Un livre de Henri Clément, apiculteur en Lozère et président de l’UNAF (Union Nationale de l’Apiculture Française depuis 1996.

Depuis la nuit des temps, butinant de fleur en fleur, l’abeille assure une pollinisation irremplaçable qui contribue activement à développer et sauvegarder la biodiversité de notre planète, biodiversité essentielle à la survie de l’espèce humaine. Pourtant, à l’image d’un milieu naturel qui ne cesse de se dégrader, la préservation de cet insecte, véritable sentinelle de l’environnement, devient aujourd’hui préoccupante.

Très largement illustré, ouvert sur les diverses pratiques apicoles dans le monde, cet ouvrage répond de manière novatrice aux nombreuses interrogations que chacun se pose sur l’univers fascinent des abeilles, et leur devenir. Il invite également à découvrir la richesse des produits de la ruche et le travail des apiculteurs, ces acteurs de l’écologie au quotidien.

Introduction
Apparus sur terre bien avant l’homme et les dinosaures, les insectes représentent le plus grand ensemble du règne animal. Parmi tous ces insectes, les abeilles. On en dénombre environ 25000 sortes différentes dans le monde et près d’un millier sur le territoire français. 80 % d’entre elles sont solitaires, les autres vivent en colonie et ne sont plus tout à fait sauvages, ans être vraiment domestiquées.

L’abeille au cœur de la nature
Depuis la préhistoire où elle est représentée sur les peintures rupestres, en passant par l’Egypte antique qui nous la montre en hiéroglyphes, l’abeille sauvage comme l’abeille domestique contribue fortement à préserver la biodiversité en favorisant notamment les plantes à fleurs.

La fleur a besoin de l’abeille pour se reproduire et l’abeille a besoin de la fleur pour se nourrir grâce au pollen et au nectar.

Les insectes et principalement les abeilles sont prépondérants dans la reproduction sexuée des plantes à fleurs par le transport des grains de pollen produits par les organes mâles (les anthères) de la plante, vers les organes femelles les stigmates). On dénombre plus de 200000 le nombre de végétaux « mellitophiles ».

La pollinisation des cultures a été découverte au 18ème siècle et étudiée par Darwin. Aujourd’hui les abeilles sont largement utilisées pour la pollinisation des cultures agricoles de nombreuses exploitations modernes de même que pour la production de semences.

Des études internationales indiquent que 35% de la masse alimentaire disponible au niveau mondial dépend de l’activité pollinisatrice des insectes, ce qui correspond à un chiffre d’affaire de 135 milliards d’euros en 2005.

Mais voila, certains produits insecticides, malgré les règlements devant théoriquement gérer le utilisation, sont responsables d’une très forte mortalité des abeilles, provoquant un manque à gagner pour les agriculteurs, mais aussi un risque certain pour la production alimentaire.


L’abeille championne du développement durable
L’abeille parvient à prélever dans la nature tous les éléments nécessaire au développement de la colonie : nectar, pollen, miellat, propolis. Elle les transforme, les recycle, les stocke pour en disposer ultérieurement et cela de manière durable en maintenant le cycle de la vie. Plus d’un million de ruches sont implantées actuellement en France, sachant qu’une colonie peut compter jusqu’à 50000 abeilles, ce sont donc des milliards d’abeilles sui explorent l’environnement pour en extraire les précieux nutriments qui leur sont nécessaires.

Les reines, les faux bourdons, les ouvrières, tous les membres de la colonie ont leur rôle propre et nécessaire à l’équilibre de la communauté. Henri Clément nous en explique le détail et le fonctionnement. C’est impressionnant d’apprendre comment les abeilles assurent la thermorégulation de la ruche, en en occupant une partie plus ou moins importante et en se relayant pour occuper à tout de rôle la partie périphérique ou se réchauffer au cœur de la colonie.

Les abeilles gèrent leur ruche de manière écologique. Elles évacuent leurs déchets comme leurs morts à l’extérieur. Elles climatisent la ruche qui reste un milieu hygiénique exempt de maladies et moisissures malgré l’humidité ambiante.

Sur les pas des apiculteurs
Au départ, simple cueilleur de miel, l’homme a appris peu à peu à domestiquer les abeilles. Depuis la récolte de mile là où les abeilles sauvages le produisaient jusqu’au déplacement des ruches effectué de manière à produire des miles ciblés en fonction de la floraison d’espèces végétales ciblées, l’homme a progressivement appris à gérer les abeilles. Tous deux sont tributaires des méthodes agricoles. La monoculture appauvrit la biodiversité ainsi que l’apiculture.

L’abeille formidable sentinelle de l’environnement
Fortement dépendante de la qualité de l’environnement végétal et des conditions climatiques, confrontée trop souvent à une contamination chimique sournoise et trop pernicieuse, l’abeille reflète l’évolution de ces différents paramètres. Formidable sentinelle de l’environnement, elle nous alerte et nous renseigne ainsi sur la qualité de notre biosphère.

Paradoxalement les ruches situées en milieu urbain ont montré un meilleur comportement que celles situées en milieu agricole.

Lancé en 2005, le programme « abeille sentinelle de l’environnement » nous propose une charte qui a recueilli près de 19000 signatures.

Au-delà de l’abeille, c’est tout un écosystème qui est en danger. Si les apiculteurs parviennent à maintenir les populations d’abeilles (ce n’est pas gagné !), les insectes sauvages sont laissés, eux, à l’abandon.

En 10 ans, 15000 apiculteurs ont disparus ! Combien d’insectes sauvages ou non ?

Les produits chimiques, les changements climatiques, le frelon asiatique, le varroa (parasite) font partie des causes de ce déclin des insectes sauvages ou « domestiques ». Henri Clément pense que ce n’est pas irréversible… mais concernant les produits chimiques, certains sont en cours d’homologation…

Le miel, perle écologique
Le miel est le seul produit au monde qui soit consommé par l’homme et fabriqué par un insecte. Rare, de couleurs et de saveurs variées, paré de mille vertus, il parvient sur notre table tel que les infatigables ouvrières l’ont élaboré en prélevant les ressources dans leur environnement. Sans ajout ni transformation, naturel et authentique.

Le miel, un produit 100% écologique, qui soigne ainsi que els autre produits de la ruche…pollen, gelée royale, propolis, venin, cire hydromel…


Et demain…
Chacun le reconnait, l’abeille occupe aujourd’hui une place essentielle dans la sauvegarde de notre environnement, de notre agriculture et de notre alimentation. Parallèlement, abeille et apiculture affrontent une situation préoccupante qui met en péril leur survie. Relativement récente, cette prise de conscience pourra peut être inverser la tendance, à condition que soient prises à temps des décisions fortes, en sachant que le temps presse…

Mon avis

Un livre très instructif et clair sur l'impératif besoin de préserver notre environnement.
Superbes photographies, agréablement rédigé, on y apprend plein de choses sur les insectes.
Je vous conseille cet ouvrage qui donne vraiment envie de voir ces indispensables animaux retrouver un équilibre.

L'homme est tributaire des insectes. S'il les détruit, il se détruit lui même !
Comment ne pas être admiratif devant ce travail, cette organisation des colonies de butineuses ?

Les scientifiques sont assez largement persuadés que les combinaisons de produits chimiques sont responsables de cette catastrophe.
Les enjeux économiques, une fois encore, freinent l'étude et la communication.
En 7 ans, les apiculteurs français ont perdu 450 000 ruches. Oui, quatre cent cinquante mille !
C'est vraiment dramatique, d'autant que le phénomène est mondial !


Pour agir

Signez la charte"Abeille sentinelle de l'environnement".