L'autoroute A 831 va se faire...
Par Gilles Héluin le mercredi 23 juin 2010, 06:45 - Environnement - Lien permanent
Il y a quelques mois je vous présentais l'étude de préservation de la biodiversité de la future autoroute A 831qui a été confiée à la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Voir mon billet ici.

La LPO a rendu un "pré-rapport" et Dominique Bussereau l'a affirmé le 21
juin :
l'autoroute A 831 reliant Fontenay-le-Comte à Rochefort va bel et bien
voir le jour.
« Les conditions environnementales posées par la LPO dans son pré-rapport permettent de poursuivre le projet, assure le président du Conseil Général. L'évaluation des surcoûts liés aux aménagements préconisés n'est pas finalisée, mais s'il y en a, nous sommes prêts à les assumer avec la Vendée. Comme la déclaration d'enquête publique a déjà été signée, l'A 831 ne figurera pas dans le schéma d'infrastructure national en fin d'année, mais l'appel aux concessionnaires va pouvoir être lancé. Le directeur de cabinet du Premier ministre vient de me le confirmer : maintenant on peut le dire, l'autoroute se fera… »
Le rapport final de la LPO sera rendu début juillet. Michel Métais, directeur de la LPO précise : « Il est hors de question d'évoquer le contenu du rapport alors que sa version définitive n'a pas été rendue. Mais l'idée générale est simple : il s'agissait pour nous de travailler au respect des directives Oiseaux, Habitats, Natura 2000, et d'être en phase avec le Grenelle de l'environnement. En restant fidèles à la déclaration d'utilité publique de 2005, nous avons été force de proposition pour faire en sorte que cette autoroute constitue un corridor au sein duquel la continuité écologique soit assurée : pas de rupture de réseau naturel, qu'il s'agisse d'hydraulique, de zones boisées ou de prairies naturelles. D'un projet initial qui ne tablait que sur des déblais/remblais, nous avons ainsi, parmi un ensemble de solutions, proposé du pilotis pour certains segments ».
Nelly Verdier, Présidente de l'association "Bien vivre en Aunis" et opposante
de toujours à l'A 831, est très critique au regard de la mission confiée à la
LPO et facturée 100 000 euros, « marchandée en échange de la gestion de la
baie de l'Aiguillon ». « Si la LPO faisait son boulot, l'autoroute ne
pourrait tout simplement pas passer », lance-t-elle, fustigeant un projet
« du siècle dernier », imaginé en fonction de prévisions de trafic qui
sont aujourd'hui « démenties par la réalité ».
Source : Sud
Ouest.
Mon avis
Je vous avais donné mon sentiment début février et je n'ai pas changé d'avis : « Nous avons là un exemple frappant de la difficulté à se situer entre force de contestation et force de proposition. A un certain point il n'est plus possible d'aller dans le sens de certains projets, même en proposant des mesures visant à en réduire les impacts.»
Le président du Conseil général se dit prêt à assumer les surcoûts liés aux
aménagements préconisés, s'il y en a.
Hé bien oui, forcément il a en a.
Que faut-il comprendre avec cette annonce ?
J'ose imaginer que la LPO n'aura pas minimisé les mesures nécessaires et que
les Conseil général et la région les réaliseront tous.
Allez savoir pourquoi j'ai des doutes sur tout cela !
En tout cas, en tant que bénévole LPO, une fois encore, je déplore que
l'association ait accepté cette mission.
Certes la LPO est compétente pour l'assurer.
Probablement vaut-il mieux que ce soit elle qui la mène, plutôt qu'un cabinet
d'études à la solde des pouvoirs publics.
Mais attention, qu'on ne me donne aucune preuve de compromission de
l'association...
Je reste convaincu que tout nouvelle grande infrastructure routière
représente un non sens vis à vis de l'avenir.



