Défi climatique : gare à une politique hors sol !
Par Gilles Héluin le mardi 17 novembre 2009, 21:54 - Climat - Lien permanent
Principal réservoir de carbone et ressource indispensable à la vie
terrestre, les sols sont les grands absents des politiques environnementales
française et européenne.

Le 21 octobre dernier, Chantal Jouanno a annoncé que la France ne
s’opposerait plus à l’adoption de la directive-cadre sur les sols. FNE et le
BEE veulent relancer les débats dès maintenant.
Dès 2006, une communication de la Commission européenne avait alerté sur la
dégradation de la moitié des sols couvrant la surface de l’Europe. Presque 50 %
des sols sont gravement touchés par la contamination, l’érosion, le tassement,
l’urbanisation massive ou encore la désertification. Cette crise n’épargne pas
la France : 4 millions d’hectares (sur 56 millions) sont aujourd’hui
érodés et 60 000 hectares sont urbanisés chaque année, soit un département tous
les 10 ans.
Ce triste constat a donné lieu à un projet de directive-cadre sur la
protection des sols. Voté par le Parlement européen en novembre 2007, son
adoption a cependant échoué en Conseil des Ministres : le projet de
directive-cadre a été bloqué par 5 Etats dont la France. Il a ainsi enterré
jusqu’à la récente déclaration de la France. « 2010 a été faite Année de
la biodiversité par les Nations Unies : c’est à l’Europe de ne pas rater
le coche ! » explique Arnaud Gossement, porte-parole : « Les
bonnes résolutions françaises ne suffisent pas. On attend le passage à l’acte,
à l’acte juridique ! ».
C’est pourquoi ce lundi 16 novembre, le Bureau Européen de l’Environnement
organise à Bruxelles un séminaire visant à relancer les échanges entre membres
du Parlement et de la Commission et représentants de la France, du Royaume Uni
et de l’Espagne. Gaëlle Cognet, Chargée de mission Climat à l’International, en
explique les enjeux pour la France : « Sur les sols, l’Europe est
divisée en deux camps. Si le Royaume-Uni incarne les opposants à la directive
de 2007, l’Espagne constitue un de ses plus ardents défenseurs. Entre eux, la
France. Elle avait finalement rejoint le premier camp en 2007 : la
déclaration de Chantal Jouanno constitue t-elle un véritable revirement ?
Elle a fait naître un espoir, de l’Italie au Danemark, elle doit maintenant
faire naître un nouveau droit ».
Et pour montrer la voie, il serait grand temps que la France adopte, à
l’occasion du projet de Loi Grenelle 2, un amendement déjà proposé par
FNE : il s’agit de reconnaître enfin que le sol, grand oublié du code de
l’environnement, est un milieu naturel qui mérite, comme l’eau et l’air, des
mesures de préservation et de protection de sa qualité.
Pour découvrir le dossier de presse FNE sur les sols


