Campagne d'Agir pour l'Environnement : NON à l'EPR à PENLY (76)
Par Gilles Héluin le vendredi 28 mai 2010, 07:37 - Nucléaire - Lien permanent
Campagne d'Agir pour l'Environnement : NON à l'EPR à PENLY
(76)

Parce que la politique énergétique de la France ne tire jamais profit de ses
échecs passés, un nouveau débat public est actuellement organisé pour tenter de
justifier, à rebours, l’opportunité supposée d’un énième nouveau réacteur
nucléaire EPR à Penly en Seine-Maritime d’une puissance de 1 650 MW. Après les
fiascos financiers des deux premiers réacteurs en Finlande et à Flamanville
dans la Manche, la France tente une fois encore d’imposer (au travers d’un
débat public qui intervient après la décision formelle) une technologie
inutile, dangereuse et coûteuse.
Inutile
La construction de nouveaux réacteurs nucléaires du type EPR à Flamanville et à
Penly est-elle justifiée par un quelconque besoin énergétique ? La réponse
est clairement « non » et à plusieurs titres !
Coûteux
En début d’année 2010, EDF a réclamé au Gouvernement de pouvoir augmenter ses
tarifs de… 24 % ! Après avoir affirmé durant des décennies que
l’électricité radioactive était la moins chère du monde, les demandes répétées
de l’opérateur historique d’augmenter ses tarifs démontrent par l’absurde qu’il
n’en n’est rien !
Dangereux
Avant, pendant et après et pour longtemps, le nucléaire est une technologie
dangereuse ! Elle l’est d’autant plus que l’EPR utilise un combustible, le
MOX, un mélange de plutonium et d’uranium appauvri. Le plutonium est un élément
artificiel issu de la dégradation de l’uranium, se transformant progressivement
en américium, émetteur de rayons gamma, extrêmement pénétrants. La demi-vie du
plutonium (période durant laquelle il aura perdu la moitié de sa
radioactivité…) est d’environ 24.000 ans. Quelques milligrammes de plutonium
peuvent provoquer un cancer des poumons. Quelques kilogrammes de plutonium
suffisent à fabriquer une bombe atomique…
Des alternatives
D’ici à 2020, la France devrait passer de 16 % à 23 % d’électricité d’origine
renouvelable tout en réduisant de 20 % sa consommation d’énergie. Ces objectifs
ambitieux rendent l’option nucléaire particulièrement obsolète. En tentant une
fois encore d’imposer contre vents et marées, le nucléaire comme la seule
solution énergétique, la France prend le risque de se marginaliser sur la scène
internationale en continuant encore et toujours de développer un réacteur dont
personne ne veut. Avec le deuxième potentiel éolien européen, un niveau
d’ensoleillement généreux, une biomasse à valoriser, la France doit opter pour
des solutions énergétiques décentralisées !
Un débat public ?
Du 24 mars au 24 juillet 2010, la Commission nationale du débat public organise
un débat public rythmé par 12 réunions publiques. Or, le 29 janvier 2009, soit
plus d’un an avant le débat public… le Chef de l’État a confirmé, par
communiqué de presse, " le lancement de la réalisation d'une deuxième centrale
nucléaire de type EPR en France à Penly ". Pourtant, l’article 6 de la
Convention d’Aarhus, stipule que « Chaque Partie prend des dispositions
pour que la participation du public commence au début de la procédure,
c'est-à-dire lorsque toutes les options et solutions sont encore possibles et
que le public peut exercer une réelle influence ». Parce que le débat
démocratique doit permettre l’expression de l’opposition à ce projet et
infléchir les a priori idéologiques de l’État Français, nous refusons que ce
débat puisse être organisé a posteriori de la décision. L’avenir énergétique de
la France mérite mieux qu’un débat purement formel !

Pour plus d’information
Pour exprimer votre désaccord à une nouvelle centrale nucléaire EPR à Penly
http://www.debatpublic-penly3.org/participer/donner_son_avis.html


