Le réseau Biocoop milite pour une autre politique des semences :

Source de l’agriculture biologique, la semence est un composant incontournable de la biodiversité. En effet, s’il est > question de protéger cette fameuse biodiversité, il est alors impératif de maintenir une multiplicité d’espèces végétales à la portée de tous les paysans, tant dans la pratique que dans le commerce des semences. Aujourd’hui, la réalité des semences bio est toute autre : les pratiques du marché auxquelles elles sont rattachées ne sont pas favorables à la préservation de l’agro biodiversité.

Une réglementation restrictive
Les coûts d’inscription d’une espèce au Catalogue Officiel des espèces et des variétés cultivées s’élèvent à 15 000 euros pour les grandes cultures par exemple. ** Au travers de ce catalogue, la législation qui encadre le marché des semences paysannes avantage les semenciers industriels. Pour avoir le droit de vendre et d’échanger ses propres semences, un agriculteur est obligé de les inscrire sur un catalogue officiel, régi par des règles astreignantes et un coût d’inscription onéreux. Certains agriculteurs sont alors parfois contraints à l’illégalité.
« Il y a un vide juridique autour des semences paysannes qui amène certains agriculteurs à se protéger autrement et à trouver des solutions alternatives» explique Valérie Chable, chercheuse à l’INRA Rennes.
C’est le cas de l’association de producteurs Kaol Kozh (Bretagne) dont les semences sont la copropriété de tous ses adhérents. «En nous appuyant sur nos statuts, nous pouvons, entre adhérents, échanger, partager nos semences qui sont elles mêmes, produites et sélectionnées par une autre partie de nos adhérents ! » commente René Léa, président de l’association Kaol Kozh (vieux chou en breton et bien commun en russe).

Un monopole industriel
2006 : 10 sociétés contrôlaient 57% des ventes mondiales de semences contre 37% en 1996.
Le marché des semences paysannes est majoritairement dominé par de grands semenciers industriels. Ces derniers choisissent de mettre sur le marché les semences qu’ils jugent les plus rentables… En résultent une érosion massive de la diversité agricole - plus particulièrement en agriculture biologique - et un non respect de la saisonnalité des produits. De nombreuses variétés anciennes ont aujourd’hui disparu (les choux de Lorient ou encore les haricots coco de Pont l’Abbé) et, à l’inverse, différentes espèces de tomates ou de fraises sont proposées en toutes saisons !

Des agriculteurs dépossédés
« Les paysans sont totalement dépendants financièrement des gros semenciers industriels. Ils ne maîtrisent plus leurs propres semences alors que par nature, ces dernières sont le résultat de leur travail. »

Philippe Catinaud, de Réseau Semences Paysannes

Le principe même du commerce des semences industrielles prive les agriculteurs d’un savoir-faire ancestral pour maintenir la capacité de production et sans enjeu financier véritable. Les agriculteurs souffrent donc d’une véritable perte d’autonomie dans leur métier alors que le travail et la sélection des semences paysannes sont des pratiques séculaires de l’agriculture traditionnelle.

Tel qu’il est pratiqué aujourd’hui en France, le commerce des semences paysannes engendre de lourdes conséquences sur la diversité cultivée.

Pour plus d’information

Consultez le communiqué de presse de Biocoop.
Visitez le site du réseau Semences paysannes.