Notre-Dame-des-Landes… priez pour le climat !
Avec ténacité et une constance qui défie toute rationalité, les régions Pays de la Loire et Bretagne, les départements de Loire-Atlantique et d’Ille-et-Vilaine et les villes de Nantes et Rennes ont obtenu qu’un projet d’aéroport international imaginé dans les années 1960 (!) soit reconnu, en 2008, d’utilité publique.
A quelques encâblures de Nantes, le futur aéroport dit de Notre-Dame-des-Landes remplacerait l’actuel aéroport jugé trop petit pour accueillir les millions de passagers supplémentaires prévus dans des scénarios totalement surdimensionnés.
De 2,6 millions de passagers en 2009 transitant par l’aéroport actuel de Nantes Atlantique, la nouvelle plate-forme aéroportuaire en attirerait jusqu’à 9 millions par an en 2050 !
Rassurant ou pas… les promoteurs du projet annonçaient déjà en 1960 un objectif de 9 millions de passagers prévus en l’an 2000 ! Ces prévisions font évidemment totalement abstraction des projets de lignes ferroviaires à grande vitesse, du renchérissement du coût des matières pétrolières et du nécessaire combat contre le dérèglement climatique. En 2009, le secteur aéroportuaire a vu le nombre de passagers chuter de plus de 4 %, démontrant par l’absurde que les prévisions n’engagent que celles et ceux qui y croient.

Un aéroport « haute qualité environnementale » ?
…Telle est en tout cas l’ambition du ministère de l’écologie qui tente, au travers de communications biaisées de verdir un projet qu’il ne l’est pas ! Appliquant la stratégie de certaines grosses multinationales qui usent et abusent d’arguties faussement écologiques, le ministère de l’écologie considère qu’un aéroport au bilan carbone déplorable sera « écologique » si les promoteurs du projet recourent aux options les moins pires et le saupoudre d’une ou deux voitures électriques pour amuser la galerie !
Que l’aéroport actuel soit largement suffisant, que l’implantation du futur aéroport soit prévue sur plus de 1650 hectares de zones agricoles et zones humides… que l’accès à cet aéroport nécessite la construction de nouvelles routes… que cette infrastructure incite à utiliser l’un des modes de transport les plus carbonnés… que cette nouvelle plate-forme aéroportuaire repose sur la généralisation des compagnies dites « low cost »… rien n’est de nature à remettre en cause ce projet !

Pour les promoteurs de ce nouvel aéroport, le développement durable est une façon habile de réhabiliter des projets vieux de 50 ans ! Pour faire bonne figure, les élus locaux annoncent, sans trop y croire, la création d’un millier d’emplois durant les travaux, liée à un investissement somptuaire de 581 millions d’euros.
Ce montant n’a pas été réévalué depuis 2006 et exclut un certain nombre d’investissements qui ne manqueront pas de faire gonfler l’addition ! L’équilibre financier à long terme du projet repose sur un trafic aérien en constante augmentation qui ne peut que réserver de mauvaises surprises, au regard des contraintes écologiques qui elles ne se négocient pas !
Dans les faits, l’Etat français et les collectivités locales voleront sans doute au secours de cet aéroport pour éponger les dettes !

71 % des Français hostiles à la construction de nouveaux aéroports
Dans un sondage exclusif BVA réalisé pour le compte d'Agir pour l'Environnement et publié à l'occasion du lancement d'une nouvelle campagne intitulée « Nouvel aéroport : il est temps d'atterrir ! », 71% des Français se déclarent hostiles à la construction de nouveaux aéroports en France. Fortes de ce soutien massif de l'opinion publique, les associations réclament l'abandon immédiat du projet d'aéroport dit de Notre-Dame des Landes situé à proximité de Nantes.

Le projet d'aéroport dit de Notre-Dame-des-Landes est porté par ceux qui jugent l'actuel aéroport de Nantes trop petit pour accueillir les millions de passagers supplémentaires prévus dans des scénarios totalement surdimensionnés. Alors que le trafic des avions à Nantes a fortement diminué depuis 2000 (-14%), les promoteurs de ce projet d'aéroport table sur une augmentation théorique du nombre de passagers, passant de 2,6 millions en 2009 à plus de 9 millions en 2050 !Pour l'Acipa, association locale qui se mobilise contre ce projet, « ces évaluations farfelues ne sont produites que pour justifier un projet inutile et qui sera, à terme, coûteux pour les collectivités locales. Prévoir 9 millions de passagers à échéance 2050 est une façon cynique de faire abstraction de la raréfaction des matières pétrolières et surtout faire preuve d'une complète irresponsabilité envers les enjeux climatiques ! ».

Pire, l'implantation du projet d'aéroport de Notre-Dame des Landes est prévue sur plus de 1650 hectares de terres agricoles et zones humides. Pour Agir pour l'Environnement, « l'Etat français ainsi que les régions Pays de la Loire et Bretagne doivent enfin accepter que les grands discours en faveur de la lutte conte le dérèglement climatique et la préservation de la biodiversité se traduisent enfin dans les faits. "L'écologie hors-sol" qui consiste à parler fort et agir peu ne peut tenir lieu de stratégie et doit être sanctionnée ! »

Par ailleurs, les associations demandent que le projet d'aéroport soit évalué rigoureusement par des critères environnementaux comme l'oblige la loi Grenelle 1 (article 17) dans le cadre de l'élaboration du futur Schéma national des Infrastructures de Transport (SNIT). Ce dernier doit en effet constituer une révision du CIADT(1) de décembre 2003 dans lequel figure le projet d'aéroport. Selon les termes de la loi, ce SNIT devait être publié avant la fin de l'année 2009... A ce jour, l'Etat est ainsi hors-la-loi puisque ce schéma n'a toujours pas été publié !

Selon les dernières données scientifiques, le secteur aérien représenterait près de 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre(2) en hausse de 90% depuis 1990. Le secteur aérien bénéficie d'un traitement de faveur (carburant non taxé, pas de TVA sur les billets, rejets de gaz à effet de serre internationaux non couverts par Kyoto, etc.) qui lui permet de concurrencer le rail, même sur des destinations intra-nationales. Pour les associations, il devient urgent de mettre en place une écotaxe sur le kérosène, pour les vols domestiques et prioritairement là où il existe une alternative ferroviaire.

(1) Comité Interministériel de l'aménagement et du développement du territoire
(2) Voir : http://tinyurl.com/opk8nc

Source : Agir pour l’Environnement

Pour plus d’information

Téléchargez le document de la campagne "Nouvel aéroport... il est temps d'atterrir !"
Lisez l'article du Monde : Le projet d'aéroport près de Nantes, enjeu de la campagne en Pays de la Loire
Consultez le site de l’Association ACIPA.

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