Les 190 pays parties prenantes à Cancun sont parvenus à un accord !

C'est sans doute un succès en tant que tel que d'être arrivé à un accord.

Mais sera-t-il à même de garantir la limitation du réchauffement climatique à 2°C par rapport aux niveaux préindustriels ?

Pas si sûr...


Promesse juridiquement contraignante consistant à réunir 100 milliards de dollars d’aide pour les pays pauvres d’ici 2020.

Concrétisation du Redd +, un mécanisme permettant aux pays forestiers, luttant efficacement contre la déforestation, de générer des crédits d’émission, cessibles sur un marché (la déforestation est réputée être à l’origine de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre).

Mise en place du comité de l’adaptation qui sera en charge de la coordination des politiques nationales d’adaptation aux conséquences des changements climatiques. Il devra notamment aider les pays les plus pauvres à accéder à de nouvelles ressources d’eau douce, à renforcer leur système de santé et leur sécurité alimentaire et à protéger les écosystèmes lacustres et marins.

Ces dispositions seront-elle concrètement efficaces ?

« C’est la première fois que les pays se sont mis d’accord sur un ensemble aussi large d’instruments et d’outils qui vont aider les pays en développement en particulier » a déclaré Christiana Figueres, directrice du Secrétariat des Nations Unies sur le changement climatique.

« Cancun pourrait avoir sauvé le processus de discussion mais n’a pas encore sauvé le climat » a déclaré Wendel Trio de Greenpeace.

Le groupe altermondialiste BIZI prend une position toute autre dans un communiqué de ce 14/12 :
« Malgré les belles présentations qui en ont été faites, l’Accord de Cancún ne fait qu'officialiser l'Accord désastreux de Copenhague. L'objectif de définir dés aujourd'hui la suite au protocole de Kyoto pour qu'elle puisse rentrer en vigueur fin 2012, date de péremption de l'actuel protocole) a été abandonné, ce qui est un renoncement majeur au regard des objectifs de la conférence de Bali en 2007. Encore plus enterré pour le moment la perspective d'un Accord plus ambitieux et contraignant que le protocole de Kyoto. Ne parlons même pas de l'objectif des 1,5° porté entre autres par les pays d'Afrique. La France de Nicolas Sarkozy qui s'est refusée à défendre à Cancun l'objectif pourtant minimaliste de 30% de réduction des émissions européennes d’ici à 2020, appuyé par plusieurs pays européens et par le parlement européen, démontre bien là le fossé criminel qui existe entre les belles paroles du Grenelle de l'Environnement et la pratique réelle de ce gouvernement. »

Pour le mouvement Urgence Climatique Justice Sociale :
« Compte-tenu de l’urgence climatique, il n’y a qu’une seule façon d’évaluer un accord : permet-il de réduire drastiquement les émissions de GES ? A la lecture des deux textes issus des négociations de Cancun, la COP-16 n’aura pas été à la hauteur des enjeux – alors que les espérances n'étaient déjà pas très grandes – puisqu'en l'état nous obtiendrions une augmentation de la température de plus de 4°C. Par ailleurs, le seul instrument légalement contraignant actuel, le protocole de Kyoto, est considérablement affaibli. Les sources de financements ne sont pas précisées et le rôle de la Banque Mondiale confirmé. Au final, les grands gagnants sont les Etats-Unis et la Chine, leurs exigences ayant toutes été respectées. Les réalités géopolitiques et économiques l'ont emporté sur le climat. Preuve en est qu’on ne sauvera pas le climat sans changer le système. »

Mon avis

Ce qui pourrait réduire le réchauffement climatique, ce serait une réelle prise de conscience et une transformation mondiale de la société de consommation. Je n'y crois pas, suis-je trop pessimiste ?
Ce qui pourrait intervenir de manière positive, c'est tout simplement la raréfaction des matières premières.
Faute de matière, la consommation diminuera d'elle même ainsi que la pollution concomitante.
Reste que la société capitaliste poussera le système au maximum... quitte à polluer un maximum pour extraire les dernières matières premières...
L'extraction du pétrole dans les sables bitumineux en est une illustration.


Action Greenpeace