2750 sites pollués en Arctique
Par Gilles Héluin le samedi 5 juin 2010, 07:20 - Pollution - Lien permanent
En analysant les informations disponibles et en correspondant avec les services spécialisés aux Etats-Unis, au Canada, au Groenland, en Norvège, en Suède et en Finlande, L'association Robin des Bois a achevé après un an de recherche un inventaire des sites pollués en Arctique.

Longtemps, il a été soutenu par les pays riverains de l’Arctique que le permafrost et le froid étaient un mode et un lieu éternel de gestion et de confinement des déchets. Mais depuis 30 ans, il est constaté que des rivières, des lacs et des eaux souterraines sont contaminés par la migration de polluants issus des décharges et d’autres sites pollués. La mobilisation des polluants provient des variations de températures et des niveaux des eaux, de la fonte des neiges, de la pluie et des inondations. Le gel n’a pas rempli son rôle de cocon pour polluants. Dans la perspective du réchauffement climatique, la rupture progressive de la chaîne du froid serait une catastrophe écologique et accélérerait la libération de tous les déchets.

Les cartes réalisées dans le cadre de l’inventaire des sites pollués en Arctique de Robin des Bois synthétisent les informations fournies par les pays dont une partie du territoire est situé dans le cercle polaire arctique, c'est-à-dire au delà de 66 degrés 33 minutes de latitude nord. Un site pollué est repéré par un point rouge. Dans les cas où la collectivité comporte plusieurs sites pollués sur son emprise, ils ont été représentés par des points de tailles différentes et croissantes : 2 à 10, plus de 10, plus de 50 sites pollués.
Chaque pays étudié – Canada, Etats-Unis (Alaska), Finlande, Groenland, Norvège, Suède – fait l’objet d’une carte des sites pollués inventoriés par ses services administratifs et d’un récapitulatif des principaux polluants connus. La carte générale regroupe l’ensemble des sites pollués à l’intérieur du cercle polaire arctique et le nombre de sites connus par pays. Pour la Russie, faute d’inventaire précis, le territoire russe à l’intérieur du cercle polaire arctique est parsemé de points d’interrogation. Un inventaire consacré à l’arctique russe sera publié ultérieurement.
Au total l’association a dénombré quelques 2750 spots de pollution, en
compilant les données fournies par six des pays riverains de l'océan Arctique
(la Russie n'a pas transmis ses données). L'Alaska en regroupe 509, tandis que
662 autres ont été recensés au Canada, 468 au Groenland, 418 en Suède, 524 en
Norvège et 169 en Finlande.
« C'est un nombre anormalement élevé par rapport à la densité de
population sur place, qui est très faible (…) ces 2750 sites constituent de
véritables abcès environnementaux et des voies de transfert des polluants vers
les eaux douces et marines. Si tous les projets d'activité industrielle en
Arctique gèrent les déchets de la même manière que les activités pionnières, on
court à la catastrophe », commente Jacky Bonnemains, président de Robin des
Bois.
Pour plus d’information
Consultez le site de l'association
Robin des Bois.



