Le ministère de l'Agriculture a annoncé mardi 16 décembre 2009 le renouvellement pour un an de l'autorisation du Cruiser pour traiter les semences de maïs. cette autorisation intervient alors que de nombreuses associations de défense de l'environnement ainsi que les apiculteurs demandent depuis longtemps le retrait de cet insecticide.

Selon le communiqué officiel du ministère, l'utilisation du Cruiser sera donc autorisé pour la campagne 2009-2010 de semence de maïs, "sur le maïs ensilage, le maïs grain et le maïs porte-graine mâle". Alors qu'à l'issue de la précédente autorisation qui prenait fin en juin 2009, Michel Barnier, le précédent ministre de l'Agriculture avait jugé que "les conditions n'étaient pas réunies pour statuer sur une nouvelle autorisation", Bruno LeMaire précise que l'autorisation accordée pour 2009-2010 devra à nouveau faire l'objet d'une évaluation de l'Afssa dans un an, avant un éventuel renouvellement.

L'Afssa recommande de mettre en œuvre des dispositions particulières pour réduire au maximum l'émission et la dispersion des poussières au moment des semis, accorder une attention particulière aux conditions de pelliculage des semences, restreindre la période de semis de semences de maïs grain et ensilage et de maïs porte-graines femelle traité avec la préparation CRUISER à une période s'arrêtant au 15 mai, de respecter des distances d'éloignement de 3 km minimum entre les ruches et les parcelles semées de maïs porte-graine mâle, lorsqu'elles sont traitées au Cruiser et enfin, de mettre en place un suivi des teneurs en substances actives au niveau des nappes d'eau à proximité des zones de traitement.

France Nature Environnement (FNE) avait remis au ministère une pétition signée par 45.000 personnes et demandant le retrait du Cruiser. L'association rappelle en effet que le lien entre le Cruiser et des cas de mortalité d'abeilles constatés cette année en Charente-Maritime et en Vendée a été confirmé par l'Afssa.


Arnaud Gossement, porte-parole de FNE a déclaré :
"C'est une très, très grosse déception, d'autant que "de renouvellement d'un an renouvellement d'un an, cela devient une autorisation permanente qui ne dit pas son nom. "
"C'est totalement contraire au principe de précaution, ça sert à quoi d'inscrire le principe de précaution dans la constitution si c'est pour en arriver là".

De son côté, le président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf), Henri Clément, a qualifié de "pitoyable" cette décision :
"On continue à autoriser des produits qui sont toxiques pour les abeilles et les pollinisateurs sauvages et pour l'environnement".
Le cruiser "n'est pas ré-autorisé en Allemagne, il est interdit en Italie. Je ne comprends pas la politique menée en France."

La Confédération paysanne a vivement critiqué cette décision, estimant que l'AFSSA a "fait une présentation partielle des études disponibles". Dénonçant les "multiples dangers" présentés par ces insecticides pour les abeilles et l'environnement, elle juge dans un communiqué qu'ils "constituent un non-sens agronomique", observant que "la rotation longue reste la meilleure alliée des producteurs de maïs".

Mon avis

D'année en année, l'Etat cède au lobby des pesticides et reconduit l'autorisation du Cruiser.
Et ce sont les abeilles qui trinquent !
2010 : encore une mauvaise année !
Quant aux recommandations de l'Afssa, qui s'assurera qu'elles sont respectées ? Personne. Respectées ? Elle ne le seront pas !
On ne me fera pas croire que les agriculteurs semant des graines traitées veilleront aux distances d'éloignement de 3 km minimum entre les ruches et les parcelles semées.