Cruiser, c'est reparti pour un an !
Par Gilles Héluin le mercredi 30 décembre 2009, 08:14 - Les produits dangereux - Lien permanent
Le ministère de l'Agriculture a annoncé mardi 16 décembre 2009 le
renouvellement pour un an de l'autorisation du Cruiser pour traiter les
semences de maïs. cette autorisation intervient alors que de nombreuses
associations de défense de l'environnement ainsi que les apiculteurs demandent
depuis longtemps le retrait de cet insecticide.
Selon le communiqué officiel du ministère, l'utilisation du Cruiser sera
donc autorisé pour la campagne 2009-2010 de semence de maïs, "sur le maïs
ensilage, le maïs grain et le maïs porte-graine mâle". Alors qu'à l'issue de la
précédente autorisation qui prenait fin en juin 2009, Michel Barnier, le
précédent ministre de l'Agriculture avait jugé que "les conditions n'étaient
pas réunies pour statuer sur une nouvelle autorisation", Bruno LeMaire précise
que l'autorisation accordée pour 2009-2010 devra à nouveau faire l'objet d'une
évaluation de l'Afssa dans un an, avant un éventuel renouvellement.
L'Afssa recommande de mettre en œuvre des dispositions particulières pour
réduire au maximum l'émission et la dispersion des poussières au moment des
semis, accorder une attention particulière aux conditions de pelliculage des
semences, restreindre la période de semis de semences de maïs grain et ensilage
et de maïs porte-graines femelle traité avec la préparation CRUISER à une
période s'arrêtant au 15 mai, de respecter des distances d'éloignement de 3 km
minimum entre les ruches et les parcelles semées de maïs porte-graine mâle,
lorsqu'elles sont traitées au Cruiser et enfin, de mettre en place un suivi des
teneurs en substances actives au niveau des nappes d'eau à proximité des zones
de traitement.
France Nature Environnement (FNE) avait remis au ministère une pétition
signée par 45.000 personnes et demandant le retrait du Cruiser. L'association
rappelle en effet que le lien entre le Cruiser et des cas de mortalité
d'abeilles constatés cette année en Charente-Maritime et en Vendée a été
confirmé par l'Afssa.

Arnaud Gossement, porte-parole de FNE a déclaré :
"C'est une très, très grosse déception, d'autant que "de renouvellement d'un an
renouvellement d'un an, cela devient une autorisation permanente qui ne dit pas
son nom. "
"C'est totalement contraire au principe de précaution, ça sert à quoi
d'inscrire le principe de précaution dans la constitution si c'est pour en
arriver là".
De son côté, le président de l'Union nationale de l'apiculture française
(Unaf), Henri Clément, a qualifié de "pitoyable" cette décision :
"On continue à autoriser des produits qui sont toxiques pour les abeilles et
les pollinisateurs sauvages et pour l'environnement".
Le cruiser "n'est pas ré-autorisé en Allemagne, il est interdit en Italie. Je
ne comprends pas la politique menée en France."
La Confédération paysanne a vivement critiqué cette décision, estimant que
l'AFSSA a "fait une présentation partielle des études disponibles". Dénonçant
les "multiples dangers" présentés par ces insecticides pour les abeilles et
l'environnement, elle juge dans un communiqué qu'ils "constituent un non-sens
agronomique", observant que "la rotation longue reste la meilleure alliée des
producteurs de maïs".
Mon avis
D'année en année, l'Etat cède au lobby des pesticides et reconduit
l'autorisation du Cruiser.
Et ce sont les abeilles qui trinquent !
2010 : encore une mauvaise année !
Quant aux recommandations de l'Afssa, qui s'assurera qu'elles sont
respectées ? Personne. Respectées ? Elle ne le seront pas !
On ne me fera pas croire que les agriculteurs semant des graines traitées
veilleront aux distances d'éloignement de 3 km minimum entre les ruches et les
parcelles semées.




Commentaires
Mais que peut-on faire lorsque, malgré une mobilisation importante de la société civile (associations, apiculteurs et citoyens), les choses ne bougent pas? Devra t-on, comme pour les OGM, procéder à l'arrachage illégale des plants de champs traités au Cruiser? Tout cela me révolte, et je me sens dans une impuissance inouïe, qui me désespère...