Un communiqué de la LPO

Depuis sa création en 1912, la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) lutte contre les excès de la chasse. Elle dénonce aujourd’hui le prosélytisme des chasseurs qui interviennent dans les écoles, depuis la signature le 4 mars 2010, avec les ministères de l’Écologie et de l’Éducation Nationale d’une "Convention de partenariat pour l’éducation au développement durable".

Pour enrayer la baisse de ses effectifs, les chasseurs souhaitent séduire les jeunes. Ils ont ainsi obtenu des mesures pour simplifier leurs démarches administratives et encourager l’essor de la chasse (loi dite Poniatowski du 31 décembre 2008 (1) ), ainsi que la création récente d’une infraction d’obstacle à la chasse (décret du 4/06/10).
Le 4 mars dernier, alors même que débutait l’Année Internationale de la Biodiversité, un intense lobbying auprès des ministères de l’Écologie et de l’Éducation Nationale a abouti à la signature d’une "Convention de partenariat pour l’éducation au développement durable".

La LPO dénonce ce partenariat et s’est associée à l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) pour porter un cahier de doléances des États généraux pour l’enfance adressé au chef de l’Etat, aux groupes parlementaires et associations d’élus locaux (2).

Pourquoi ?

  • Le partenariat actuel remet en cause le principe même de laïcité à l’école alors que le site du Ministère de l’Éducation rappelle que "l’enseignement public est neutre : la neutralité philosophique et politique s’impose aux enseignants et aux élèves". Les chasseurs introduisent insidieusement en milieu scolaire les "valeurs" négatives de banalisation de l’exécution de l’animal. La chasse n’a donc pas sa place dans une école qui souhaite faire partager à nos enfants les valeurs de respect de la vie, des milieux naturels et de la biodiversité. Par ailleurs, posséder une arme dès 16 ans est une atteinte à l’intégrité de l’enfant pouvant conduire à la violence alors même que cette dernière pose déjà de nombreux problèmes de sécurité en milieu scolaire.
  • Cela fait plusieurs mois maintenant que la LPO reçoit des messages de personnes indignées par ces démarches menées, en milieu scolaire, à l’initiative des fédérations départementales de chasseurs et sociétés de chasse, au nom de la découverte et de la sensibilisation à leurs pratiques. Ces fédérations utilisent, en effet, des slogans mensongers lorsqu’elles affirment, par exemple, que les chasseurs gèrent 40 % des réserves naturelles nationales alors que le vrai chiffre n’est que de 5 sur 163.
  • Depuis sa création, la LPO lutte contre les excès de la chasse. Ces dernières années, elle a notamment dénoncé la chasse à la tourterelle au printemps, le braconnage des ortolans et des pinsons dans les Landes, l’extension des chasses aux lecques dans le sud-est de la France, la chasse illégale des oiseaux d’eau en baie de Seine et en Camargue en été, ou le tir des pigeons ramiers en mars à l’Escrinet... autant de problèmes que les fédérations de chasseurs ne dénoncent pas, se rendant ainsi complices d’une situation inacceptable.

Aujourd’hui, la LPO demande que les inspecteurs de l’Education Nationale donnent des consignes aux directeurs d’établissements afin qu’ils veillent à ce que les messages véhiculés par les chasseurs portent sur l’écologie des espèces gibiers, sans prosélytisme.

Allain Bougrain Dubourg
Président de la LPO

(1) Loi dite Poniatowski du 31 décembre 2008 pour l’amélioration et la simplification du droit de la chasse : coût du permis de chasser réduit de moitié (15 €) pour les jeunes chasseurs, agrément protection de l’environnement accordé aux fédérateurs de chasseurs...
(2) Accessible sur internet (page 91) sur : http://etatsgenereuxpourlenfance.blogspot.com/p/le-cahier-de-doleances.html

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