Exportations de matières nucléaires : action Greenpeace et pétition
Par Gilles Héluin le mardi 26 janvier 2010, 06:48 - Nucléaire - Lien permanent
Toute la nuit du 24 au 25janvier, Greenpeace est restée mobilisé pour tenter de bloquer un convoi de déchets nucléaires, qui devait être exporté vers la Russie : quatre activistes se sont enchaînés sur la voie à Cherbourg dimanche à 21h, puis deux autres activistes ont stoppé le train en pleine voie à hauteur de Valognes lundi à 5h30, et enfin, un camion de Greenpeace a été placé sur la voie ferrée dans Cherbourg même, vers 8h30. Le Kapitan Kuroptev, navire chargé d’apporter les déchets en Russie, n’aura pas eu sa cargaison à l’heure…

© Greenpeace / Pierre Gleizes
Sur ce camion qui a bloqué le train en pleine ville, était écrit « La Russie n’est pas une poubelle ». Areva et EDF continuent de clamer le contraire, mais ces exportations sont bien illégales. L’argument du soit disant recyclage des industriels serait valable si 100 % des fûts exportés revenaient en France, sous une forme différente et exploitable. Cela n’est pas le cas, selon un rapport du Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire (HTISN - consulter le rapport ici), la plupart de ces matières sont abandonnées en Russie.
Greenpeace déclare :
Nous avions annoncé que nous ferions tout pour imposer un moratoire sur l’exportation de déchets nucléaires vers la Russie, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace. Il faut que les pouvoirs publics réagissent et interdisent ces exportations. Nous serons intraitables là-dessus !
Greenpeace mobilise le grand public pour obtenir un moratoire de la part de
Jean-Louis Boorlo en proposant de lui écrire une lettre.
Pour agir
Ecrivez à J-L Borloo pour lui demander un moratoire immédiat.
Voici le texte de la pétition :
Monsieur le ministre d'État,
Vous n'êtes pas sans savoir qu'Areva poursuit ses exportations de matières nucléaires depuis le port du Havre à destination de la Russie. Non seulement la nature des matières qu'Areva s'apprête à envoyer en Russie reste très confuse, mais la question du devenir de ces matières qui défraie la chronique depuis une dizaine de jours n'a toujours pas été élucidée.
Conscient de ce grave manque de transparence, vous avez-vous-même saisi le Haut comité pour la transparence et l'information sur la sûreté nucléaire qui s'est réuni le 19 octobre et a demandé aux industriels du nucléaire l'inventaire global des matières et déchets produits dans le cycle du combustible et va organiser des auditions et une enquête.
Voilà pourquoi je vous demande aujourd'hui d'appliquer le principe de précaution et de décréter un moratoire immédiat et total sur les exportations de matières nucléaires le temps que toute la lumière soit faite et qu'aboutissent les enquêtes en cours.
Ce trafic de matières nucléaires dure depuis plus de trente ans, ces déchets vont et viennent dans l'opacité la plus totale. Le Haut comité sur la transparence a raison d'exiger la publication par les exploitants des inventaires et flux des matières et déchets nucléaires. En tant que responsable politique vous avez un droit, voire une obligation d'inventaire face à des industriels qui ont trop longtemps agi dans l'absence totale de contrôle démocratique.
En vous remerciant des suites que vous donnerez à cette demande urgente, je vous prie d'agréer, monsieur le ministre d'État, l'expression de ma très haute considération.



