A peine le gouvernement a-t-il présenté les grandes lignes de son plan de lutte contre les algues, déjà il est contesté.

Les 134 millions d'euros qui seraient dépensés par l'Etat serviraient à contribuer au ramassage, au financement du compostage des algues ramassées et au plan de méthanisation, qui devrait permettre de produire de l'énergie et de l'engrais, et "d'accompagner les évolutions nécessaires des pratiques agricoles".

Les agriculteurs seraient invités à modifier leurs pratiques en matière d'engrais, "une mesure essentielle", insiste la secrétariat d'Etat à l'écologie, puisque la quantité "des engrais minéraux azotés achetés par les agriculteurs bretons est égal au volume des excédents d'azote en Bretagne".

Le président de l'association Halte aux marées vertes trouve qu'on ne sent pas de fibre écologique dans ce plan qui est fait pour le milieu agricole et va couter cher. L'association Eau et Rivières, qui a été reçue mardi avec d'autres écologistes par des membres du cabinet de la secrétaire d'Etat à l'écologie, se montre également très sceptique. "On est dans la com. Sur l'axe préventif, pour l'instant c'est la nébuleuse. Il est question de la mise en œuvre de projets territoriaux, de 'renaturalisation' de 20 % des surfaces, de protection des zones humides sur la base du volontariat, mais qu'est ce qu'on fait si ça ne marche pas ?" indique son Secrétaire.

Les élus des communes touchées trouvent que ce qui a été annoncé est vague et attendent les précisions qui doivent être données en fin de semaine.

Les agriculteurs estiment quant à eux qu'ils auront beaucoup à perdre si ce plan est mis en œuvre et parlent la fin de l'agriculture familiale si les contraintes agricoles n'étaient pas limitées aux deux baies de Saint-Brieuc et de Lannion, les plus touchées par les marées vertes, mais généralisées à six autres baies en Bretagne.

Mon avis

Il est indispensable de mettre en œuvre un plan efficace pour traiter le problème à la source, réduire de manière drastique l'usage des engrais en agriculture mais aussi les élevages intensifs et l'épandage des lisiers.

Pour plus d’information

Regardez le reportage de Benjamin Lucas.