Attention, OGM "cachés" !
Par Gilles Héluin le mardi 17 août 2010, 06:54 - OGM - Lien permanent
Les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) dont on parle habituellement sont ceux obtenus par transgenèse, autrement dit par l'introduction de gène(s) étranger(s) dans un organisme.
Derrière ces OGMs désormais bien connus, il existe aussi d'autres types de
manipulations génétiques, notamment la mutagenèse et la fusion
cellulaire.
Quoi qu’il en soit, il s’agit bien d’organismes génétiquement modifiés,
décrits comme tels par l’Union européenne.
Les organismes issus de ces techniques, déjà commercialisés pour certains, ne sont soumis à aucun contrôle avant leur mise sur le marché. L'Union Européenne dans sa directive 2001/18 tout en reconnaissant que ces types d'organisme sont bien des OGM, les exclut du champ d'application de la directive.
Il pousse déjà dans nos champs un tournesol obtenu par mutagenèse chimique
(exposition à une substance chimique), commercialisé par la firme Pioneer
(filiale de Dupont Nemours), qui résiste à un pesticide commercialisé par...
Pioneer.
Il existe aussi une mutagénèse physique obtenue par irradiation et qui donne
les OGMI. C'est une irradiation par des rayons gamma qui apportent beaucoup
d’énergie et perturbent la stabilité des gènes et les font muter. L’objectif
dans les OGMI est d’obtenir une énorme quantité de mutants pour les analyser.
Le tri se fait alors de façon phénotypique, c’est-à-dire en fonction de la
différence telle qu’elle apparaît, à la différence de la génotypie (différence
des gènes). Lorsqu’on expose des semences à l’irradiation, elles reçoivent 10
kilogray, ce qui représente un taux de 10 millions supérieur aux taux
d’irradiation naturels constatés !
Les OGM cachés présentent les mêmes dangers que les transgéniques. Au delà des risques bien réels pour la santé et pour l'environnement, ces différentes techniques permettent d'aller toujours plus loin dans la privatisation du vivant et rendent les agriculteurs qui les utilisent prisonniers des semenciers.
C'est pour alerter et protester contre la diffusion silencieuse de ces
techniques que les Faucheurs Volontaires ont coupé, le samedi 24 juillet, deux
champs de tournesols mutés en Indre et Loire.

Les faucheurs en Indre et Loire

La confédération paysanne déclare :
L'impact sur la santé et l'environnement de ces OGM et l'impact des modifications génétiques non intentionnelles n'a jamais été évalué. L'impact de l'arrosage du tournesol par l'herbicide sur la santé des personnes et des animaux d'élevage qui le consomment, sur les insectes pollinisateurs qui le butinent, les oiseaux qui mangent ces insectes... n'a jamais été évalué. Le risque de prolifération de plantes résistantes aux herbicides, aggravé par l'utilisation sur le tournesol du même herbicide déjà trop employé sur d'autres cultures comme le blé, n'a jamais été évalué. Aucune précaution n'est prise contre les risques de contamination au champ des cultures conventionnelles ou biologiques et de l'ensemble de la chaîne alimentaire par ces gènes manipulés. Les paysans et les consommateurs ne disposent d'aucune information sur ces risques ni sur le caractère OGM des plantes qu'ils cultivent ou qu'ils consomment. Les paysans ne sont pas informés des brevets et des Certificats d'Obtention Végétale qui protègent ces plantes et les exposent à voir le fruit de leur travail saisi s'ils tentent de ressemer une partie de leur récolte sans verser de lourdes royalties aux firmes semencières.
Nous ne laisserons pas les paysans, les consommateurs et l'environnement devenir les cobayes d'expérimentations à grande échelle des laboratoires de génie génétique. Nous ne laisserons pas une poignée de firmes multinationales s'emparer de l'ensemble des semences et de l'alimentation !
La Confédération Paysanne exige que les variétés obtenues par mutagénèse soit appréhendées comme des OGM. La Confédération Paysanne s'oppose à la nouvelle prolifération clandestine de ces OGM cachés dans nos champs et nos assiettes et à la confiscation de la souveraineté alimentaire des peuples par les brevets et les Certificats d'Obtention Végétales sur les plantes.
Sources :
Médiapart
Combat
Monsanto
Confédération Paysanne
Pour plus d’information
Lisez l'article sur le site Combat Monsanto
Mon avis
Encore et toujours :





