Xynthia : des zones rouges pour éviter une colère noire
Par Gilles Héluin le jeudi 15 avril 2010, 20:37 - Législation - Lien permanent
Communiqué de France Nature Environnement

Ce matin, à La Rochelle, plusieurs ministres, dont Jean-Louis Borloo, ont présenté les modalités d'application des zones noires. Réaction de FNE.
Une loi ordinaire qui prouve son efficacité
La loi intègre déjà des mécanismes pour délimiter les zones non
constructibles : les zones « rouges » incluses dans les plans de
prévention des risques naturels prévisibles (PPRNP). L’Etat est tenu de créer
ces plans, qui contiennent notamment des plans de préventions des risques
d’inondation et de submersion (inondation par la mer). A la différence des
zones noires, les plans de prévention des risques naturels prévisibles sont
élaborés à partir d’une concertation avec les communes et la population,
notamment via des enquêtes publiques. Et il est possible de les élaborer en
urgence.
Eviter les traumatismes d’une action à la hussarde
« Face à des décisions aussi sensibles, pourquoi l’Etat a-t-il préféré
créer un nouvel outil, plutôt que de s’appuyer sur ceux existants ? »,
s’étonne Christian Garnier, « Si ces outils ont été inventés, c’est entre
autre pour éviter le traumatisme lié à une action martiale.»
L’information la plus large et la plus exhaustive permet de responsabiliser
les personnes exposées aux risques et s’avère indispensable face à l’oubli des
catastrophes.
Et le reste des côtes ?
Benoit Hartmann, coordinateur du pôle Aménagement Durable du Territoire de FNE,
pointe une autre faille : « La tempête Xynthia aurait pu frapper 10
kilomètres plus au Nord ou plus au Sud. Traiter les seules zones sinistrées
n’est pas suffisant, il faut anticiper les dégâts humains et matériels tout le
long du littoral, et également dans les zones de submersion moins évidentes,
plus à l’intérieur des terres ! »
Deux ans pour prendre nos responsabilités et prévenir plutôt que de
tenter vainement de guérir
FNE, par la voix de son président Bruno Genty, demande aux députés et au
Gouvernement de tirer toutes les conséquences du drame et de profiter du vote
du Grenelle II en mai pour prendre deux mesures :
1. Intégrer dans la loi Littoral un troisième pilier, la prévention des
risques naturels en élargissant la bande des 100m inconstructibles.
2. Généraliser les plans de prévention des risques d’inondation d’abord sur le
littoral, puis le long des voies d’eau, chenaux et étiers sur la bande
littorale et enfin sur l’ensemble du territoire, DOM-COM compris, dans un délai
de deux ans, faute de quoi des sanctions financières devraient être prises,
assorties d’un retrait de compétence en matière d’urbanisme et
d’aménagement.
Mon avis
Je partage tout à fait la position de FNE.
Reste qu'il ne faut pas céder aux propriétaires opposés aux destructions,
lorsqu'elles sont motivées par un risque établi.


