La société suédoise Ikea a construit une plate-forme logistique à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône)sur les terrains du Grand Port Maritime de Marseille en 2008.

Les travaux en cours fin 2008. Photo Nacicca

Dès octobre 2007, l’assocation Nacicca avait relevé les graves atteintes que le projet allait porter à l’environnement, malgré un avis positif du Conseil National de Protection de la Nature.

Je vous en avait longuement parlé : voir mon billet ici.

Le 30 Mars prochain se tiendra au tribunal correctionnel d'Aix en Provence le procès opposant IKEA et plusieurs associations de protection de la nature, dont l'URVN, FNE et Environnement Méditerranée.

La construction de l'immense hangar a provoqué la destruction de 27 hectares d'espaces naturels uniques en France et la disparition de nombreuses espèces animales et végétales pourtant protégées. Aucune autorisation préfectorale n'avait été délivrée pour autoriser ces destructions, un procès verbal a été dressé.

En 2007, l'association NACICCA avait découvert de nombreuses espèces protégées sur le site et mis en évidence que le volet environnemental de l'étude d'impact avait été bâclé. La conséquence avait été un retard du chantier. Les associations avaient espéré pouvoir obtenir le déplacement du projet (car il reste des milliers d'hectares à aménager sur le territoire du GPMM ) et ainsi concilier emploi local et protection du patrimoine naturel, en vain. Les associations dénoncent au travers de cet exemple le manque de réactivité des services de l'état, le manque de rigueur, voire l'amateurisme avec lequel sont menés les projets sur le territoire du Grand Port Maritime de Marseille, et le chantage à l'emploi comme méthode, appliquée systématiquement pour faire accepter des projets toujours plus polluants, consommateurs d'espaces, et qui provoquent une rapide dégradation du patrimoine naturel de la qualité de vie des habitant du golfe de Fos.

Quelle sera la pollution engendrée par les milliers de camions supplémentaires, puisque rien n'est prévu pour faire du report ferroviaire dans ce projet? Deux ans seulement après le Grenelle de l'environnement, la promesse du Président de la République que «Toutes les décisions publiques seront arbitrées en intégrant leur coût pour la biodiversité. Très clairement, un projet dont le coût environnemental est trop lourd sera refusé.» semble très loin.

Source : communiqué des associations Naccica, URVN, Marais du Vigueirat