Le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, et la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno, ont inauguré lundi 19 juillet une usine de traitement des algues vertes, à Binic, dans les Côtes d’Armor.

L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, dans un avis publié le 15 juillet émetait plusieurs recommandations visant à protéger le public et les travailleurs exposés aux algues vertes et aux dégagements de gaz toxiques issus des dépôts en putréfaction.
Elle recommande le ramassage d'algues vertes dites fraîches dans les 24 heures ou les 36 heures qui suivent leur arrivée sur les plages.
Lorsqu'elles sont en état de putréfaction, ces algues dégagent du sulfure d'hydrogène pouvant provoquer irritations des voies respiratoires voire, lors de concentration élevée, entraîner un arrêt cardiaque.
L'agence rappelle également aux promeneurs de ne pas pénétrer dans les zones touchées signalées par des panneaux d'information et, plus généralement, de ne pas s'approcher des dépôts d'algues.

Même si les ministres ont fini par reconnaître la responsabilité des éleveurs - tout en insistant sur leur prise de conscience, “Les agriculteurs, notamment les éleveurs, ont fait des efforts considérables au cours des dix dernières années pour réduire les taux de nitrates dans l’eau. (...) Il faut poursuivre dans ce sens là et c’est compliqué”, déclarait Bruno Le Maire, le gouvernement axe son action sur le ramassage et le retraitement des algues.

Les associations de défense de l’environnement sont navrées.
On les comprend.
“Là même où il (l’Etat) devrait cesser tout accroissement de cheptel, il laisse ses préfets autoriser des extensions d’élevage”, s’emporte Michel Guillemot, le président de "Halte aux marées vertes".

Mis en cause : l'amendement (dans le cadre de la loi sur la modernisation agricole) du député Marc Le Fur, visant à permettre, sans aucune autorisation, l'extension des porcheries de 450 à 2000 têtes (voire de 30 000 à 40 000 têtes pour les poulaillers). Cet amendement avait été rejeté après avoir provoqué des remous, pour laisser place à un compromis assez flou.

Mme Jouanno a déclaré qu’il s’agit d’un « phénomène très spécifique » à la Bretagne et qu’ « il faut aller beaucoup plus loin que les normes européennes, et réduire encore de plus de la moitié, voire diviser par trois, ces nitrates dans les eaux pour essayer de régler ce problème ». Et d’épingler l’amendement Le Fur : « On peut comprendre qu’il y ait une volonté d’avoir des règles moins compliquées, en tout cas plus claires, mais un assouplissement il en est hors de question ».

Des déclarations de bonnes attentions mais rien de concrètement efficace, pas de plan d'actions traitant le problème à sa base (l'élevage intensif) et de manière drastique.
Le gouvernement est donc "à la ramasse" (des algues) !
Un mauvais jeu de mots pour contenir l'énervement qui monte !