Telles les oies du capitole, un cortège d'espèces d'oiseaux nous alerte sur le péril climatique
Par Gilles Héluin le dimanche 6 décembre 2009, 08:35 - Climat - Lien permanent
Les oiseaux sont des témoins privilégiés des changements climatiques et constituent à ce titre de bons indicateurs.
La LPO, à la demande du ministère de l'écologie, analyse chaque année le
comportement d'espèces indicatrices, qui sont susceptibles de réagir au
réchauffement climatique en cours..
Parmi les résultats actuels, on constate que l'oie cendrée, qui hivernait
principalement en Espagne, passe désormais l'hiver en France en grand nombre,
ne traversant plus les Pyrénées..
Plus d'un millier de cigognes blanches hivernent actuellement dans le sud et
l'ouest de la France, plutôt que de le faire en Afrique tropicale. Des
hirondelles essaient, ici et là, de résister aux rigueurs du froid en hivernant
dans des zones particulièrement douces, et notamment en Bretagne..

Certains rapaces migrateurs comme la bondrée apivore ou le busard des
roseaux montrent une certaine tendance à partir plus tôt d'Europe que par le
passé. D'une part parce que ils ont fini plus tôt leur reproduction, mais aussi
et sans doute, pour anticiper des périodes de sécheresse plus précoces au sud
du Sahara..
En revanche, des oiseaux qui avaient l'habitude de passer la mauvaise saison
sous nos latitudes ont aujourd'hui tendance à rester plus au nord, autour des
mer Baltique et du nord. C'est le cas de la macreuse noire - un canard marin
nichant dans la toundra. Mais aussi de petits passereaux comme l'alouette
haussecol, la linotte à bec jaune ou le bruant lapon..

Linotte à bec jaune
Lundi prochain s'ouvre à Copenhague le sommet de l'ONU sur le climat. La LPO
y sera représentée par les experts de Birdlife International, de France Nature
Environnement et du Réseau Action Climat : trois regroupements d'ONG dont
elle est membre active..
Avec ses partenaire, la LPO défend notamment l'impérative nécessité de
protéger la biodiversité et les écosystèmes tant leur rôle est crucial dans la
régulation du climat. L'arrêt complet de la déforestation et de l'assèchement
des zones humides dès 2020 est par conséquent prioritaire..
Or, à la lumière d'études récentes, le réchauffement climatique est montré
du doigt dans la disparition d'espèces, notamment les plus spécialisées ;
celles qui ont le plus de difficulté à s'adapter à cette hausse rapide de la
température. En Europe, des oiseaux comme le pouillot siffleur, le gobemouche
noir ou encore les mésanges nonnette et boréale souffrent visiblement de ces
changements..

Mésange nonnette
En effet, plus la diversité spécifique d'un milieu s'amenuise plus
l'ensemble de la biodiversité est fragilisée face aux bouleversements
climatiques. Sa résilience à l'égard de ces agressions est fortement
compromise, pouvant conduire, à terme à un véritable collapsus et à des
extinctions massives..
La LPO ne peut assister à ce phénomène sans réagir.
Elle appelle les dirigeants du monde entier à prendre, enfin, des mesures
d'urgence pour enrayer ce qui serait une catastrophe écologique de premier
plan, touchant non seulement les oiseaux, mais tout le Vivant.
L'Homme compris..
Pour plus d’information
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