Au moment où BP semble sur le point de colmater définitivement le puits responsable de la pire marée noire qu'ont connu les États Unis, la question se pose du devenir de l'énorme quantité de pétrole déversée dans l'environnement.

Selon les estimations, entre 4 et 5 millions de barils -soit environ 780 millions de litres- se sont échappés du puits. Seulement 800 000 barils (127 millions de litres) de ce brut auraient été récupérés par BP grâce aux incendies contrôlés et à l'aide de bateaux écumeurs.


Photo : Greenpeace.

La quantité de pétrole déversée est seize fois plus importante que la marée noire de 1989, provoquée par le naufrage du pétrolier Exxon Valdez en Alaska. C'est la deuxième marée noire de l'histoire du pétrole, la plus importante ayant eu lieu en 1991, lors de la guerre du Golfe, lorsque l'armée irakienne avait ouvert les vannes de plusieurs pipelines.

Par l'effet des fortes températures qui sévissent dans le golfe du Mexique, environ 30% du pétrole s'est évaporé selon l'expert pétrolier Jean-François Giannesi.

Environ trois quarts du brut déversé serait « éliminé » : évaporé donc, récupéré pour environ 16%, ou dégradé par les micro-organismes et les 7 millions de litres de dispersant déversés dans l'océan.

Au passage, quel est vraiment l'impact de ses dispersants sur l'environnement ?
Les associations ont dénoncé ce procédé, à l'instar de Greenpeace qui soupçonne ces produits d'être toxiques. Après avoir réalisé des tests, l'Agence américaine de protection de l'environnement a nuancé ces craintes, assurant que le mélange ne l'était «pas plus (…) que le pétrole lui-même».v

Quid du quart du pétrole restant ? Certains experts pensent qu'il aurait coulé et stagnerait dans les profondeurs océaniques, ce qui aurait des conséquences désastreuses sur les écosystèmes marins.
On ne peut pour l'instant en avoir une idée précise, mais pour certains le pire est à venir. Impossible non plus d'évaluer pour le moment quelle quantité de pétrole restera sous la surface de la mer. Selon James Cowan, océanographe, il reste des boulettes de goudron "de la taille d'un grain de sable". Mais, explique-t-il dans Libération, ces dernières peuvent "ressurgir des dizaines d'années plus tard".
De même la présence d'hydrocarbures dans l'eau aurait un impact à long terme sur l'écosystème : mortalité anormalement élevée, malformations. "Après l'accident de l'Exxon Valdez, en 1989 sur les côtes de l'Alaska, explique-t-il, on n'avait pas vu non plus beaucoup de poissons morts sur le coup, mais, vingt ans plus tard, les harengs ne se reproduisent toujours pas normalement."

Mon avis

Un cas où il ne faut pas croire ce que l'on voit.
Le mal n'est pas forcément visible et il perdurera très longtemps.