Nouvel aéroport à Nantes : Il est temps d'atterrir !
Par Gilles Héluin le jeudi 11 février 2010, 07:05 - Projets déments - Lien permanent
Notre-Dame-des-Landes… priez pour le climat !
Avec ténacité et une constance qui défie toute rationalité, les régions Pays de
la Loire et Bretagne, les départements de Loire-Atlantique et d’Ille-et-Vilaine
et les villes de Nantes et Rennes ont obtenu qu’un projet d’aéroport
international imaginé dans les années 1960 (!) soit reconnu, en 2008, d’utilité
publique.
A quelques encâblures de Nantes, le futur aéroport dit de Notre-Dame-des-Landes
remplacerait l’actuel aéroport jugé trop petit pour accueillir les millions de
passagers supplémentaires prévus dans des scénarios totalement
surdimensionnés.
De 2,6 millions de passagers en 2009 transitant par l’aéroport actuel de Nantes
Atlantique, la nouvelle plate-forme aéroportuaire en attirerait jusqu’à 9
millions par an en 2050 !
Rassurant ou pas… les promoteurs du projet annonçaient déjà en 1960 un objectif
de 9 millions de passagers prévus en l’an 2000 ! Ces prévisions font
évidemment totalement abstraction des projets de lignes ferroviaires à grande
vitesse, du renchérissement du coût des matières pétrolières et du nécessaire
combat contre le dérèglement climatique. En 2009, le secteur aéroportuaire a vu
le nombre de passagers chuter de plus de 4 %, démontrant par l’absurde que les
prévisions n’engagent que celles et ceux qui y croient.

Un aéroport « haute qualité environnementale »
?
…Telle est en tout cas l’ambition du ministère de l’écologie qui tente, au
travers de communications biaisées de verdir un projet qu’il ne l’est
pas ! Appliquant la stratégie de certaines grosses multinationales qui
usent et abusent d’arguties faussement écologiques, le ministère de l’écologie
considère qu’un aéroport au bilan carbone déplorable sera
« écologique » si les promoteurs du projet recourent aux options les
moins pires et le saupoudre d’une ou deux voitures électriques pour amuser la
galerie !
Que l’aéroport actuel soit largement suffisant, que l’implantation du futur
aéroport soit prévue sur plus de 1650 hectares de zones agricoles et zones
humides… que l’accès à cet aéroport nécessite la construction de nouvelles
routes… que cette infrastructure incite à utiliser l’un des modes de transport
les plus carbonnés… que cette nouvelle plate-forme aéroportuaire repose sur la
généralisation des compagnies dites « low cost »… rien n’est de nature à
remettre en cause ce projet !
Pour les promoteurs de ce nouvel aéroport, le développement durable est une
façon habile de réhabiliter des projets vieux de 50 ans ! Pour faire bonne
figure, les élus locaux annoncent, sans trop y croire, la création d’un millier
d’emplois durant les travaux, liée à un investissement somptuaire de 581
millions d’euros.
Ce montant n’a pas été réévalué depuis 2006 et exclut un certain nombre
d’investissements qui ne manqueront pas de faire gonfler l’addition !
L’équilibre financier à long terme du projet repose sur un trafic aérien en
constante augmentation qui ne peut que réserver de mauvaises surprises, au
regard des contraintes écologiques qui elles ne se négocient pas !
Dans les faits, l’Etat français et les collectivités locales voleront sans
doute au secours de cet aéroport pour éponger les dettes !

71 % des Français hostiles à la construction de nouveaux
aéroports
Dans un sondage exclusif BVA réalisé pour le compte d'Agir pour l'Environnement
et publié à l'occasion du lancement d'une nouvelle campagne intitulée
« Nouvel aéroport : il est temps d'atterrir ! », 71% des
Français se déclarent hostiles à la construction de nouveaux aéroports en
France. Fortes de ce soutien massif de l'opinion publique, les associations
réclament l'abandon immédiat du projet d'aéroport dit de Notre-Dame des Landes
situé à proximité de Nantes.

Le projet d'aéroport dit de Notre-Dame-des-Landes est porté par ceux qui
jugent l'actuel aéroport de Nantes trop petit pour accueillir les millions de
passagers supplémentaires prévus dans des scénarios totalement surdimensionnés.
Alors que le trafic des avions à Nantes a fortement diminué depuis 2000 (-14%),
les promoteurs de ce projet d'aéroport table sur une augmentation théorique du
nombre de passagers, passant de 2,6 millions en 2009 à plus de 9 millions en
2050 !Pour l'Acipa, association locale qui se mobilise contre ce projet,
« ces évaluations farfelues ne sont produites que pour justifier un projet
inutile et qui sera, à terme, coûteux pour les collectivités locales. Prévoir 9
millions de passagers à échéance 2050 est une façon cynique de faire
abstraction de la raréfaction des matières pétrolières et surtout faire preuve
d'une complète irresponsabilité envers les enjeux climatiques !
».
Pire, l'implantation du projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes est
prévue sur plus de 1650 hectares de terres agricoles et zones humides. Pour
Agir pour l'Environnement, « l'Etat français ainsi que les régions Pays de
la Loire et Bretagne doivent enfin accepter que les grands discours en faveur
de la lutte conte le dérèglement climatique et la préservation de la
biodiversité se traduisent enfin dans les faits. "L'écologie hors-sol" qui
consiste à parler fort et agir peu ne peut tenir lieu de stratégie et doit être
sanctionnée ! »
Par ailleurs, les associations demandent que le projet d'aéroport soit
évalué rigoureusement par des critères environnementaux comme l'oblige la loi
Grenelle 1 (article 17) dans le cadre de l'élaboration du futur Schéma national
des Infrastructures de Transport (SNIT). Ce dernier doit en effet constituer
une révision du CIADT(1) de décembre 2003 dans lequel figure le projet
d'aéroport. Selon les termes de la loi, ce SNIT devait être publié avant la fin
de l'année 2009... A ce jour, l'Etat est ainsi hors-la-loi puisque ce schéma
n'a toujours pas été publié !
Selon les dernières données scientifiques, le secteur aérien représenterait
près de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre(2) en hausse de 90%
depuis 1990. Le secteur aérien bénéficie d'un traitement de faveur (carburant
non taxé, pas de TVA sur les billets, rejets de gaz à effet de serre
internationaux non couverts par Kyoto, etc.) qui lui permet de concurrencer le
rail, même sur des destinations intra-nationales. Pour les associations, il
devient urgent de mettre en place une écotaxe sur le kérosène, pour les vols
domestiques et prioritairement là où il existe une alternative
ferroviaire.
(1) Comité Interministériel de l'aménagement et du développement du
territoire
(2) Voir : http://tinyurl.com/opk8nc
Source : Agir pour l’Environnement
Pour plus d’information
Téléchargez le document de la
campagne "Nouvel aéroport... il est temps d'atterrir !"
Lisez
l'article du Monde : Le projet d'aéroport près de Nantes, enjeu de la
campagne en Pays de la Loire
Consultez le site de l’Association
ACIPA.
Pour agir
Téléchargez et envoyez les cartes-pétitions de la
campagne
Participez la manifestation :





Commentaires
Bonsoir,
J'aimerai savoir combien de pétition web existent, et avoir accès à la liste des signataires (j'en signe tellement ...)
Merci et courage !Michèle,
Il existe deux modes pour publier une pétition sur Internet.
1- La pétition se trouve sur le site de la personne ou du groupe qui l'émet
Il n'existe pas de liste globale de tous les sites qui incluent une pétition.
Si vous recherchez une pétiton sur un thème précis, faites une recherche en utilisant votre moteur de recherche habituel (google...)
Quant à connaitre le nombre de signataires, tout dépend du site et de la pétition.
Certains indiquent le nombre de signataires en temps réel, d'autre non.
2- La pétition se trouve sur un site spécialisé dans les pétitions.
Ces sites vous offrent une liste des pétitions qu'ils hébergent et donnent pour chacune le nombre de signataires courant.
Les deux plus importants sites que je connaisse sont :
http://www.lapetition.be/
http://www.mesopinions.com/
Né à Saint Nazaire en 1985, pour que vous puissiez vous rendre compte de mon âge, je m'interroge sur le fait de ne pas accepter la construction de cet aéroport.
Tout d'abord est-ce du aux habitations voisines? si oui je pense que la plupart des habitations ont moins de 50ans et le projet était déjà en place donc bien entendu les personnes qui ont pu faire construire dans cette zone ne s'en était peut être pas inquiété à l'époque!
De plus je pense que si c'est d'un point de vue écologique le projet semble entièrement pensé vert ce qui va complètement dans votre sens.
Enfin penser que ce projet va être une perte d'argent pour les collectivités je serai plus d'avis à dire que ça va relancé la dynamique après une période de crise.
Cordialement.
OUI, pour la constructruction de cet aéroport. Cela va aider à créer des emplois, il y aura des entretiens d'embauche. OUI pour cet aéroport qui débloquera les aéroports de Paris. Alors s'il vous plaît dites OUI à cet aéroport.
OUI OUI OUI OUI OUI et VIVE L'AERIEN!!!!!!
Le transport aérien est tout sauf une solution d’avenir.
Source d’inégalités, de pollution et autres nuisances, il va à l’encontre d’un avenir durable.
Source d’inégalités.
Tous les français n’habitent pas près d’un aéroport.
Je suis bien placé pour en parlé, ayant habité de nombreuses années près d’un couloir aérien.
Les nuisances sonores et liées à la pollution sont énormes.
Pour ceux qui considère la qualité de vie, l’environnement comme fondamental, habiter près d’un aéroport est une galère.
Pour ceux qui considèrent comme positif d’avoir un accès rapide à l’avion, habiter loin d’un aéroport est un handicap.
L’avion est un des modes de transport les plus inégalitaires au niveau de l’aménagement du territoire.
Que ceux qui pensent que l’avion est un mode de transport démocratique, ou qui le devient grâce au low cost se détrompent. Le low cost est très inégalitaire pour les salariés qui se voient pressurisés, obligés de travailler au mépris des lois françaises comme l’illustre l’affaire Ryanair.
Ryanair a décidé de Marseille après avoir été mise en examen pour « travail dissimulé », « prêt illicite de main d’œuvre », « emploi illicite » de personnel navigant, « entrave au fonctionnement du comité d’entreprise, aux fonctions de délégué du personnel ainsi qu’à l’exercice du droit syndical et au fonctionnement du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) ». 200 emplois ont ainsi été impactés par les agissements de Ryanair. Alors, oser parler d’emploi pour justifier la réalisation d’un aéroport… Ne savez-vous pas qu’il existe de nombreux secteurs positifs pour l’environnement qui sont fortement créateurs d’emplois non délocalisables ?
Un mode de transport non durable
Toujours plus vite, toujours plus loin.
Le transport aérien illustre parfaitement cette fuite en avant de notre société.
Le comparateur éco-déplacement de l'ADEME montre clairement que l’avion est le plus mauvais choix pour un trajet aller-retour de 1000 km à la fois du point de vue énergétique, que du point de vue pollution.