Arret des lâchers d'ours dans les Pyrénées
Par Gilles Héluin le mercredi 28 juillet 2010, 06:53 - Animaux - Lien permanent
Ils sont à ce qu'on dit entre 19 et 22 dans les Pyrénées.
Qui ? Quoi ?
Les ours.

Chantal Jouanno a annoncé lundi 26 juillet que la population d'ours ne sera pas renforcée, mais que de nouveaux lâchers interviendront si un ours vient à disparaître.
«L'objectif est de conserver une population viable, c'est à dire qui se reproduit, sans besoin d'introduction», a déclaré Chantal Jouanno qui a ajuté «Chaque ours sera remplacé» en cas de décès. Ainsi, une ourse sera introduite dans le Béarn, pour remplacer l'ourse Franska, tuée lors d'un accident de la circulation en 2007, mais pas avant le printemps 2011.
Le WWF prend acte de cette décision des pouvoirs publics car elle envoi un signal fort aux opposants, amis indique que cette décision ne répond pas à l’ambition de faire des ours une espèce non menacée de disparition sur le territoire métropolitain.
Les associations qui défendent la présence de l'ours dans les Pyrénées demandaient de porter la population à 50 ours afin d'assurer définitivement la pérennité de l'espèce dans le massif. «Avec des mesurettes de maintien de la population existante et non de restauration d'une population viable, la France cède donc à une minorité d'anti-nature», a réagi l'assocation Ferus.
Le WWF met en garde celles et ceux qui seraient trop prompts à vouloir faire
des Pyrénées un massif sans ours et rappelant que la France est actuellement
sous le coup d’une plainte au niveau européen pour ne pas respecter ses
engagements relatifs à la protection de l’ours brun comme l’y contraint la
directive Habitats Faune Flore. Selon Serge Orru, Directeur général du
WWF-France « La question n’est pas d’être pour ou contre l’ours mais de
permettre de vivre avec l’ours en créant les conditions d’une coexistence
pacifique et harmonieuse entre les activités pastorales et ce symbole
historique de l’identité des Pyrénées. Comment se fait-il que l’on reste sur
des crispations inutiles et dépassées pour les derniers ours des Pyrénées alors
que cela se passe plutôt bien en Slovénie, en Roumanie ou en Finlande où, les
populations d’ours dépassent plusieurs centaines de bêtes et sont souvent une
ressource économique majeure pour ces pays ? En cette année internationale
de la biodiversité, la France doit avoir le courage d’entamer sa révolution
culturelle sur la biodiversité et comprendre que sa richesse est une chance
économique. »
Mon avis
Au risque de faire réagir les associations environnementales, je trouve que
la situation dans les Pyrénées n'est pas propice à la réintroduction, à la vie
d'une population d'ours.
Ceci est peut être davantage lié au contexte humain, celui de la population
locale, probablement même s'il s'agit d'une minorité, que lié au contexte
naturel et environnemental lui même.
C'est bien dommage, mais dans de telles circonstances, l'homme a-t-il le droit
de faire souffrir, voire même de courir le risque de faire mourir des animaux
?
Je pense que non.



Commentaires
juste une précision : les ours capturés en Slovénie et relâchés en France sont issus du quota de chasse en Slovénie donc destinés à être abattu. à la place d'un ours, je préfère la France, c'est vite vu !! D'autre part, tous les ours relâchés en France ne sont pas tués comme Ziva et Pyros relâchés en 1990 et toujours présents (et géniteurs de la majorité des portées). au vu du nombre d'ours tués ces dernières années en Slovénie (chasse, accidents routiers) et en France, le taux de mortalité est inférieur en France qu'en Slovénie !! La seule différence (et très très importante), c'est qu'avec une population de 15-20 ours dans les Pyrénées, chaque cas de mortalité est dramatique, très médiatique (à juste titre) et tout le monde en entend parler.
La Slovénie organise l'abattage d'ours pour maintenir un équilibre écologique satisfaisant.
Je n'ai rien à redire à cela si tant est qu'il soit exact que des experts sont associés à cette gestion.
70 ours devaient être abattus en Slovénie en 2009 sur les plus de 430 de la population estimée.
Cela fait quand même 16%.
Si 1 des 19 ours français est tué, cela fait 5%.
1 ours assassiné ou accidenté par an en France a donc un impact 3 fois moindre que la mortalité par régulation en Slovénie.
Personnellement je ne me met à la place d'aucun ours, n'ayant cure de me demander si je préférerais être "régulé, "accidenté" ou assassiné...
Mettons maintenant tout ceci à part.
Je me demande d'un point de vue strictement écologique, quelle population d'ours es Pyrénées pourraient accueillir.
Je lis ici que la France pourrait héberger 400 à 500 ours.
Si cela est vrai, cela répond à une de mes questions et dans ce cas lèverait une de mes réticences.
Enfin resterait la question de la mentalité et des débordements violents d'une minorité de nos concitoyens.
Là encore l'ours n'en a cure, et peut être, sur ce coup là, ais-je tendance à lâcher prise trop vite.
Quant à la transplantation des animaux en elle même, j'aimerai bien avoir l'avis de naturalistes connaisseurs.
Les ours slovènes la vivent-elle bien ?
En effet les Pyrénées sont un habitat très favorable qui pourraient abriter 500 ours. Évidemment être capturé, transporté et relâché est stressant mais l'ours se fait rapidement à son nouvel environnement. Mais au delà d'une question éthique concernant l'individu et pas l'espèce, peut on laisser mourir les ours dans les Pyrénées ? Dans le Béarn, il n'y a que 3 ours depuis des années, tous des mâles. L'un deux, le dernier 100 % pyrénéen, a le corps à moitié pelé suite à une maladie de peau que certains experts attribuent au stress du à l'absence de femelles ... Et je le répète tous les ours dans le Pyrénées ne sont pas assassinés, loin de là ! D'autre part, même dans les pays où la chasse à l'ours existe, le braconnage est présent