La Commission européenne propose que l'UE soutienne l'interdiction du commerce international du thon rouge de l'Atlantique
Par Gilles Héluin le mercredi 24 février 2010, 07:10 - Espèces menacées - Lien permanent
La Commission européenne a publié le communiqué suivant le 22 février :

La Commission européenne a proposé aujourd'hui que l'Union européenne fasse pression pour que l'interdiction du commerce international du thon rouge de l'Atlantique entre en vigueur dans le courant de l'année prochaine. La Commission est vivement préoccupée par le fait que la surpêche du thon rouge de l'Atlantique, largement imputable au commerce international, menace gravement les stocks de cette espèce. La proposition sera examinée avec les États membres afin de parvenir à une position commune de l'UE pour la prochaine réunion de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES), qui se tiendra à Doha, au Qatar, du 13 au 25 mars 2010.
M. Janez Potočnik, membre de la Commission européenne chargé de l’environnement, a déclaré à ce propos: «Nous avons une responsabilité à l'égard des générations futures, celle de prendre des mesures décisives lorsque nous sommes confrontés à la disparition probablement irréversible d'une espèce. Nous avons le devoir de préserver nos richesses naturelles. Étant donné que les stocks de thon rouge de l'Atlantique risquent fortement d'être bientôt totalement épuisés, nous n'avons d'autre choix que d'agir maintenant et de proposer une interdiction du commerce international de cette espèce.»
Mme Maria Damanaki, membre de la Commission européenne chargé de la pêche et des affaires maritimes, a quant à elle précisé: «Notre objectif est de garantir un avenir durable aux pêcheurs. Pour ce faire, les stocks de thon rouge doivent être sains, et il est évident pour tous que la surpêche n'est pas la meilleure manière de procéder. La mise en place d'un accord spécial pour les navires pratiquant la pêche artisanale constitue un important volet de la solution que nous proposons aujourd'hui.»
La Commission européenne considère que l'état de conservation médiocre des stocks de thon rouge de l'Atlantique est très préoccupant et reconnaît que la demande de cette espèce est en grande partie déterminée par le commerce international.
Bien qu'elle admette que la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) a adopté, depuis 2006, une série de mesures pour remédier à cette situation, la Commission européenne considère qu'au vu des données scientifiques disponibles les plus récentes, le thon rouge de l'Atlantique devrait être inscrit à l'annexe I de la CITES.
L'annexe I regroupe les espèces menacées d'extinction dont le commerce doit être soumis à une réglementation particulièrement stricte et ne doit être autorisé que dans des conditions exceptionnelles . Inscrire le thon rouge à l'annexe I signifierait interdire le commerce international de ce poisson.
La Commission européenne propose toutefois que l'inscription ne prenne pas effet immédiatement. La réunion de la CITES à Doha indiquerait que l'entrée en vigueur de cette inscription devrait être décidée par le comité permanent de la CITES dans un délai de 12 mois. Le comité permanent devrait fonder sa décision sur les données scientifiques disponibles les plus récentes relatives à la situation du stock et évaluer le caractère approprié de toute mesure adoptée par la CICTA lors de sa réunion de novembre 2010.
Si l'interdiction entre en vigueur, la Commission européenne veillera à ce que les entreprises de pêche artisanale soient autorisées à approvisionner le marché de l'UE avec des captures provenant des eaux des États membres.
Source : Communiqué de presse de la Commission européenne.
Mon avis
La Commission dit :
«...nous n'avons d'autre choix que d'agir maintenant et de proposer une
interdiction du commerce international de cette espèce.»
Dès lors, pourquoi proposer un délai de 12 mois ?!
La Commission dit :
«Bien qu'elle admette que la Commission internationale pour la conservation des
thonidés de l'Atlantique (CICTA) a adopté, depuis 2006, une série de mesures
pour remédier à cette situation, la Commission européenne considère qu'au vu
des données scientifiques disponibles les plus récentes, le thon rouge de
l'Atlantique devrait être inscrit à l'annexe I de la CITES.»
Dès lors, pourquoi proposer que le comité permanent fonde sa décision
sur des mesures que ce même CICTA pourrait prendre d'ici à novembre 2010
?
Tout cela ressemble à une prise de position très politique
!
Et pendant l'année à venir, le thon rouge continuerait à s'éteindre !
L'interdiction, c'est maintenant !



