseau est d'ailleurs l'emblème de l'association.
Les macareux nous ont gratifié de leur présence en nombre modéré. La période aurait été un peu plus favorable quelques jours plus tard, après l'éclosion des œufs, alors que les parents sortent d'avantage du nid pour pêcher de quoi nourrir leur petit. Ils étaient là, c'est le principal. Quel bonheur de voir cet oiseau au bec multicolore, sur l'eau, en vol ou au pied de son nid, lequel est signalé par un piquet implanté par les ornithologues.


Macareux - Photo © Gilles Héluin


Macareux - Photo © Gilles Héluin


Macareux et pingouins torda - Photo © Gilles Héluin


Macareux près du nid - Photo © Gilles Héluin

Contrairement au pingouin torda qui se montra plus rare encore que le macareux, le fou de bassan est là en masse. C'est d'ailleurs la colonie qui, bien que tournée vers le large, donne cette couleur blanche à la pointe de l'ile, couleur bien visible depuis le continent. Il faut dire que plus de 21000 couples nichent ici !
Outre cette quantité d'oiseaux impressionnante, l'espèce est remarquable par sa beauté et sa fidélité. Fidélité à la fois au niveau de son couple qui se reforme à l'Identique chaque année après la migration, que du choix de son nid, exactement le même, occupé année après année par le même couple.
Remarquable aussi la capacité de survie de l'espèce dont seulement un oisillon sur deux parviendra à l'état adulte, ayant essuyé les difficulté du premier envol qui se fait après être tombé à l'eau et y avoir séjourné plusieurs jours en échappant (ou pas) à ses prédateurs.
Impressionnantes aussi les quelques 21000 tonnes de poissons pêchés quotidiennement par la colonie, pèche pour laquelle chaque oiseau doit parcourir plusieurs centaines de kilomètres chaque jour !


La colonie de fous de bassan - Photo © Gilles Héluin


Le voilier, idéal pour l'observation Photo © Gilles Héluin


Du monde au m2 ! - Photo © Gilles Héluin


Un bien bel oiseau - Photo © Gilles Héluin


En vol - Photo © Gilles Héluin

Quittons les oiseaux pour les mammifères marins. L'archipel abrite en effet une colonie d'une vingtaine de phoques gris. Cette année ils ne furent pas avares de leur présence sur les rochers où l'on pourrait même penser qu'ils prennent la pose pour les photographes. Ils ont cependant tôt fait de plonger si le bateau s'approche un peu trop à leur gout. Il est alors sympa de voir cette tête à museau pointer hors de l'eau !


Phoque gris - Photo © Gilles Héluin


Phoque gris - Photo © Gilles Héluin


Phoque gris - Photo © Gilles Héluin

Mon avis

Pour passer une excellente journée aux sept iles, contactez Denis, skipper du voilier Sant C'hireg.

Pour plus d’information

http://www.santguirec.com/
http://bretagne-biodiversite.org/juin