Incendies de forêts en Russie : très faible risque de contamination pour la France selon l'IRSN
Par Gilles Héluin le mardi 10 août 2010, 19:15 - Nucléaire - Lien permanent
Selon l'Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), les incendies de forêts en Russie n'induisent qu'un très faible risque de contamination pour la France. Voici l'analyse de la situation selon cet organisme public français, en date du 6 Aout.

Carte de situation © Google Earth
Si les incendies de forêts actuellement en cours en Russie touchaient des
zones contaminées par les retombées radioactives de l’accident de Tchernobyl
survenu en 1986, le risque serait une contamination de l’air par la remise en
suspension de particules radioactives (notamment de césium 137) lors de la
combustion du bois.
En tout état de cause, les quantités de Césium (et à moindre degré de
Strontium 90) qui pourraient être remises en suspension par des feux de forêt
seraient sans commune mesure avec celles rejetées par le réacteur de Tchernobyl
accidenté en 1986 (1).
Les traces de radioactivité qui pourraient alors être mesurées en France
seraient trop faibles pour représenter un risque pour la santé et
l'environnement, comme l’a déjà montré un épisode précédent de feux de forêts
en Russie, Biélorussie et Ukraine en septembre 2002.

Figure : Évolution de l’activité moyenne du césium 137 de l’air en France
de mai à octobre 2002 et moyenne annuelle
Toutefois, il faut souligner que ces niveaux de radioactivité du césium 137 mesurées en France lors des épisodes d’incendie dans les pays de l’Est, ont été dix à cent millions de fois plus faibles que le niveau de radioactivité naturelle dû à la présence permanente de radon dans l’air (2).
Néanmoins, il convient de remarquer qu’en raison de leur très faible niveau de concentration, ces particules radioactives nécessitent pour être détectées des stations de prélèvement d’aérosols à grand débit (stations du réseau OPERA-Air).
Les filtres recueillant les particules doivent alors faire l’objet de traitement au sein de laboratoires de haute performance, et être analysés pendant plusieurs semaines. Il ne s’agit donc pas d’une mesure de radioactivité en temps réel, comme celle réalisée par le réseau d’alerte TELERAY destiné à détecter des niveaux de radioactivité beaucoup plus élevés.
L’ensemble des résultats de mesures seront disponibles via le Portail IRSN
de surveillance de la radioactivité dans l'environnement (http://environnement.irsn.fr).
Notes :
(1)- Consulter
les dossiers sur l’accident de Tchernobyl.
(2)- Pour plus d’information, lire notre fiche d’information « Incendies
de forêts dans les pays de l’Est : mesures de la contamination de l’air
par l’IRSN » (document pdf).
Mon avis
Peut-on avoir pleinement confiance dans cet établissement public qu'est
l'IRSN ? Je m'interroge...
Quoi qu'il en soit, il me paraissait intéressant de vous communiquer cet
avis.
Nous suivrons bien sûr l'évolution de la situation en souhaitant que le moins
de radioactivité possible ne soit diffusée dans l'atmosphère.



Commentaires
Lorsque l'ISRN précise que "les activités de césium 137 mesurées en France lors des épisodes d’incendie (...) sont dix à cent millions de fois plus faibles que les activités du radon présent en permanence dans l’air", il oublie de dire que son graphique suivant (voir le lien de la note 2 de votre article) indique que les concentrations de césium en dehors des incendies de régions contaminées sont habituellement de 100 millions à 1 milliard de fois plus faibles que celles du radon.
Je ne crois pas que cette hausse de 1000% ait été dangereuse pour la santé et l'environnement, mais peut-on vraiment faire confiance à une agence gouvernementale concernant la radioactivité quand on voit la grossière manipulation des chiffres qu'elle propose comme analyse ?
Je crois que 24 ans après Tchernobyl, l'omerta (no comment) et le mensonge (le nuage nous a évités) sont toujours de mise : voir les fuites radioactives dans la vallée du Rhône et ailleurs ces dernières années...
Nous sommes tout à fait d'accord Anna.
Ceci dit en avril 2003, l'IRSN publiait une carte de la contamination de la France par le nuage de Tchernobyl. Il s'agissait d'un évènement pare que, pour la première fois, un service d'Etat publiait une carte très proche de celle publiée par la Criirad.
Je me dit aussi que l'action de la CRIIRAD est de nature à éviter que l'IRSN ne publie de fausses informations.
1 les concentrations de césium en dehors des incendies de régions contaminées sont habituellement de 100 millions à 1 milliard de fois plus faibles que celles du radon.
2 il y a une hausse de 1000% au moins
3 quand il s'agit de nucléaire l'état ment souvent
je pense que cette hausse a beau être modérée(1000% ca fait quand même 10 X plus que la normale), il y a quand même des risques pour la santé !
comme d'habitude on ne le sais que trop tard peut etre qu'avec ces incendies il y aura un nouveau nuage de tchernobyl qui s'arrètera à la frontière!