Mille baleines - Le combat de Greenpeace
Par Gilles Héluin le mardi 2 février 2010, 06:09 - Animaux - Lien permanent
Mardi 2 février à 20h35 sur Arte
Ce documentaire a reçu les Prix du public, Munich 2009 ; Prix du jury,
Naturvision 2009

En Antarctique, trois mois de course-poursuite entre un bateau de Greenpeace
et une flotte japonaise qui, sous couvert de recherche, chasse la baleine dans
des eaux protégées. Un superbe documentaire écolo-épique.
À bord de l’« Esperanza » de Greenpeace, qui sillonne les eaux
tourmentées de l’océan Austral sur les traces des baleiniers
japonais.
En dépit du moratoire international décrété en 1986 sur la chasse à la
baleine, le Japon reste l'une des trois nations, avec la Norvège et l'Islande,
à les tuer et à en consommer la viande, en invoquant les besoins de la
recherche scientifique.
En 2007 et 2008, son quota de chasse était fixé à mille baleines dans les eaux
protégées de l'Antarctique. Une exception combattue par Greenpeace qui, fidèle
à sa politique de "sensibilisation créative", lance l'un de ses bateaux,
l'Esperanza, à la rencontre d'une flotte de chasse japonaise - dont un
navire-usine destiné à découper et à congeler la viande - afin de ralentir,
sinon d'empêcher, la tuerie. À bord, la réalisatrice Angela Graas a filmé le
voyage à la façon d'un journal de bord, plongeant dans l'intimité de cet
équipage international d'activistes bien décidés à s'interposer "entre la
baleine et le harpon".

© Leykauf Film / BR/ARTE
Au total, trois mois d'une spectaculaire course-poursuite, de la
Nouvelle-Zélande au sud du 60e parallèle, jusqu'au hasard favorable qui leur
fait croiser la route des Japonais. Réticents à chasser sous les caméras de
l'adversaire, ceux-ci entraînent l'Esperanza à pleine vitesse hors de la zone
de chasse, en cherchant à épuiser son carburant...
Le petit canot de Greenpeace s'interposant entre deux cargos géants sous le
jet croisé des lances à eau, pour tenter d'empêcher le navire-usine de faire
illégalement le plein en haute mer : la séquence, même si elle illustre
l'inégalité des parties en présence, accrédite aussi la vision héroïque d'une
poignée de militants en lutte contre l'ordre des choses, façon David contre
Goliath. "Embarquée", la caméra l'est clairement du côté des écologistes, même
si Angela Graas ne fait aucun commentaire, laissant parler ses magnifiques
images. Frissons de l'aventure, émerveillement devant la nature (des icebergs
bleutés aux bancs de baleines jouant dans les vagues), anxiété d'échouer,
tensions de la vie à bord, elle nous immerge avec maestria dans le quotidien de
cette campagne en haute mer.
Mon avis
Un combat emblématique (et médiatique) de l'écologie.
Un combat indispensable pour qu'enfin cesse la chasse soi disant scientifique
!
Il est inadmissible et consternant que cette situation perdure à notre époque
où ses animaux sont si rares dans les mers et océans.
Savez-vous que Greenpeace n'est pas la seule organisation à mener des actions spectaculaires pour s'opposer à la chasse baleinière ? Peut être l'actualité récente de leur bateau accidenté lors d'une action vous a-t-elle fait connaitre Sea Shepherd, une organisation plus "radicale"...
Impressions "à chaud" juste après avoir vu le reportage
:
Je m'attendais à des images difficiles et a vrai dire je craignais un peu
d'avoir du mal à supporter la vision de ces formidables animaux mis à
mort.
J'ai bien aimé l'approche du documentaire qui nous fait partager le voyage de
tout l'équipage Greenpeace.
Leur attente et leur incertitude (vont-ils trouver les bateaux ?) ainsi que la
difficulté de naviguer dans cette partie du globe.

© Leykauf Film / BR/ARTE
La joie ressentie au premier contact avec les baleines... c'est une chose
que j'aimerais tant voir, même avec des cétacés plus petits que les baleines à
bosses !
La découverte de la flotte de chasse tant attendue.
La course pour ne pas perdre les navires japonnais.
La protestation contre le ravitaillement, interdit à cette endroit.
Les risques pris par les militants.
Enfin la déception de devoir quitter la zone par manque de carburant.
Surtout le doute qui s'empare d'eux : est-ce que cela valait le coup,
le coût, et j'ajouterais la pollution engendrée par l'opération ?
Une réflexion, des questions qui habitent aussi les bien plus modestes
militants écologistes du quotidien...
Un film à recommander, vraiment !
Si vous l'avez loupé : Rediffusion jeudi 4 février à 10H50 et lundi 8
février à 01H15.
Ou aussi en VOD gratuitement pendant 7 jours : http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=3042558,scheduleId=3016560.html


