Campagne d'Agir pour l'Environnement : NON à l'EPR à PENLY (76)

Parce que la politique énergétique de la France ne tire jamais profit de ses échecs passés, un nouveau débat public est actuellement organisé pour tenter de justifier, à rebours, l’opportunité supposée d’un énième nouveau réacteur nucléaire EPR à Penly en Seine-Maritime d’une puissance de 1 650 MW. Après les fiascos financiers des deux premiers réacteurs en Finlande et à Flamanville dans la Manche, la France tente une fois encore d’imposer (au travers d’un débat public qui intervient après la décision formelle) une technologie inutile, dangereuse et coûteuse.

Inutile
La construction de nouveaux réacteurs nucléaires du type EPR à Flamanville et à Penly est-elle justifiée par un quelconque besoin énergétique ? La réponse est clairement « non » et à plusieurs titres !

Coûteux
En début d’année 2010, EDF a réclamé au Gouvernement de pouvoir augmenter ses tarifs de… 24 % ! Après avoir affirmé durant des décennies que l’électricité radioactive était la moins chère du monde, les demandes répétées de l’opérateur historique d’augmenter ses tarifs démontrent par l’absurde qu’il n’en n’est rien !

Dangereux
Avant, pendant et après et pour longtemps, le nucléaire est une technologie dangereuse ! Elle l’est d’autant plus que l’EPR utilise un combustible, le MOX, un mélange de plutonium et d’uranium appauvri. Le plutonium est un élément artificiel issu de la dégradation de l’uranium, se transformant progressivement en américium, émetteur de rayons gamma, extrêmement pénétrants. La demi-vie du plutonium (période durant laquelle il aura perdu la moitié de sa radioactivité…) est d’environ 24.000 ans. Quelques milligrammes de plutonium peuvent provoquer un cancer des poumons. Quelques kilogrammes de plutonium suffisent à fabriquer une bombe atomique…

Des alternatives
D’ici à 2020, la France devrait passer de 16 % à 23 % d’électricité d’origine renouvelable tout en réduisant de 20 % sa consommation d’énergie. Ces objectifs ambitieux rendent l’option nucléaire particulièrement obsolète. En tentant une fois encore d’imposer contre vents et marées, le nucléaire comme la seule solution énergétique, la France prend le risque de se marginaliser sur la scène internationale en continuant encore et toujours de développer un réacteur dont personne ne veut. Avec le deuxième potentiel éolien européen, un niveau d’ensoleillement généreux, une biomasse à valoriser, la France doit opter pour des solutions énergétiques décentralisées !

Un débat public ?
Du 24 mars au 24 juillet 2010, la Commission nationale du débat public organise un débat public rythmé par 12 réunions publiques. Or, le 29 janvier 2009, soit plus d’un an avant le débat public… le Chef de l’État a confirmé, par communiqué de presse, " le lancement de la réalisation d'une deuxième centrale nucléaire de type EPR en France à Penly ". Pourtant, l’article 6 de la Convention d’Aarhus, stipule que « Chaque Partie prend des dispositions pour que la participation du public commence au début de la procédure, c'est-à-dire lorsque toutes les options et solutions sont encore possibles et que le public peut exercer une réelle influence ». Parce que le débat démocratique doit permettre l’expression de l’opposition à ce projet et infléchir les a priori idéologiques de l’État Français, nous refusons que ce débat puisse être organisé a posteriori de la décision. L’avenir énergétique de la France mérite mieux qu’un débat purement formel !


Pour plus d’information

Téléchargez l'Alerte n°9

Pour exprimer votre désaccord à une nouvelle centrale nucléaire EPR à Penly

http://www.debatpublic-penly3.org/participer/donner_son_avis.html