RN 13 dans l'Eure, la préfète a confirmé l'abattage de 450 arbres entre Miserey et Saint-Aquilin-de-Pacy dès la mi-janvier.

Malgré l'opposition de plusieurs associations de défense de l'environnement, une partie des arbres (essentiellement des érables, mais aussi des bouleaux et des pins) bordant la RN 13 seront abattus. Dès la mi-janvier, lors d'un chantier d'une quinzaine de jours qui réduira la circulation à une seule file. La préfète, Fabienne Buccio l'a précisé, en laissant le soin à Pascal Gabet, ingénieur à la Dirno (Direction interrégionale des routes Nord-Ouest) de donner les détails de l'opération. Sur les 24 km de RN 13 entre Evreux et Chaufour, les autorités ont constaté « une accidentologie préoccupante » : 65 accidents corporels relevés entre 2002 et 2007, ayant fait 18 morts et des dizaines de blessés. La plupart des sorties de route sont dues à « la perte de vigilance, l'alcoolémie n'étant pas en cause. » Sur cet axe, une portion de 6 km entre Miserey et Saint-Aquilin-De-Pacy est particulièrement meurtrière : dix tués, dont sept contre des arbres.

Penser aux abeilles... Des mesures ont été prises : pose de deux radars en 2008, revêtement des accotements, pose de glissières et abattage ponctuel, suppression d'obstacles. Les 1 100 arbres bordant la RN 13 entre Evreux et Chaufour ne sont pas tous condamnés. Seront abattus 350 arbres entre Saint-Aquilin et Miserey plantés à quatre mètres ou moins de la chaussée, et 102 arbres signalés par l'ONF comme malades ou fragilisés et présentant un risque de chute sur la route. La pose de glissières métalliques (sur 5 km) viendra protéger les arbres. Si l'abattage répond à l'aspect sécurité routière « notre objectif est de concilier aussi l'aspect paysager », justifie la préfète. Ainsi, un plan de gestion des arbres restant sera mis en place, et de nouvelles essences (des ormes par exemple) seront replantées à l'automne, au-delà des glissières. Les délaissés en friche seront aménagés avec un paysagiste, et la bioéthique favorable aux abeilles sera incitée avec la mise en place de plantes et d'arbustes mellifères. « Le maire de Saint-Aquilin-de Pacy a pris contact avec nous pour marquer l'entrée de la ville, à l'occasion de ces travaux », précise la préfète. Des travaux d'un coût évalué dans une large fourchette : entre 500 000 € et 1 M€.

Un projet prématuré « Personne ne s'oppose à vouloir sauver des vies, lance Michel Bricout de La Sauvegarde de la vallée d'Eure. On dit juste que le dossier n'a pas été concerté. » Pour celui qui est par ailleurs membre de la commission des sites et paysages, ce projet d'abattage est « prématuré » et « manque de clarté ». Pourquoi ces arbres doivent-ils être abattus ? Quels sont les arbres « dangereux » ? Pourquoi un seul arbre pour deux abattus sera-t-il replanté ? Et où ? Autant de questions auxquelles l'association aimerait obtenir des réponses.

Dénoncer d'autres suppressions Evreux nature environnement compte bien marteler son opposition à ce projet. Pas en s'enchaînant aux dits arbres quand les tronçonneuses seront sur site. Mais en organisant une manifestation dans les rues d'Evreux (date à préciser). L'occasion également de dénoncer d'autres disparitions d'arbres prévues : la « trouée » dans la forêt d'Evreux pour y laisser passer la déviation sud-ouest, le « relookage » de la colline de Saint-Michel, l'abattage d'arbres remarquables dans la propriété Herissey…

Source : http://www.paris-normandie.fr

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