Algues vertes, le gouvernement à la ramasse
Par Gilles Héluin le mardi 20 juillet 2010, 06:25 - Environnement - Lien permanent
Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, et la secrétaire d’Etat à
l’Ecologie, Chantal Jouanno, ont inauguré lundi 19 juillet une usine de
traitement des algues vertes, à Binic, dans les Côtes
d’Armor.
L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de
l'environnement et du travail, dans un avis publié le 15 juillet émetait
plusieurs recommandations visant à protéger le public et les travailleurs
exposés aux algues vertes et aux dégagements de gaz toxiques issus des dépôts
en putréfaction.
Elle recommande le ramassage d'algues vertes dites fraîches dans les
24 heures ou les 36 heures qui suivent leur arrivée sur les plages.
Lorsqu'elles sont en état de putréfaction, ces algues dégagent du sulfure
d'hydrogène pouvant provoquer irritations des voies respiratoires voire, lors
de concentration élevée, entraîner un arrêt cardiaque.
L'agence rappelle également aux promeneurs de ne pas pénétrer dans les zones
touchées signalées par des panneaux d'information et, plus généralement, de ne
pas s'approcher des dépôts d'algues.
Même si les ministres ont fini par reconnaître la responsabilité des
éleveurs - tout en insistant sur leur prise de conscience, “Les agriculteurs,
notamment les éleveurs, ont fait des efforts considérables au cours des dix
dernières années pour réduire les taux de nitrates dans l’eau. (...) Il faut
poursuivre dans ce sens là et c’est compliqué”, déclarait Bruno Le Maire,
le gouvernement axe son action sur le ramassage et le retraitement des
algues.
Les associations de défense de l’environnement sont
navrées.
On les comprend.
“Là même où il (l’Etat) devrait cesser tout accroissement de cheptel, il laisse
ses préfets autoriser des extensions d’élevage”, s’emporte Michel Guillemot, le
président de "Halte aux marées vertes".
Mis en cause : l'amendement (dans le cadre de la loi sur la
modernisation agricole) du député Marc Le Fur, visant à permettre, sans aucune
autorisation, l'extension des porcheries de 450 à 2000 têtes (voire de 30 000 à
40 000 têtes pour les poulaillers). Cet amendement avait été rejeté après avoir
provoqué des remous, pour laisser place à un compromis assez flou.
Mme Jouanno a déclaré qu’il s’agit d’un « phénomène très
spécifique » à la Bretagne et qu’ « il faut aller beaucoup plus loin
que les normes européennes, et réduire encore de plus de la moitié, voire
diviser par trois, ces nitrates dans les eaux pour essayer de régler ce
problème ». Et d’épingler l’amendement Le Fur : « On peut comprendre
qu’il y ait une volonté d’avoir des règles moins compliquées, en tout cas plus
claires, mais un assouplissement il en est hors de question ».
Des déclarations de bonnes attentions mais rien de concrètement efficace,
pas de plan d'actions traitant le problème à sa base (l'élevage intensif) et de
manière drastique.
Le gouvernement est donc "à la ramasse" (des algues) !
Un mauvais jeu de mots pour contenir l'énervement qui monte !



