400 scientifiques signent contre Claude Allègre
Par Gilles Héluin le jeudi 1 avril 2010, 20:41 - Climat - Lien permanent
Valérie Pécresse, la ministre de la recherche, a reçu l'appel suivant signé de plus de 400 scientifiques français travaillant dans le domaine du climat :
Mme la Ministre de la Recherche
M. le Directeur de la Recherche
M. le Président de l’Académie des Sciences Mmes et MM. les Directeurs des
acteurs de la recherche publique regroupés au sein de l’Alliance thématique
AllEnvi (BRGM, CEA, CEMAGREF, CIRAD, CNRS, CPU, IFREMER, INRA, IRD, LCPC, Météo
France, MNHN) M. le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de
l’Enseignement Supérieur M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS.
Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte
Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique,
interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française,
face aux accusations mensongères lancées à l’encontre de notre
communauté.
Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés
principalement par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une
rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs
travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les
processus critiques de relecture,Graphique Grudd allegre de vérification, de
publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants
de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance
que la société peut accorder à ses chercheurs. (Ci-contre la démonstration par
Grudd du trucage de son graphique par Claude Allègre)
Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique.
Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont
échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de
les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en
évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert
intergouvernemental sur Page 1/17 l’évolution du climat («Impacts, Adaptation
et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie») concernant le devenir des glaciers
de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’«erratum», le GIEC a publié
son «mea culpa» ( http://www.ipcc.ch/pdf/presentations/himalaya-statement-20january2010.pdf),
reconnaissant l’erreur, et soulignant que les processus de relecture du rapport
n’avaient pas fonctionné pour ce paragraphe. En cela, le GIEC a respecté la
déontologie scientifique.
Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues «erreurs du GIEC», comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) et dans des séminaires académiques. Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.
Ces ouvrages n'auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu'à un manuscrit scientifique professionnel. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique. Leurs auteurs oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société. Ces attaques mettent en cause la qualité et la solidité de nos travaux de recherche, de nos observations, études de processus, outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale.
Vous constituez les structures référentes de la recherche scientifique française. Les accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat sortent des cadres déontologiques et scientifiques au sein desquels nous souhaitons demeurer. Nous pensons que ces accusations demandent une réaction de votre part, et l’expression publique de votre confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux. Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi.
Liste des premiers signataires: Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS)
Voici la liste des signataires au 31 mars au soir, soit plus de 400 :
Source :
Libération.
Mon avis
Bravo aux signataires !




Commentaires
En France, il manque un travail d'enquête sur les liens entre ceux qui entretiennent le scepticisme sur le changement climatique et certains lobbies industriels et économiques. Ce type d'enquête a déjà été réalisé par des sociologues aux Etats-Unis (Cf. http://yannickrumpala.wordpress.com... ) et il permet de mieux comprendre comment le débat public a pu être déplacé.
Le ridicule ne tue point, heureusement. Les 400 signataires reflètent bien le comportement des milliers de personnes scientifiques et non scientifiques faisant partie du GIEC; ils se sont laissés entrainés par le courant dominant sans se poser les questions utiles, celles qui suscitent le débat contradictoire !. C'est triste pour cette communauté de 'climatologues'. Mais qu'on s'y trompe pas, des centaines d'autres climatologues, probablement les plus compétents, n'ont pas pris part à cette honteuse démarche.
Aller pleurnicher auprès des autorités de tutelle pour imposer le silence à ceux et à celles qui défendent des thèses opposées relève de la mesquinerie pure et dure; ce n'est qu'un baroud d'honneur.
Cette initiative a bien sûr du bon, elle met clairement en évidence l'absence d'arguments scientifiques à opposer à Allègre et aux milliers d'autres sceptiques de France et d'ailleurs qui comme Allègre soupçonnent l'imposture dont les buts restent encore nébuleux.
Hé bien voyons !
Parait-il évident que tous les scientifiques qui ne se sont pas publiquement élevés contre les accusations qui sont faites à ceux qui soutiennent que le changement climatique existe et qu'il est imputable aux activités humaines, tous ceux là qui n'ont pas signé cet appel sont les plus compétents et qu'ils sont plus nombreux, eux les climato-sceptiques ?
Non, pour moi ce n'est pas évident, bien au contraire.
Cherchez donc où se situent les intérêts et quels peuvent-ils être !
Quels sont les intérêts de ceux qui informent de la responsabilité humaine dans le changement du climat ? Faire changer les choses, les pratiques ? Pourquoi ? Pour gagner quoi ?
Quels sont les intérêts et objectifs de ceux qui disent que non, rien n'est prouvé, et que l'on peut continuer comme si de rien n'était à polluer, consommer ? Les industries les économies, le capitalisme n'ont-il rien à gagner à faire perdurer leurs pratiques, leur modèle, leurs investissements ?
Pour moi la réponse est évidente.
Mais voyez-vous, "ContreVents&Marées_AM" je ne demande qu'une chose : avoir tord et que les bouleversements liés au changement climatique s'arrêtent comme ils ont commencé, sans intervention humaine, si l'homme n'y est pour rien.
Je ne demande qu'une chose dans cette affaire, c'est que des vies animales, végétales et humaines soient préservées du désastre annoncé.
Mais surtout, qu'on ne vienne pas me dire si jamais ce que l'on crains se produit, et bien oui, ce qui avait été annoncé est arrivé, des millions de réfugiés climatiques ne savent que faire de leur vie, des milliers d'espèces végétales et animales ont disparu, mais que tout cela est naturel et que l'homme, avec sa soif de pouvoir, d'argent, de mainmise sur ce qui l'entoure, l'homme n'y est pour rien.
Nous brulons la chandelle par les deux bouts, elle disparait vite, et à la fin, c'est le noir.