Tchernobyl : une histoire naturelle
Par Gilles Héluin le mardi 25 mai 2010, 07:47 - Films et documentaires - Lien permanent

Mardi 25 mai 2010, à 20h35
Réalisateur: Luc Riolon
Comment la nature reprend ses droits dans la zone interdite
entourant la centrale.

Vingt-quatre ans après l'explosion du réacteur n° 4, le 26 avril 1986, la "zone interdite" instaurée dans un rayon d'une trentaine de kilomètres autour de la centrale nucléaire offre la vision idyllique et paradoxale d'une nature préservée des ravages de la civilisation. Ce territoire où les radionucléides se sont dispersés irrégulièrement, avec l'explosion et l'incendie qui a suivi, est aussi devenu un vaste laboratoire à ciel ouvert, où les scientifiques étudient sur le long terme, en situation réelle, les effets de la radioactivité de faible dose sur les organismes vivants. Pourquoi certains oiseaux meurent-ils prématurément, pourquoi la croissance des pins est-elle perturbée, alors que mulots ou peupliers semblent en pleine santé ? Les espèces ne sont apparemment pas égales devant ces radiations : les résultats des recherches sont contrastés, troublants, révélant la complexité du monde vivant.
Splendeurs radioactives Aujourd'hui, seulement moins de 3 % de la radioactivité initiale subsiste à Tchernobyl. Mais il faudra plus de deux siècles pour que le césium et le strontium rejetés lors de l'explosion et de l'incendie aient perdu toute leur charge radioactive. Selon l'hypothèse d'un laboratoire américain de génétique, les souris (la quarantième génération depuis la catastrophe) ne seraient pas affectées par ces radionucléides absorbés quotidiennement en doses colossales, parce qu'elles auraient su développer des résistances naturelles sophistiquées. Aucun des chercheurs interrogés ici ne se risque pourtant à tirer des conclusions générales sur cette énigme écologique. Partageant avec le spectateur leurs expériences et leurs questions, mais aussi leur émerveillement devant la nature, ces scientifiques nous ouvrent les chemins d'un territoire unique au monde. D'un printemps luxuriant jusqu'au cœur de l'hiver, les images splendides de Luc Riolon, tournées sur une année, en proclament le passionnant mystère.
Rediffusion sur Arte, le 27.05.2010 à 10h40
Pour plus d’information
Visionnez le diaporama sur le documentaire.



Commentaires
ce reportage n'est qu'un outils de propagande pro nucléaire ! A regarder au second degrès...
Je ne l'ai pas encore vu mais à ce que l'on m'a rapporté, il est hyper suspect !
Le documentaire montre simplement que la teneur en radioactivité de la zone, ni même l'état de l'environnement, n'est pas celui que l'on pourrait imaginer (paysages lunaires, absence de toute trace de vie...). Mais bon, je ne crois pas qu'il désarme l'opinion publique contre le nucléaire ( si je puis me permettre ce jeu de mots douteux). Olivier Martinelli
Bonjour,
je suis le réalisateur du film "Tchernobyl, une histoire naturelle"
Merci de me dire ce qui vous permet d'affirmer que mon film n'est qu'un outil de propagande pro-nucléaire ?
Sachez que je suis anti-nucléaire, ce qui ne m'a pas empêché de faire ce film qui relate la réalité de ce qui se passe, ni plus; ni moins.
luc.riolon@wanadoo.fr
Bonjour,
Il ne me semble pas que ce documentaire apporte de l'eau au moulin des pronucléaires. Au contraire: il montre la profondeur des bouleversements produits par cette catastrophe et l'humilité des scientifiques qui reconnaissent ne pas avoir été capables de prévoir certains des phénomènes qui ont eu lieu dans la zone sinistrée.
Ce qui me frappe dans ce documentaire, c’est la manifestation du principe darwinien de la sélection naturelle. On voit à quel point des espèces et des individus persistent ou s’imposent parce qu’ils sont mieux adaptés aux nouvelles conditions de vie, même si ces conditions sont mortelles pour l’homme.
On découvre aussi à quel point la présence de l’homme dans une région donnée conditionne les équilibres biologiques. Le départ de l’homme de la zone de Tchernobyl a en lui-même un énorme impact sur la manière dont la nature reprend ses droits après la catastrophe.
Il me paraît certain que si un cataclysme naturel ou dû à l’homme aboutissait à l’anéantissement de l’humanité, cela ne signifierait nullement la disparition de la vie sur Terre. Il est probable que des formes de vie se maintiendront sur notre planète jusqu’à la fin, c’est-à-dire encore quelques milliards d’années (le temps que va durer le Soleil). Quant à l’humanité, on peut spéculer sur ce qui lui arrivera… N’oublions pas qu’à l’échelle de la vie sur Terre, l’être humain vient de faire son apparition. Par comparaison, si la vie existe depuis une année, les humains ne sont là que durant les dernières heures ou dernières minutes du 365e jour (selon ce qu’on entend par humain). À cette échelle, nombre d’espèces n’ont vécu que quelques minutes ou quelques jours.
Pronucléaire ? Vous voyez donc le mal et les complots partout !
J'ai regardé le DVD hier soir et je trouve que ce documentaire n'est nullement orienté pronucléaire. Il est purement scientifique et ne relate que des constatations. J'ai personnellement été bouleversée car une fois de plus convaincue que l'homme est l'animal de trop sur cette planète, sans lui, la nature reprend ses droits de la plus belle des façons. On prétend réguler les forêts pour leur bien (chasse, abattage des arbres etc..;) et l'on s'aperçoit qu'elle s'auto-régule bien mieux sans nous, et ce n'est qu'un exemple.
Si au long de ce reportage j'ai été touchée et remplie d'espoir quant à la capacité de la nature à renaître une fois que l'humain n'y est plus, j'ai ensuite été démoralisée par la fin : alors qu'une biodiversité sans commune mesure se développe dans cette zone, on envisage à présent de construire dessus ou, pire encore, de se servir de ce refuge pour enterrer des déchets nucléaires... Consternant ! Je me suis même demandée s'il n'y avait pas une association quelconque à soutenir pour protéger ce lieu... Mr Riolon le savez-vous ?