La France se prononce pour l'interdiction du commerce international du thon rouge
Par Gilles Héluin le jeudi 4 février 2010, 07:39 - Animaux - Lien permanent
Le thon rouge, menacé de disparition
On pêche le thon rouge en Méditerranée depuis 5000 ans. Selon les
scientifiques, depuis les années 1980, l'espèce est décimée : le nombre de
thons rouges a diminué de 80%.
C'est donc une espèce menacée.
Il faut la protéger d'urgence.
Sur-pêche et commerce international sont les principales causes de la
mort du thon.
Les thons pêchés sont engraissés dans des cages en Méditerranée, puis exportés,
essentiellement vers le Japon (plus de 80% de la consommation
mondiale).

Pourquoi se mobiliser maintenant ?
Du 13 au 25 Mars 2010 se tiendra la convention internationale sur le commerce
d'espèces de faune et de flore menacés d'extinction (Citès), au Quatar. La
Cites rassemble 175 pays et veille à ce que le commerce international d'animaux
et de plantes sauvages ne menace pas la survie de leur espèce.
Greenpeace demande à ce que le thon rouge soit classé en annexe 1 de la Cites, sans délai et sans condition, afin d'interdire tout commerce international de cette espèce. C'est la seule solution pour sauver le thon rouge. En savoir plus.
Agissez maintenant
La France a une position déterminante dans les négociations de la Citès, c'est
un des premiers pêcheurs européens. Or Bruno Lemaire, ministre de l'agriculture
et de la pêche, demande un classement en annexe 2, ce qui permettrait seulement
de réguler le commerce international, sans l'interdire.
Greenpeace vous propose de signer sa pétition :
Bonne nouvelle : le 3 février la France se déclare pour l'interdiction du commerce international
France Nature Environnement déclare : un pas important, mais rien n 'est résolu
Le gouvernement français vient de se prononcer pour une interdiction du commerce international du thon rouge d’ici 18 mois, sans pour autant interdire toute pêche, et soutiendra ainsi la demande de Monaco pour la prochaine conférence de la CITES. Pour FNE, il s’agit d’une position de bon sens face à une situation déplorable.
Le gouvernement français vient donc de décider de la seule position réaliste en vue de la prochaine conférence de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) à Doha du 13 au 25 mars qui doit débattre de l’avenir de l’espèce et de sa pêche : soutenir la demande d’inscription à l’Annexe 1 de la Convention qui a été présentée par Monaco, et qui conduit en principe à l’interdiction du commerce international (en clair, vers le Japon, premier consommateur), mais pas celui au sein de l’Europe, et encore au moins au sein d’un pays pêcheur.
Cette position est de bon sens, car seul Monaco a le droit de soulever la question, sachant qu’aucun pays n’a déposé dans les délais une demande pour l’Annexe 2. Celle-ci, moins contraignante, permet théoriquement d’encadrer le commerce international sans l’interdire (contrôles douaniers). Or si l’Europe ne commence pas par soutenir Monaco 1, il ne sera même pas possible d’obtenir l’Annexe 2 dans la négociation.
Pour ne pas se heurter d’entrée de jeu à un refus frontal de nombre de pays qui conduirait à un échec certain, et pour donner un temps d’adaptation aux pêcheurs, la France propose un délai de 18 mois qui s’ajoute aux 3 mois de délai de rigueur avant l’entrée en vigueur de toute décision de la CITES.
La fédération France Nature Environnement déplore l’échec des Etats poussés par l’égoïsme national et les lobbies professionnels, qui a conduit à un quasi effondrement du thon rouge. Elle salue néanmoins le revirement français et européen. Pour Christian Garnier, vice-président de FNE « La voie de la CITES n’est pas celle que nous aurions souhaité, mais il faut s’y résoudre. Les experts savent que, Annexe 1 ou Annexe 2, des moyens existent de s’y soustraire légalement. Mais la CITES donne néanmoins des bases juridiques pour mieux combattre la pêche illicite, à l’origine des plus graves pressions. »
Quel que soit l’aboutissement de la négociation, Annexe 1 ou Annexe 2, il doit conduire à une réduction notable de l’effort de pêche. Pour Denez L’Hostis, pilote de la mission mer, « Pour la France, contrairement à ce qui est souvent affirmé, il ne s’agit pas d’arrêter toute forme de pêche, mais de réduire considérablement la pression durant quelques temps, et surtout de mettre un terme au trafic quasi-mafieux de thons immatures en direction des cages d’engraissement, situées notamment en Lybie ou à Malte. En aucun cas, le commerce du thon pêché et vendu au sein de l’Union européenne n’est menacé. »
Le vrai danger serait que l’Europe ne parvienne pas à faire pression à la CITES pour renforcer les mesures de protection, et, davantage encore, s’organiser pour exercer d’urgence un contrôle et une police efficaces de ce qui se passe dans les eaux européennes. Particulièrement si un sursis de 18 mois est accordé. Et là, il ne s’agit plus d’une question annexe.
Pour plus d’information
Voir mon billet ici.
Lire l'avis de
l'association Robin des Bois, contre l'interdication et favorable au
classement en annexe 2 de la Cites.
Mon avis
La France pousse dans le bon sens et c'est bien.Mais pourquoi donc proposer
d'attendre 18 mois d'avoir certains avis scientifiques ?
La situation du thon rouge réclame une action urgente !



