OGM en France, une manœuvre très suspecte, la fin du moratoire français sur la culture des OGM ?
Par Gilles Héluin le jeudi 5 août 2010, 06:56 - OGM - Lien permanent
A la demande de plusieurs entreprises semencières, le ministre de
l’Agriculture, Bruno Lemaire, a inscrit, le 20 juillet dernier, au catalogue
français des semences 36 variétés de maïs génétiquement modifié Mon810 et deux
variétés de maïs GM T25.
Cette inscription au catalogue français des semences a de quoi étonner. En fait, cette inscription fait automatiquement accéder ces semences OGM au catalogue européen. Les entreprises françaises peuvent ainsi en commercialiser les semences dans les pays où le Mon810 n’est pas interdit.
Alors que la France a provisoirement interdit la culture du maïs Mon810 sur
son territoire en activant la désormais bien connue clause de sauvegarde, ce
n'est pas le cas pour le maïs GM T25 (contrairement à l’Autriche).
Le GM T25 de Bayer n’est pas cultivé sur le territoire européen. La
Commission européenne indiquait à l'association inf'OGM qu’aucune variété de
maïs T25 n’a été inscrite au catalogue européen. Or, pour être mise sur le
marché européen, et donc être cultivée, une semence doit être inscrite au
catalogue. Ceci est chose faite par l'action de la France.
Donc,ce maïs pourrait ainsi être cultivé partout en Europe et aussi en
France.
Est-ce la volonté du gouvernement ?
La question mérite d'être posée sur cette affaire qui ressemble fort à une
manœuvre !
Inf’OGM demande que toute la transparence soit faite sur
cette affaire.
France Nature Environnement (FNE) déclare:
FNE constate l’incohérence du gouvernement en matière de politique agricole vis-à-vis des OGM, pour servir les intérêts des firmes semencières plutôt que l’intérêt général. La fédération demande instamment le retrait de ces nouvelles inscriptions au catalogue de semences transgéniques ainsi qu’une action renforcée au niveau européen pour qu’enfin l’évaluation des OGM soit transparente et indépendante grâce à des contre expertises pluridisciplinaires, ce qui serait le minimum. FNE affirme que tous les avis favorables rendus jusque là en faveur des OGM par la CE devraient être invalidés, à la fois pour des raisons scientifiques et politiques : on ne se donne pas les moyens de certifier l’absence de toxicité des produits et l’on ne respecte pas l’expression démocratique au sein même des instances européennes. Ce serait un comble que la France avalise ces pratiques et désavoue ses prises de positions en faveur du Bien commun !
Pour plus d’information
Lisez le communiqué
d'Inf'OGM.
Lisez le
communiqué de FNE.
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Mon avis
C'est une affaire très sérieuse, qui pourrait marquer une volonté
gouvernementale de mettre fin au moratoire sur la culture des OGM.
Si c'était le cas, nous aurions là besoin d'une mobilisation de masse des
acteurs de la protection environnementale !
Même si ce n'était pas le cas, l'action gouvernementale fait courir des risques
inacceptables pour la santé humaine et l'environnement.



