Faute de majorité au sein des Etats membres, la Commission européenne a autorisé, mercredi 28 juillet, l'importation au sein de l'Union de cinq nouvelles variétés de maïs OGM, essentiellement destinées à l'alimentation animale et a reconduit l’autorisation du maïs BT 11.

Les OGM nouvellement autorisés sont :

  • Bt11xGA21 de Syngenta,
  • 1507x59122 de Dow agroscience/Pioneer,
  • 59122x1507xNK603 de Monsanto ,
  • Mon88017xMon810 de Monsanto,
  • Mon89034xNk603 de Monsanto


Ces autorisations (d'une validité de 10 ans) permettent l'entrée sur le territoire européen de ces organismes génétiquement modifiés (OGM) ainsi que leur transformation à des fins alimentaires pour l'homme ou les animaux, mais pas leur mise en culture.

Ces nouvelles autorisations portent à 37 au total le nombre d'OGM homologués au sein de l'Union européenne, la toute grande majorité pour l'importation et la transformation seulement.

En attendant que les Etats membres, le Parlement européen et la Commission se mettent d'accord, d'autres OGM sont en cours d'autorisation et notamment pour une mise en culture : renouvellement de l'autorisation du maïs MON 810 de Monsanto, le maïs BT 1507 de Pionneer, le maïs Bt 11 de Syngenta et le maïs NH 603 de Monsanto. À l'heure actuelle seule le MON 810 et la pomme de terre Amflora sont autorisés à la culture en Europe.

Attac France considère que cette décision devrait entraîner une circulation encore bien plus importante des produits transgéniques au sein de l’Union européenne et déclare :

ATTAC s’oppose pour de multiples raisons à la diffusion en agriculture des produits transgéniques : évaluation totalement insuffisante des risques sanitaires et environnementaux, main-mise renforcée sur le marché des semences, qui menace directement l’autonomie des paysans et la biodiversité cultivée… La décision de la Commission européenne se heurte à l’opinion des citoyens européens, qui refusent en grande majorité les OGM et réclament une agriculture paysanne de qualité. ATTAC continuera de se battre, avec la Coordination européenne Via Campesina, avec le mouvement des faucheurs volontaires et l’ensemble du mouvement alteramondialiste, pour bloquer la diffusion des OGM et inscrire cette mobilisation dans le débat sur la PAC 2013, pour une agriculture européenne durable qui garantisse un revenu équitable à tous les agriculteurs et qui respecte la souveraineté alimentaire."


La Confédération Paysanne

déplore la décision de la Commission Européenne d'autoriser 6 maïs OGM, et tient à souligner que cette autorisation révèle un mécanisme bien huilé permettant à l'industrie de dicter la politique européenne : Les Etats membres n'arrivant pas à prendre une position commune à la majorité qualifiée, c'est la Commission qui prend une décision à leur place au lieu d'attendre qu'ils se mettent d'accord. La Commission ne peut alors qu'appliquer l'avis des experts de l'AESA, issus de l'industrie, qu'elle a elle-même nommés.
En effet, en matière d'évaluation d'OGM, il n'y a pas de budget public suffisant permettant à des scientifiques de mener des travaux conséquents sans être financés de l'industrie. C'est pourquoi la majorité des scientifiques "compétents" sur les OGM - parmi lesquels sont recrutés les experts - sont directement dépendants de l'industrie, pour pouvoir se former et travailler : la boucle est ainsi bouclée.
Une fois de plus la quantité d'OGM importés augmentera et la tromperie des consommateurs s'accentuera, puisque ces OGM servent avant tout à nourrir les élevages européens dont les produits sont mis sur le marché et dans la chaîne alimentaire sans aucun étiquetage spécifique.




Mon avis

Cette situation où une autorisation par la Commission Européenne par défaut de consensus des Etats Membres est d'autant plus insupportable que les avis scientifiques sur lesquels la Commission fonde ses décisions sont des plus contestés !