Conflit routier : l'état propose de réduire leur taxe carbone !
Par Gilles Héluin le jeudi 10 décembre 2009, 19:43 - Evènements - Lien permanent
Dominique Bussereau a annoncé hier soir qu’il souhaitait accorder aux transporteurs routiers une nouvelle dérogation à la Contribution Climat Energie de 75% - soit un montant d’environ 100 millions d’euros. Alors que se tient depuis à peine trois jours le Sommet de Copenhague, le Gouvernement français donne un signal de repli inquiétant.
L’esprit de Copenhague : plus qu’un Sommet international
!
La contribution climat est une mesure qui a pour principal objectif de permettre aux consommateurs de distinguer les produits en fonction de leur intensité CO2. Le secteur routier représente à l’heure actuelle près de 90% de part de marché des transports de marchandises. Il est donc celui qui contribue le plus aux émissions de CO2 du secteur des transports.
Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « Il est regrettable que des mesures aussi emblématiques que la contribution climat soient le bouc émissaire d’une crise grave socioéconomique qui touche l’ensemble des secteurs. Cette contribution climat est une véritable chance pour une économie de demain, pour une économie plus sobre en énergie et en carbone. La lutte contre les changements climatiques n’attend pas. Alors que le monde à les yeux rivés sur Copenhague, il est difficile de comprendre la logique d’une telle mesure ».
Contribution climat : le faux débat !
Les routiers n’ont pas vocation à supporter directement la contribution climat. FNE a d’ailleurs toujours soutenu le mécanisme de report de cette contribution sur le chargeur, grâce à un mécanisme de paiement en pied de facture.
Michel Dubromel, Responsable Transports de FNE rajoute : « Cette annonce de nouvelle ristourne pour le secteur routier est consternant. En jouant sur les inquiétudes légitimes de la profession, certaines fédérations patronales en arrivent à contourner entièrement les vrais questions. Car le problème n’est pas de savoir si le secteur routier va payer plus ou moins de contribution climat que les autres. Le problème est de savoir comment on arrive à faire entrer la profession dans l’économie de demain. On roule à l’envers ! »
Alors que la France souhaite porter un message fort sur la scène internationale en matière de lutte contre les changements climatiques, que le secteur des transports est celui sur lequel les attentions se portent, France Nature Environnement s’inquiète de voir une mesure aussi emblématique que la Contribution Climat Energie prise en otage du conflit entre syndicats et fédérations patronales de la profession routière.
Mon avis
Inacceptable !
Les transports routiers polluent, qu'ils contribuent comme tout le monde
!
Ou alors personne ne doit payer la contribution carbone !
Mon avis, déjà plusieurs fois exprimé ici sur ce dispositif injuste, n'en est
que conforté.
Et malheureusement une fois encore, ceci illustre le décalage entre les
discours et les actes.
Reste que cela n'est pas décidé encore, attendons, observons et
jugeons...



Commentaires
Hier matin, France Nature Environnement a lancé une alerte suite à l’annonce de Dominique Bussereau d’une ristourne de 100 millions d’euros sur la taxe carbone pour les transports routiers. Les récentes négociations indiquent qu’une réduction de 100 millions d’euros sera prévue pour baisser les charges sociales, notamment sur les heures supplémentaires.
Une décision qui va dans le bon sens !
France Nature Environnement salue ce revirement de situation. Le projet de Loi de Finances pour 2010 instaure une exonération de 36% de la taxe carbone pour le secteur routier. Le Gouvernement s’est par ailleurs engagé durant les débats à ce que cette dérogation disparaisse progressivement dans les 4 ans.
Arnaud Gossement, porte-parole de FNE commente cette décision : « Nous nous félicitons de voir la taxe carbone pour les routiers épargnée. Une nouvelle ristourne pour le secteur routier, principal contributeur des émissions de CO2, était incompréhensible. En plein Sommet de Copenhague, quel message la France envoyait-elle ? La lutte contre les changements climatiques nécessite de la vigilance à tous les niveaux ! Nous serons donc aussi vigileant à ce que d’ici 4 ans la taxe carbone soit de droit commun pour la route.»
Attention à ne pas prendre en otage la taxe carbone !
FNE souhaite cependant que la taxe carbone ne serve pas de prétexte aux difficultés socioéconomiques que rencontrent tous les secteurs professionnels. La baisse des charges sociales ne saurait en rien servir de compensation à la mise en place de la taxe carbone.
Michel Dubromel, Responsable Transports explique la situation: « Le prix du transport routier comprend les salaires autant que le coût du carburant et également les nouvelles contributions telles que la taxe kilométrique poids lourds. L’objectif n’est donc pas tant de faire sans cesse pression à la baisse sur le prix de la route. Mais bien de faire accepter aux chargeurs que le transport a un coût réel. La course à la compétitivité – prix est contre-productive en matière sociale autant qu’environnementale ».
France Nature Environnement se félicite donc de l’absence de nouvel allègement de taxe carbone pour les transports routiers et espère qu’à l’avenir cette mesure ne soit à nouveau l’otage d’une crise socioéconomique qui touche tous les secteur.